Editoriaux - Environnement - Politique - 6 octobre 2019

Convention citoyenne sur le climat : c’est parti !

Dans un silence médiatique assez soutenu, les 150 citoyens, enfin tirés au sort, ont tenu leur première session, vendredi 4 octobre, au palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE), leur hôte.

Je rappelle les péripéties et conditions de la désignation de ces participants que j’évoquais ici avec grande interrogation, en avril dernier, lors du lancement de cette opération macronienne innovante.

C’est donc l’institut Harris Interactive qui a été chargé de prospecter dans la mine citoyenne pour dégoter le précieux et utile contingent représentatif de l’opinion française sur le climat et les propositions utiles pour le préserver.

250.000 coups de téléphone auraient été passés pour compléter l’échantillon des 150 individus nécessaires et indispensables. C’est à la fois beaucoup d’allô et peu si on le compare aux 47 millions d’électeurs français ou encore aux 4,7 millions de signatures nécessaires pour lancer un RIP – référendum d’initiative partagée -, tel celui concernant l’avenir d’Aéroports de Paris, d’ailleurs en forte souffrance anémique à ce jour…

Des jeunes à partir de 16 ans ont été contactés et certains retenus. Je me pose la question du répertoire téléphonique qui a été utilisé, quand on sait que le téléphone portable est leur seul instrument de communication. Remarque valable pour nombre d’adultes qui utilisent un téléphone Internet et non plus une ligne fixe. Pages blanches, pages vertes, pages roses ?

Selon les informations disponibles, 30 % des contactés auraient refusé la proposition. Question essentielle, comment, par qui et sur quels critères ont été sélectionnés les 150 heureux élus parmi les 175.000 volontaires restants ?

Car le beau et très divers « panel » issu de ce tirage au sort apparaît tout sauf hasardeux ! Je cite une source – bien informée ? – de la presse écrite (Sud-Ouest) : « 51 % de femmes et 49 % d’hommes composent cette convention et sont répartis en six catégories d’âge. Tous les niveaux de diplômes sont également représentés, tout comme les catégories socio-professionnelles : on compte en effet 10 % d’ouvriers, 16 % d’employés, 16 % de professions intermédiaires, 9 % de cadres supérieurs et professions libérales, 4 % d’artisans, commerçants et chefs d’entreprises et seulement 1 % d’agriculteurs. Les inactifs (18 %) et les retraités (27 %) prendront également part aux discussions. »

Cette révolutionnaire forme de micro-démocratie qui doit rendre ses propositions fin janvier 2020 après seulement six week-ends de travail aura créé un précédent qui risque de bouleverser désormais les us et démarches parlementaires et confondre les règles constitutionnelles de notre Ve République…

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