Contre l’anniversaire de Trump, la sauterie mondaine de Jane Fonda

Ted Eytan, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons
Ted Eytan, CC BY-SA 2.0 , via Wikimedia Commons

Le 14 juin dernier, Donald Trump a privatisé la Maison-Blanche pour y souffler ses quatre-vingts bougies. Le tout agrémenté d’un spectacle de MMA, sorte de bagarre de rue où tous les coups sont permis ; ce qui est, sans surprise, le sport favori de l’ancien magnat de l’immobilier. C’est d’un goût exquis. Mais en face, la sauterie mondaine organisée par l’actrice Jane Fonda n’est guère plus élégante, y ayant rameuté ses amis millionnaires hollywoodiens. Au rang de ces derniers, l’acteur Robert De Niro qui, à l’occasion de sa harangue destinée au président, lui lance à plusieurs reprises de tonitruants « Ferme-la, putain ! » Et gracieux, avec ça. Donald Trump n’aurait pas mieux dit.

Jane et Henry

Quant à Jane Fonda, qui porte beau ses quatre-vingt-huit ans, elle arbore un tee-shirt floqué de ce slogan : « Resist ». Et d’en appeler à son père, Henry Fonda, démocrate convaincu et l’un des fondateurs du Committee for the First Amendment. Il s’agissait alors de défendre ses confrères persécutés par le sénateur Joseph McCarthy. À l’époque, voilà qui avait du sens. Mais aujourd’hui ? À de rares exceptions républicaines près, Hollywood est démocrate. Comme toujours, quand survient une tragédie – le maccarthysme, indéniablement, en fut une –, sa réplique n’est que comédie. D’ailleurs, n’est-il pas risqué, pour Jane Fonda, d’évoquer la mémoire de son père ? Oui, à relire le monumental ouvrage du journaliste américain Peter Collier, sobrement intitulé Les Fonda (JCLattès).

Ainsi, à propos de l’engagement de sa fille Jane, lors de la guerre du Vietnam, dans les années 70, on lit ceci : « Si Henry Fonda partage son opposition à la guerre, il est préoccupé par son mépris à l’égard du patriotisme des combattants, surtout parce que son vieil ami, James Stewart [républicain pur et dur, NDLR] a perdu un fils au Vietnam. […] Un jour, il est en train de parler à un reporter du New York Times quand Jane l’interrompt en l’appelant au téléphone. Il s’absente quelques minutes et revenant, l’air sombre, il dit au journaliste : "Pardonnez-moi, c’était Washington, je parlais avec, comment dire cela ? – mon ex-fille, ma soi-disant fille". »

Pire encore, il y a cette menace à peine voilée : « Jane, si jamais j’apprends que tu es communiste ou que tu es une vraie sympathisante, je serai, moi ton père, le premier à te dénoncer. Je me suis battu pour mon pays et je l’aime. »

Jane à Cuba…

Pourtant, le grand acteur ne semble jamais avoir pris trop au sérieux les engagements politiques de son enfant terrible. Pour lui, il s’agit surtout d’imiter Peter Fonda, son petit frère, devenu symbole de la culture hippie, depuis Easy Rider (1969), film dans lequel il partage la vedette avec Denis Hopper, son réalisateur et autre figure de la contre-culture, même si devenu républicain acharné sur la fin de sa vie. Mais les engagements de Peter Fonda sont avant tout d’ordre hédoniste. Il veut de la drogue et du sexe. Entend vivre libre sur sa Harley-Davidson, cheveux au vent et écoutant du bon vieux rock qui tache. Alors que Jane Fonda, elle, se prend au sérieux. Et c’est souvent là que le temps se couvre. Quand son frère Peter lui propose d’aller passer quelques jours à Cuba, aussitôt, elle s’inquiète qu’on puisse ensuite lui retirer son passeport. « Ça ferait du tort à ma carrière, surtout que j’ai un film à tourner dans quelques semaines », ajoute-t-elle. Peter Fonda nous a quittés en 2019, mais de là-haut, il doit encore s’en taper les cuisses de rire.

Jane aurait mieux fait de retourner à l’école…

Dans le même registre, et toujours à propos du conflit vietnamien, elle affirme, invitée par Dick Cavett (sorte de PPDA de l’époque), que cette guerre ne peut être résolue que par les deux parties en présence, Vietnam du Nord et Vietnam du Sud, et que les « interventions extérieures n’ont jamais servi à rien ». Peter Collier narre la suite, d’une plume taquine : « Dick Cavett lui demande si les colons américains n’ont pas été assistés dans leur lutte. Réponse cassante : "Pas que je sache". Sur quoi, Cavett : "Et La Fayette ?" Devant son air décontenancé, l’assistance conspue Jane. Comme l’observe son agent de presse, Steve Jaffe : "Beaucoup étaient ravis de la voir commettre une bévue du niveau du certificat d’études. Il a fallu du temps pour retourner la situation. Pendant des semaines, les gens s’approchaient d’elle avec un sourire narquois pour lui dire : "Et La Fayette ?" » Pas facile de jouer aux révolutionnaires, quand on est une pauvre petite fille de riches.

Jane donne dans le social…

Décidément malicieux, Peter Collier remet une thune dans le juke-box en évoquant le tournage du film Steelyard Blues (1973), d’Alan Myerson : « Le climat sur le plateau devient sinistre. Alan Myerson, le metteur en scène, est frappé par la naïveté de Jane Fonda. "Elle donnait à fond dans le féminisme et l’anti-élitisme, mais ne se rendait absolument pas compte des contradictions de son comportement. La plus parfaite illustration de cela, la voici : un matin, elle arrive sur le plateau, un employé quelconque s’approche d’elle et lui dit : "Bonjour, miss Fonda". Jane le regarde et répond : "S’il vous plaît, appelez-moi Jane. Il n’y a plus de stars et nous sommes tous égaux". Puis, enchaînant presque immédiatement, elle se retourne et hurle littéralement : "Où est mon habilleuse ?" » Vive la sociale !

Voilà qui relativise la portée de son actuel discours politique. Surtout quand, de 1991 à 2001, elle a été l’épouse de Ted Turner, fondateur de CNN, chaîne d’informations en continu ayant fait sa renommée en couvrant la première guerre du Golfe, en 1990.

Mais Jane Fonda n’en est plus à une contradiction près. Pas à un discours lunaire près non plus : « Moi, je suis pleine d’espoir. L’espoir est un muscle. Je travaille pour le faire exister. »

Logique, finalement, pour une femme ayant fait fortune avec ses cassettes vidéo d’aérobic.

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Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

88 commentaires

  1. Plus ça va, plus que m’aperçois de ce qu’on a perdu ( la France et les Français ). Comme on ne sait pas trop ce qu’on a perdu, on pense que l’on gagne, mais c’est faux ! Ce monde d’influenceurs, de technologies ( utiles souvent si elles ne nous aliènent pas ) , ces divertissements, teufs, business etc etc Quelques réminiscences avec le Puy du Fou, le Canon, spectacles etc

  2. Les combats de MMA sont régit par un règlement précis où sont prescrits actes et coups interdits. Il est vrai que ces combats » extrêmes » peuvent heurter par leurs violences. L’UFC ( Ultimate Figting Championship ) organise ce format de tournoi avec des combattants de différentes disciplines de combats… Boxe Anglaise, Karaté, jiu-jitsu, boxe Thaï, etc… MMA, organisation fondée aux USA, en 1993;…D. Trump, passionné de ce sport, est ami avec Dana Frederick White, Président de l’UFC.

  3. Le temps d' »easy reader » avait sa raison d’être, il ouvrait la route à la liberté. Elle est devenue la prison des idéologues subvertis par l’aveuglement au carré. La vie est un cinéma où les acteurs tiennent un rôle dont le texte est d’eux, c’est dire qu’il peut être mauvais. Ne pas se faire prendre aux apparences. La vulgarité de Trump ne s’est jamais traduite par un « qu’ils viennent me chercher », par la « maboulerie » ou la dinguerie du pognon. Et ses joues, malgré son catch MMA, sont restées vierges de baffes. Nous sommes, ici tellement au-dessus du ruisseau qu’il faut pour nous voir descendre au caniveau, là où Jupiter siège en majesté.

  4. Jane Fonda, une gauchiste qui n’a pour elle que ses muscles … et pas de cerveau … une idiote qui se la joue …

  5. Les démocrates comme les socialo-gauchistes s’approprient de termes qui ne les caractérisent pas du tout! « Resist »? Résister à quoi s’ils sont pour une immigration massive, la décadence, l’explosion des valeurs, de la réalité? Ils résistent pour l’avènement du chaos total. Finalement tout ce qui est à gauche est fou et bizarrement depuis que le gauchisme existe sur notre planète tout se désagrège.

  6. Heureusement que les États-Unis ont des personnalités de talent comme Jane Fonda pour dénoncer l’inepte et totalement impopulaire Trump.
    Lors d’une des manches de la finale NBA opposant New-York à San Antonio, la présence du Président a été, comme d’habitude, totalement sifflée par le public présent dans la salle.
    Quelques minutes plus tard, on voyait Trump somnoler dans les tribunes.
    Ça en serait presque drôle si ce n’est qu’il s’agit du Président de la première puissance mondiale.
    Le populisme a trouvé ses limites.

    • Jane Fondue est allée à Hanoï en 1972 en pleine guerre du Vietnam soutenir les communistes !!!
      Si pour vous le populisme a trouvé ses limites, la démagogie gauchiste, elle, n’en a aucune !

      • Une militante Féministe et Pacifiste, ça vous dérange ?
        A l’heure où Trump s’est embourbé dans le conflit au Moyen-Orient, les États-Unis ont besoin de personnalités comme Jane Fonda pour dénoncer les mouvements complotistes.

      • Jane Fonda s’est contentée d’aller faire la belle au Vietnam.Nous,on on a eu Boudarel qui au temps de la guere d’Indochine,a combattu activement avec les Viets contre nos troupes.Il a par la suite été récompensé par une chaire universitaire.Ses petits amis cégétiste du PCF ,employés aux arsenaux sabottaient les armements destinés à nos armées,et les dockers cégétistes refusaient de procéder au débarquements des blessés français .La gauchiste Jane Fonda jouait petit bras,à côté ……

    • Hé oui, le président somnole; il a 80 ans, il rentre d’un G7, il dirige l’un des plus grand pays du monde, il a à sa botte quelques dirigeants, il est multimillionnaire, d’ailleurs, l’argent n’a plus beaucoup d’importance pour lui, sifflé ? Oui, peut être mais tout les présidents le sont, un jour ou l’autre, même votre ami Biden l’a été, et plusieurs fois….C’est votre jalousie que je trouve jouissive …Hé oui, n’est pas Mr Trump qui veut, n’est ce pas ? , et nous sommes nombreux à en vouloir un président comme celui ci, pas vous ?

      • Un complotiste populiste et démagogue d’extrême droite ?
        Non merci.
        Trump est aujourd’hui détesté dans son Pays et dans le monde entier.
        Il est l’incarnation de la négation de la justice, la négation de l’Etat de droit et la négation du droit international.
        Coupable de 42 chefs d’accusation, il devrait moisir en prison depuis longtemps.
        Oui, il est riche, mais c’est bien sa seule « qualité ».

      • k1974 pense sans doute qu Obama était un homme de paix. Je ne parle pas de Biden. On a vu de suite qu il avait une forme de sénilité.

    • On peut détester Donald Trump et apprécier la très francophone Jane Fonda, sans pour autant oublier qu’elle n’a pas bougé quand les staliniens vietnamiens, qu’elle a défendu en Occident, ont réduit le Vietnam (en l’espace de 3 ans) en pays le plus pauvre du monde (classement ONU de 1978) et en véritable Goulag (constat, d’ailleurs, que font les actuels « communistes » vietnamiens…). S’est-elle demandé une seconde si la tragédie des Boat People avaient un lien avec les fanatiques qu’elle soutenait ? Et ne parlons pas des Khmers Rouges….Des talents comme ça, on en n’a pas vraiment besoin (même si l’actrice est respectable)

      • Les Vietnamiens, staliniens ou pas, ont essayé de défendre leur pays d’abord contre
        les colonisateurs (années 50), puis contre les envahiseurs Yankies ( après 56 ) lesquels
        ont massacré ce pays et fait des millions de morts, sans parler de la destruction des
        cultures par le poison (agent orange). De grands criminels
        Voilà ce qui a rendu ce pays le plus pauvre du monde ! Et non les « staliniens » !

    • Il est vrai que chez nous, nous n avons pas beaucoup de talents. Il sont plus des militants que des artistes. De plus, ils arrivent même à ridiculiser certains métiers comme gendarme. Nous avons un bel exemple avec C Masierau. J ai connu une époque où la Patrouille de France avait été mise en valeur par un certain Christian Marin. Elle lui a même rendu honneurs à ses obsèques. Je ne pense pas que « la Corinne » avec toute sa vulgarité aura les honneurs de la part de nos gendarmes que je respecte infiniment. Oui alors, vous faites bien de parler des artistes américains que vous connaissez bien apparemment

    • « a été » un très grand acteur….Il cabotine, maintenant; il est au bout du rouleau. Et en regard de nos « acteurs », il est immanquablement de « gauche », tellement facile…

      • Au bout du rouleau De Niro ?
        Vous ne devez pas aller souvent au cinéma.
        Dans l’excellent film de Martin Scorsese « Killers of the flower moon » (2023), il est magistral.
        J’aimerais bien être au bout du rouleau comme lui !

      • Je ne vais pas au cinéma pour voir des badernes gauchistes, qui donne des leçons…Pour finir, non, ce n’est pas un bon film, un cabotinage; un de plus, mais on ne crache pas sur un paquet de dollars, n’est ce pas ? N’est pas Ventura, Gabin qui veut…

      • Vous avez raison ! le mieux, c’est de mettre des oeillères pour se protéger
        des images impures …

  7. Il restera d’elle la photo où, en pleine guerre du Vietnam, elle pose complaisamment à Hanoï, au poste de tireur d’un canon anti-aérien qui a peut-être bien abattu des pilotes de son propre pays. Cela me rappelle l’attitude de nombreux artistes français pendant les combats contre le FLN en Algérie… Le pire, c’est qu’ils en tirent encore gloriole aujourd’hui, en dépit des échecs des dictatures vietnamienne et algérienne!

    • Je suis assez âgé pour me souvenir des boat-people et du « kampuchea Démocratique » c’est à dire du régime maoïste de Pol Pot. Mais ça Madame Sans Jane Fondue n’en a cure !

      • Là vous parlez d’un épisode tragique du Cambodge avec le criminel Pol Pot…
        Je ne pense pas que Jane Fonda l’aurait approuvé !

    • La gauche est une mystification absolue, car c’est l’opposition contrôlée au capital….Voilà pourquoi elle a tous les droits et que nombre de professions utiles mais pas vitales (comme acteur de cinéma) , sont contrôlées par le pouvoir de l’argent et que les meilleurs « emplois » sont donnés à des gens qui usent de leur notoriété pour influencer les gogos vers la gauche….Elle en est l’incarnation

    • « Echec des dictatures vetnamienne… » ??? Allez vous promener au Vietnam aujourd’hui, et vous
      trouverez un pays en pleine croissance, accueillant, envahi par de plus en plus de touristes …
      Et vive les pacifistes comme Jane Fonda ! Il n’y en aura jamais assez !

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