Editoriaux - Médias - Société - Télévision - 21 septembre 2019

Connaissez-vous l’article 7 ?

Cacophonie, il y a quelques jours, sur le plateau de CNews. Le sujet : « L’Église doit-elle se mêler de la PMA ? »

Vox populi, vox dei. Les sondages tombent : c’est non. Mme de La Rochère aurait dû être exfiltrée du plateau mais elle n’est ni l’Église ni une Éminence. On sent que Mme Saillet n’est pas contente de sa présence. Mme Mecary, expéditive, renvoie l’Église à ses moutons noirs et au mariage des prêtres. Un intervenant, Olivier Devennes, auteur d’un livre sur « le délicieux malheur français », prône un climat apaisé (il est servi) dans une société en mouvement qui a changé en tout et pour tout. Il a présenté son livre, c’est chose faite. On souhaite bon vent à son livre qui reflète l’air du temps.

Mme Saillet, opposée à la PMA, dit sa désapprobation de la manif du 6 octobre qui « en rajoute une couche ». Et cela, « par respect pour l’enfant ». Mme de La Rochère a du mal à faire entendre la vérité : c’est la surdité du gouvernement qui pousse à faire cette manifestation dans la rue. Le propos de Mme Mecary, toujours charismatique, est, comme à l’habitude, clair et net. Sauf qu’à la longue, nier qu’un donneur soit un père, que ça ne pose aucun problème et que l’histoire du droit, de l’homme, de la filiation commence en 2019 relève d’une idéologie qui fait long feu. À part ça, et si ce n’était si grave, on l’écouterait avec plaisir car elle s’exprime bien.

M. Ferjoux, en revanche, put s’exprimer dans le calme : son propos était de bon sens. Mais comme c’était la cacophonie et que Mme Ferrari n’arrivait pas, de ses mains étendues, à apaiser les flots, on convoqua le témoignage de Boris Cyrulnik : une vraie perle. Pour enrichir « le champ sensoriel » de l’enfant, dit-il, ce qui est nécessaire, avant tout, c’est d’être deux et même plus que deux. Ainsi une grand-mère peut-elle tenir le rôle de père. On n’avait pas fait le coup du père qui est une grand-mère : c’est chose faite. Notre champ intellectuel a été enrichi.

On tourne en rond. Il ne s’agit pas de s’interroger sur « la figure » du père ni de son rôle qui peut être tenu par la grand-mère, mais de savoir ce qu’est un être humain, si on a le droit de priver un enfant de père pendant 18 ans. Non pas de considérer que deux mères font une mère, que le donneur n’est pas le père et que le Code civil est une chimère comme une autre. Mais de dire si on fabrique un être humain avec des idées et si un être humain s’achète. Si avoir un enfant par tous les moyens est un droit comme un autre.

Ces débats deviennent, par la force des choses, indécents. Alors, rappelons l’article 7 de la Convention internationale des droits de l’enfant, signée par la France en 1990, auquel la France risquerait de contrevenir : « Un enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. »

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