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Editoriaux - Politique - Société - 17 mars 2020

Confinement : SDF et immigrés oubliés ?

Les mesures annoncées, lundi, par le président de la République ont été mises en œuvre à partir de mardi midi. Parallèlement aux médias traditionnels, le gouvernement informe les Français par l’envoi massif de SMS. Mais on a peu parlé, jusqu’à présent, d’une catégorie de la population tout aussi concernée par le risque d’être touchée par le coronavirus ou de le propager : les SDF et, notamment, des immigrés. Quel que soit le jugement qu’on porte sur la politique migratoire de nos dirigeants, c’est un problème qui doit être pris en considération.

On commence, cependant, à l’évoquer un peu, notamment dans la région Hauts-de-France. Ainsi, ce matin, France Bleu Nord a diffusé le témoignage d’un auditeur de Valenciennes qui a exprimé sa surprise : « Personne n’en parle, ni les radios, ni les médias, ni BFM […]. Jamais on n’a parlé des oubliés, des SDF », s’est-il étonné. Il présente ce témoignage : « Un SDF que je connais m’a appelé. Il m’a dit que, demain, l’une des structures où il va comptait faire la distribution de sandwichs à travers une grille. On ne donne pas à manger à des animaux ! Ce n’est pas un zoo. » Difficile de savoir si son témoignage est authentique ni quelles sont ses véritables intentions.

En revanche, il n’y a guère d’ambiguïté sur les intentions des 24 associations qui ont adressé un courrier aux préfectures et aux mairies de Calais et de Grande-Synthe, réclamant aux autorités des « mesures urgentes » pour « protéger » les migrants vivant dans le nord de la France afin de répondre à la crise sanitaire liée au coronavirus. Elles demandent notamment « que le droit à l’hébergement et au logement ainsi que le droit à des conditions matérielles de vie décentes respectant le principe de dignité de tous et toutes soit appliqué de toute urgence ». Elles détaillent une liste de mesures, comme « l’ouverture de plusieurs lieux d’hébergement inconditionnels » ou « la mise en place de sites de distribution alimentaire en nombre suffisant ».

Force est de constater que ces associations qui aident les migrants, même si elles profitent de l’actualité pour se faire de la publicité, ont raison de signaler que cette catégorie de la population semble avoir été oubliée dans les mesures gouvernementales. Elles jouent sur du velours quand elles demandent « comment se laver les mains régulièrement quand le point d’eau le plus proche est à plusieurs centaines de mètres, parfois à des kilomètres, de son lieu de vie »,« comment détecter les symptômes du Covid-19 alors que, survivant à la rue depuis plusieurs semaines, la santé de ces personnes est déjà extrêmement fragilisée », « comment appeler le 15 sans accès à un téléphone, ou à une prise pour le recharger ».

Faut-il s’étonner que notre Président n’ait pas inclus, dans son discours, le sort de ces migrants clandestins et pratiquement incontrôlés que les habitants de Calais et de Grande-Synthe côtoient ? Il est peu probable qu’il les ait oubliés, mais il ne voulait pas mettre l’accent sur une situation qu’il n’a su ni voulu empêcher. Lundi soir, il a annoncé que l’Union européenne fermait les frontières de l’espace Schengen à toute entrée pour une période de trente jours, mais il est toujours hostile à la fermeture des frontières nationales et se moque de ceux qui font cette proposition.

Souhaitons que cette posture idéologique ne facilite pas l’entrée, sur notre territoire, d’autres immigrés déjà parvenus en Europe. Les préfets de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de l’Essonne et des Alpes-Maritimes ont pris les devants : services administratifs fermés pour tous sauf pour les seuls demandeurs d’asile. Dans le Vaucluse, la validité des titres de séjour et autorisations des ressortissants étrangers est prolongée de trois mois. Nous voilà prévenus !

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