On va finir l’année 2020 comme on l’a commencée. Par un , allégé car on sera autorisé à aller à l’école et à travailler ; enfin, pour ceux qui pourront.

L’objectif est d’éviter l’engorgement des services hospitaliers de réanimation. On peut le comprendre. On peut aussi, provisoirement, arrêter de se demander comment il se fait que nous ne paraissions pas mieux armés maintenant qu’il y a six mois. Mais regardons devant. Pas de traitement ni de vaccin en vue avant… on ne sait quand. Et si on n’en trouvait pas ? Donc, il faut vivre avec le virus. Il faut se protéger, mais toute protection sera imparfaite.

Il y avait deux solutions : soit la nation continue à vivre, en se protégeant du mieux qu’elle peut, soit elle se protège encore mieux qu’elle peut en essayant de survivre.

Le gouvernement a choisi la deuxième solution, la plus « administrativement » française, bien compliquée, donc : on reconfine, sans reconfiner vraiment, tout en reconfinant. On porte le (c’est bien) et on teste ; mais seuls les « positifs » de bonne volonté s’isolent. Les grands perdants sont, une fois de plus, tous ceux qui ont des activités décrétées non indispensables, qui sont nombreux, objets d’une liste à la Prévert ; et qu’on envoie à la mort économique malgré les aides étatiques, partielles, qui auront une fin, et dont j’ai de la peine à imaginer que la manne miraculeuse n’aura pas un jour une contrepartie catastrophique. Après nous avoir bassinés avec le décompte des grands foyers d’épidémie, on ferme les petits commerces, qui tous, pourtant, comme les grands, appliquent scrupuleusement depuis le début toutes les consignes sanitaires et n’ont jamais des foules dans leurs espaces. Mon coiffeur, qui ne prend les clients que sur rendez-vous, n’a jamais plus de deux ou trois personnes dans son salon. En quoi est-il dangereux ?

Avec cette décision, on a fait le choix de la complication, de l’injustice, des discutailleries et des atermoiements gouvernementaux sans fin. Et, in fine, quel que soit le bilan sanitaire de la manœuvre, on a la quasi-certitude d’aller ainsi de confinement en confinement jusqu’à la disposition hypothétique massive d’un traitement. Que de dégâts en attendant ce jour béni ! Dans ce domaine comme dans d’autres, nos dirigeants sont incapables de prendre des décisions fermes, s’attachant à l’essentiel, et de s’y tenir.

Il y avait l’autre solution, évidemment moins charitable apparemment dans l’immédiat. La maladie touche gravement principalement les personnes âgées et fragiles. Ce sont elles qu’il faut confiner. Il est impossible de les contrôler, bien sûr, mais ce ne serait pas nécessaire. Elles sont conscientes de leur vulnérabilité, on la leur rappelle assez. Elles évitent spontanément, depuis des mois maintenant, tous les lieux à risque et savent qu’en cas d’engorgement des hôpitaux, elles ne seraient pas prioritaires pour des soins. Quelle meilleure incitation à manifester une prudence sourcilleuse ? Plus d’autorisation dérogatoire de déplacement dont le contrôle mobilise des forces de qui seraient bien utiles ailleurs par les temps qui courent.

Il resterait, c’est vrai, le cas de tous les événements impliquant des rassemblements humains importants, qui peuvent justifier des mesures contraignantes. Mais il n’y aurait plus que ça à gérer.

Ou on choisit l’extinction à petit feu, ou on va de l’avant malgré les risques.

Je fais partie des personnes à risque. C’est gentil de penser à nous. Mais nous ne voulons pas, nous ne devons pas être un frein insupportable à la vie de la nation.

1 novembre 2020

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