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Coronavirus - Editoriaux - Politique - 19 avril 2020

Conférence de presse d’Édouard Philippe : le summum de l’incohérence…

Au début, c’est un vrai bain de jouvence que je prenais cet après-midi, en écoutant le show du Premier ministre et de ses experts. J’avais l’impression de me retrouver à l’une de ces conférences très solennelles quand j’étais étudiant en école de commerce. Ces conférences où tel ou tel dirigeant de « grand groupe » assistés de quelques prestigieux collaborateurs venaient « vendre leur soupe » pour nous démontrer qu’ils étaient les plus beaux, les plus compétents, les plus efficaces.

Et de nous débiter force chiffres, statistiques et graphiques, le tout habilement pigmenté de quelques anecdotes. On appelle ça des road shows. Seulement, ce qui est concevable quand on vend de la lessive, de l’audit ou des hôtels l’est beaucoup moins quand on traite de l’humain et, il faut bien le dire, de la mort. Je lisais simultanément sur un réseau social les commentaires des internautes.

Deux commentaires m’ont particulièrement fait sourire : « C’est quelle version de ppt ? » (PowerPoint, NDLR) et « Recette du jour pour le confiné : Faites cuire un grand sachet de semoule, réservez. Dans le même temps, préparez un pédalier de bicyclette. Versez la semoule dans un grand récipient et installez-y le pédalier. Faites venir un 1er ministre et installez le à pédaler dans la semoule. Au bout d’une heure de pédalage quand le 1er ministre est bien cuit, retirez le du pédalier et dégustez. »

Vous, je ne sais pas, mais je trouve ce genre d’exercice d’autosatisfaction particulièrement odieux, avec ces tons larmoyants de croque-morts, ces paroles définitives d’experts secs, cette avalanche de chiffres et de pourcentages. Pas un mot « gentil », pas un mot « humain ». Et toujours cette incertitude anxiogène, cette infantilisation et cette incohérence…

Il commence par nous dire que tout a été mis en œuvre par le gouvernement et que tout est sous contrôle pour finir par déclarer que rien n’est réglé, rien n’est gagné, que le virus demeure inconnu, qu’aucun traitement n’est possible, qu’il n’est pas du tout sûr qu’un malade soit immunisé. Bref, retour à la case départ !

Et des consignes de plus en plus liberticides : celles et ceux, pour parler comme le grand chef, qui seront testés positifs seront impitoyablement mis à l’isolement. Au « goulag » ! Fort bien, mais pratiquement, on va faire comment ? Va-t-on pouvoir tester toute la population de France et d’outre-mer ? Et s’arrogera-t-on le droit de mettre à l’isolement tous les pestiférés ?

Moi, si j’étais Donald Trump, je ferais un pont d’or au professeur Raoult pour qu’il ne se décourage pas. Et j’invite à réfléchir sur cette phrase de Nietzsche : « La connaissance tue l’action, pour agir il faut que les yeux se voilent d’un bandeau d’illusions. »

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