Depuis le 14 septembre et jusqu’au 15 janvier prochain, le du Luxembourg, à Paris, propose une exposition intitulée « Miroir du monde » où l’on peut découvrir les « Chefs-d’œuvre du Cabinet d’art de Dresde ».

On y découvre une centaine d’objets exceptionnels et d’œuvres collectées par les princes électeurs de Saxe entre le XVe et le XVIIIe siècle. « Cette collection éclatante de richesse montre le pouvoir politique du prince électeur », nous dit-on. De fait, on n’y voit que des merveilles : « Composée d’objets d'art, d’instruments et de livres scientifiques, de matériaux naturels et d’objets ethnographiques, la Kunstkammer, ou "cabinet d’art", fut la première collection d’Europe à ouvrir ses portes au grand public qui la considérait comme un lieu de savoir et d’éducation. »

Tout cela est magnifique et l’on aimerait dire qu’on en a pour son argent – à 22,50 euros l’entrée, on peut être exigeant. Alors, bien sûr, quand on trouve à côté de chaque vitrine ou œuvre un baratin bien-pensant nous invitant à la sur l’horrible passé colonial de l’Europe assorti d’une leçon de morale sur notre présent honteux, la visite devient vite crispante…

Comme chantait Boris Vian, on n’est pas là pour se faire engueuler. Et pourtant… Chaque salle propose dans un cartouche « le point de vue des musées », façon de baliser le terrain.

Ça commence d’entrée par un avertissement : « Les musées s’interrogent sur les conditions géopolitiques et économiques qui ont permis la constitution de leurs collections et sur les objectifs politiques qu’elles ont servis. Les Staaliche Kunstsammlungen mènent cette réflexion activement. »

La salle suivante propose des objets en ivoire. C’est l’occasion d’une interrogation existentielle : peut-on encore présenter ces objets, car non seulement leur simple vue peut susciter le braconnage mais, dans l’Histoire, « le commerce mondial est étroitement lié au commerce des esclaves entretenu par les puissances coloniales européennes en Afrique de l’Ouest ». Par elles et rien que par elles, forcément. D’ailleurs, une œuvre contemporaine, en noir et blanc, vient étayer le propos. Signée Peggy Buth, elle s’intitule À cheval sur des zèbres et « met à nu des clichés racistes encore profondément ancrés dans la pensée européenne qui voit l’Afrique comme "un continent noir" ».

Sur le d’à côté, une série de boomerangs en argile colorée « aborde le thème de l’appropriation culturelle, c’est-à-dire la récupération populaire et irréfléchie de biens culturels ethniques » tels que vêtements, objets du quotidien, etc.

Plus loin, on apprend que « les musées veillent à adopter une approche réfléchie des représentations stéréotypées des non-Européens. Les images de personnes portant de lourds fardeaux, légèrement vêtues et aux expressions faciales caricaturales, qui étaient destinées à légitimer la domination coloniale et esclavage, ne sont plus exposées sans commentaires aujourd’hui. » Et pour faire oublier la statuette du « sauvage » qui porte des émeraudes, on a droit à une vidéo intitulée « Faire naufrage et ne pas savoir nager ».

Le sujet : « Trois hommes d’origine africaine contemplent, au Louvre, Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault. […] Il est difficile d’imaginer ce qui se passe dans la tête des trois protagonistes, qui ont tous une expérience personnelle de la migration, à la vue de cette détresse extrême. Les textes qui apparaissent en surimpression proviennent d’interviews que l’artiste a menées avec eux. »

Etc., etc., etc. Il est dit que le visiteur de cette exposition ne pourra ressortir sans battre sa coulpe.

Certes, les commentaires sont ceux de Claudia Brink, commissaire de l’exposition et conservatrice aux Staatliche Kunstsammlungen de Dresde. Du moins je le suppose. Je l’espère. Il n’en reste pas moins qu’entre raccourcis historiques et appel perpétuel à la , visiter les expos devient un chemin de croix !

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19 octobre 2022

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16 commentaires

  1. Au risque de passer pour un ignoble raciste, je dis haut et fort que certaines œuvres conservées en Europe suite à la colonisations auraient disparues depuis si nos anciens ne l’avaient pas fait.

  2. Au MUCEM de Marseille (par ailleurs à l’architecture bien intégrée au site) une statue de Cléopâtre fait l’objet d’un commentaire sur la vision machiste de la femme et sur le colonialisme… Quant à l’expo « l’atlas en mouvement » c’est tout simplement une ode à l’immigration dans l’affiche à l’entrée

  3. Si je comprends bien, quand je conserve précieusement une serpe rouillée de mon arrière grand père, je le traite de débile car il n’avait pas de tracteur et si je garde un vieux Lebel de 1914, c’est pour expliquer qu’ils auraient du rendre les armes et baisser leurs culottes garance pour se faire mettre par les grand parents de Ursulla la h…e. Notre meilleur musée c’est notre cerveau et que les soumis aillent cautionner ces paillassons révisionnistes.

  4. Et bien, je n’irai pas ! Voilà tout ! Cela devient complètement délirant cette culpabilisation, cette introspection , c’est n’importe quoi ….combien de temps allons nous supporter cette manière de s’auto-accuser des tous les maux du monde ?

  5. J’espère que dans cette exposition on n’a pas oublié l’appel à la repentance des Anglo-Américains pour le bombardement de Dresde qui a causé des dizaines de milliers de morts civils en sus du patrimoine de la ville, en dehors de tout objectif militaire, durant la seconde guerre mondiale.

  6. Pour quand un musée rappelant les victimes en Algérie alors que ces gens étaient sur le départ .Un musée ou l’on se souvient de nos victimes d’actes terroristes ici sur notre sol en expliquant qu’elles ont été tué au nom d’allah .Oui nous voudrions la longue liste de ces innocents massacrés sur notre sol par des fanatiques .

    1. Vous avez raison. Mais comme par hasard, chez nous ces actes sont vus comme des faits divers. En parler autrement est indécent et nauséabond. Allez comprendre !

  7. On en par dessus la tête de ce tas de crétins hytérique, voulant détruire notre civilisations. Avant d’écrire de telles imbécilités ils faudraient qu’ils relisent la véritable histoire. Il est scandaleux que le minsitère chargé de gérer les musées laissent ou fasse faire de tels choses. Que je sache renaissance ce n’est pas le magma et le baratin de Mélanchon. Sur l’éternel esclavage que l’on nous reproche pourquoi ne le fait on pas pour les pays qui ont pratiquès l’esclavage depuis le début de leur existance jusque et encore maintenant et en bien plus grand nombre que nous et dans des conditions bien pire que les notres. Il est rai quavec les musulmans c’était mieux ils réduisaient en esclavage majoritairement les noirs mais aussi les européenes dns un proportion 2/3 1/3. Pourquoi ne parle t’on pas de l’esclavage pratiqué entre eux par les diférentes ethnies africianes. Pourquoi ne dit on pas que certains pays africain vivaient de la traite des noirs qu’ils vendaient aux européens et aux muslmans. Pourquoi ne dit on pas que les acheteurs d’esclaves n’ont jamais eu à tirer uncoup de fusil ou à courir aprés leur future esclaves car on les leur vendaient tout prét à être exploités. Pour le colonialisme n’en déplaise aux tas de crétins y compris Macron pour beaucoup de pays cela a été une avancée tant dans les techniques, que dans l’agriculture et l’exploitation des richesses naturelles de ces pays ainsi que la mise en place d’usines et donc de travail. Le plus grand progré a été la médecine pour le plus grand malheurs de tous car cela a provoqué une surpopulation qui créve de faim et qui emmigre de ce fait vers les pays où la vie est plus facile.On a bati et entretenu des infrastructures routières et en chemin de fer qui étaient bien entretenues, mis en place des structure adliministratives comme l’éducation, les hopitaux etc…. J’ai connu cette période, j’ai été en Afrique avnt la décolonisation, alors que le tas de crétisn qui jacasse aujourd’hui sur le sujet n’y étaient pas et sans doute n’y sont même pas allés actuellement. Alors lorsque je vois ce que l’indépence a permis de faire il aurait peut être bien mieux valu pour les polpulations que la colonisation reste en place. Car maintenat rien n’est entretenu, les routes n’existent pratiquement plus, les infrastructures adlministrtives ne fonctionnent plus, la coruption régne partout etc… Alors avant de faire de la propagande bien au chaud en France les jacasseurs qui racontent n’importe quoi devraient aller dans ces pays pour les aider à remettre en place ce que la décolonisation avait fait et que ces doctrinaires ignares voue aux gémonies.

    1. vous avez totalement raison. j’ai vécu dans plusieurs pays d’Afrique et je suis d’accord avec votre commentaire.

    2. Je confirme car j’ai vécu en Afrique durant la colonisation qui comptait 1.500.000 colons dans les territoires d’Afrique et d’Indochine. Le marasme des indépendances jette de nombreux africains sur des routes improbables (Atlantique, Sahara, Méditerranée) pour rejoindre le pays des ex-colonisateurs. L’esclavage se pratique toujours entre africains. Mais la culpabilisation et l’autoflagellation sont nécessaires à nos gouvernants pour nous faire admettre la présence des migrants sur notre sol.

    3. Le terme crétin réitéré dans votre commentaire est pourtant tellement approprié mais je m’étonne qu’il n’ait pas été censuré; ce qui est souvent mon cas :( ! En plein accord avec vous je considère même qu’il s’agit d’un doux euphémisme pour qualifier ces flagellations à répétition

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