Le 2 octobre, Danièle Obono, porte-parole de LFI, clamait son indignation sur France Info. Appelée à réagir au discours d’ sur le séparatisme, elle dénonçait, derrière ces propos, « une stratégie mortifère, anti-laïque et antirépublicaine ». « Un discours de précampagne électorale, disait-elle, pour installer son duo avec Marine Le Pen qui, comme tous les islamophobes de France, sont très contents que le Président ait légitimé leurs obsessions. »

Désigner l’islamisme « à la vindicte populaire », ajoutait la dame Obono, n’a d’autre but que « justifier les politiques antisociales, anti-écologiques, antidémocratiques de répression de la contestation sociale ». Donc, circulez, y a rien à voir sur le front de l’islamisme et de ses corollaires indigénistes.

Dans le même temps, de braves gens, dans la nuit du 3 au 4 octobre, ont lancé une voiture en flammes contre l’église Saint-Pierre-Chanel, à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise. Un quartier où plus de 80 % des habitants vivent dans des logements sociaux. Ce n’est pas un monument à la gloire de l’Église mais une modeste église en béton qui « permet à une communauté catholique très diverse de se réunir, notamment pour la messe du dimanche qui y est très réputée. Un catholicisme populaire tel qu’on le voit moins dans les grands centres métropolitains », comme l’écrit Arnaud Lacheret (enseignant-chercheur et ancien chef de cabinet auprès du maire de Rillieux-la-Pape) dans le FigaroVox.

Depuis les élections dernières, l’insécurité a fortement augmenté dans la ville « où le maire a pourtant été réélu avec 67 % des voix dès le premier tour, justement car, au cours de son premier mandat, il était parvenu à ramener la tranquillité dans cette ville ». Mais pourquoi s’en prendre à cette église de quartier ? « Tout simplement parce qu’une partie de la gauche a choisi de mener une campagne de terre brûlée », dit Arnaud Lacheret. Une gauche qui mise sur la racialisation des rapports, manipule les esprits faibles avec le virus de l’indigénisme et « n’a eu de cesse de s’adresser à la frange la plus radicale des jeunes en leur répétant que le maire était “raciste” ».

L’accusation de racisme est le nouveau slogan à brandir et la justification de toutes les exactions. Et « que faire quand on est ultra-minoritaire et qu’on est gavé d’idées selon lesquelles il faut combattre ce maire blanc et raciste ? Il faut s’attaquer à la religion du blanc, à ce qui la symbolise, et donc tenter d’en faire disparaître le stigmate dans le quartier populaire ». Dont acte.

C’est pour ces mêmes raisons qu’un jeune Pakistanais, accueilli en France voilà deux ans, se lève un matin et part le couteau à la main pour tuer du Blanc. Pour cette raison, aussi, que comparaît, depuis lundi, devant la cour d’assises spéciale de Paris, le dénommé Sid Ahmed Ghlam. Âgé aujourd’hui de 29 ans, cet étudiant algérien est accusé d’avoir, dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, « voulu attaquer le 19 avril 2015 une église de Villejuif à l’heure de la messe dominicale ». Pas d’incendie, cette fois, mais le massacre par armes à feu.

Trop « mauvais » pour perpétrer son crime de masse, Sid Ahmed Ghlam a tué sur sa route Aurélie Châtelain, une jeune femme de 32 ans, mère d’une enfant de 4 ans. Un meurtre qui « ne pouvait résulter d’un tir accidentel », ont dit les experts. Cela, avant que ce terroriste minable ne se blesse accidentellement avec son arme et appelle au secours le SAMU.

Fiché S pour radicalisation et objet d’un mandat d’arrêt en Algérie, Sid Ahmed Ghlam a affirmé aux enquêteurs « avoir été “ensorcelé” au cours de plusieurs séjours en , et a reconnu avoir été téléguidé par l’organisation État islamique (EI) ». De fait, l’enquête a montré que « deux donneurs d’ordre de l’EI, “Abou Mouthana” et “Amirouche”, lui avaient donné pour instruction de trouver “une bonne église avec du monde” ».

Mais tout ceci, affirmera demain Mme Obono, n’a aucun rapport avec cela.

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