Dans un grand discours à l’École de guerre (française, encore), a averti son auditoire que « les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne ». Il a proposé « à ceux qui le souhaitent » en Europe d’ouvrir « un dialogue stratégique » sur la dissuasion. Ces partenaires « pourront participer aux exercices » des forces de dissuasion, a-t-il annoncé dans la foulée.

Notons d’emblée la décision solitaire et « jupitérienne », qu’auraient naguère qualifiée d’« exercice solitaire du pouvoir » certains qui font entendre aujourd’hui un silence assourdissant. Du haut de son pupitre, il fait savoir qu’il a décidé… Est-ce anticonstitutionnel ou bien, simplement, est-ce de la com’ dérisoire et sans lendemain ?

Remarquons aussi la sacralisation de la « dimension européenne ». Qu’est-ce que la « dimension européenne » ? Y a-t-il une dimension européenne ailleurs que dans l’esprit de l’actuel Président français ? Une Europe à géographie variable (avec ou sans la Turquie, avec ou sans le Zimbabwé, comme disait Jacques Chirac) et à l’histoire complexe, pour ne pas dire antagoniste, a-t-elle une « dimension » ?

Pour approfondir le sujet de la « dimension européenne » au-delà des propos de réunion électorale, il conviendrait de poser la question aux Français eux-mêmes, premiers concernés par la mise à disposition des forces armées de la nation au service d’autres causes que nationales. Je suggère donc une consultation nationale non truquée (c’est-à-dire avec un échantillon réellement représentatif, donc nombreux, et proportionnel au poids démographique des électeurs de tous les départements français.

La question pourrait être : « Vous sentez-vous, d’abord, de votre département, de votre région, de France ou d’Europe, ou d’ailleurs ? Classez par ordre vos préférences et indiquez celles qui ne représentent aucune réalité pour vous. »

Ainsi, en fonction de leur réponse, pourrai-je savoir si je ne suis pas, moi-même, atteint de chimères chroniques…

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