L’ est, en ce début de 2021, faible : moins de 1 % par an. Cependant, les tarifs des mutuelles vont grimper de 4,3 % en moyenne, hausse que ne justifie en aucun cas l’augmentation des remboursements de soins supportés par les mutuelles. Or, les tarifs des mutuelles de avaient déjà grimpé de 4 %, en 2019, et de 5 %, en 2020. Ces hausses successives pèsent très lourd sur le budget des ménages : 79 euros en moyenne par an, 200 euros pour les plus malchanceux. Combien de seniors rognent sur leur protection sociale, car le montant de leur pension stagne et qu’ils ne peuvent pas suivre la hausse des cotisations de leur mutuelle santé ?

Les mutuelles se défendent : elles prétendent que la hausse ne serait que de 2,9 % en 2021, mais Que choisir, en étudiant les contrats et les garanties offertes et en faisant la moyenne de toutes ces hausses, trouve bien 4,3 %. Parfois, les mutuelles demandent 102 euros par mois au lieu de 100 euros, mais rognent sur une garantie, incluse l’année précédente dans la cotisation. Celle-ci n’est pleinement offerte à nouveau qu’en souscrivant un supplément. La hausse affichée n’est que 2 % mais, en réalité, elle est bien de 5 %. Autres progrès, selon les mutuelles : le coût des frais de fonctionnement s’est tassé à 19 % des cotisations perçues et 79 % des sommes prélevées sont rendues aux souscripteurs.

Pourquoi de telles hausses qui perdurent sur trois ans ? Il y a d’abord la fausse promesse du gouvernement du zéro à charge sur les lunettes et les appareils auditifs. Déjà, elle ne concerne que les appareils et prothèses de bas de gamme, les autres coûtant toujours aussi cher à l’assuré . Ensuite les mutuelles ont tout simplement augmenté leurs tarifs pour faire face aux nouvelles dépenses. Pour finir, les Français ont payé eux-mêmes le zéro à charge.

Bien sûr, nos compatriotes les plus démunis ont bien bénéficié de ces soins gratuits et ont vu leur sort s’améliorer. Cela concerne 20 % de la population, ceux qui sont au RSA ou bénéficient de qui s’appelait autrefois CMU. Mais ce progrès est depuis longtemps financé par une taxe sur les cotisations des mutuelles et non par l’impôt, comme la logique le voudrait. Les , qui ne touchent que 1800 euros de revenu par mois et payent par mois une cotisation de 200 euros pour leur mutuelle santé, donnent par an 150 euros pour l’ancienne CMU dont le nom ne cesse de changer (depuis le 1er janvier 2021, elle s’appelle complémentaire santé solidaire), mais dont le principe reste le même (6,27 % de leurs cotisations).

En outre, en 2021, le gouvernement a taxé les mutuelles d’une contribution exceptionnelle de 1,5 milliard d’euros sous prétexte que l’épidémie a fait baisser le volume de soins médicaux non liés au Covid-19 et que tout ce qui touche à la pandémie est pris en charge à 100 % par la sociale. Encore une fois, les mutuelles se sont tournées vers leurs clients pour régler la facture. Pour finir, on peut se demander si , qui se vante de ne pas augmenter les , n’aurait pas menti, si l’État ne vient pas de mettre en place une nouvelle taxe de 1,5 milliard d’euros payée par 80 % des Français (en moyenne : 80 euros par an).

25 janvier 2021

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