Ce samedi 16 octobre, sous un soleil plombant, Robert Ménard, le maire de Béziers, et Éric Zemmour, potentiel candidat à la présidentielle, doivent s’exprimer ensemble à 17 heures près d’un public de 1.200 personnes rassemblées dans la salle Zinga Zanga de Béziers. Robert Ménard, qui avait initialement pris position pour un ralliement de à Marine Le Pen, a beaucoup insisté auprès du polémiste pour le décider à faire le déplacement. Le « Z » est très attendu. Les tout premiers curieux et soutiens battent le pavé depuis 14 h 30. La file s’allonge de minute en minute. De nombreux jeunes du mouvement Génération Z piloté par Stanislas Rigault font monter la température et gèrent l’organisation. Accessoirement, ils recrutent dans ce public acquis. Une fan habillée d’un T-shirt « Zemmour 2022 » explique dans la file d’attente : « C’est important d’oser, de montrer son visage. » Un élu local est venu faire « du relationnel auprès de certains maires », en quête des 500 parrainages pour Zemmour. Dès 15 heures, une bonne centaine de spectateurs s’impatientent. La file s’allonge, les places sont chères et prisées.

L’euphorie grimpe avant le coup d’envoi. À 15 h 30, les portes s’ouvrent. Les 1.200 places du complexe se remplissent à vitesse grand V et la salle s’emporte. On entend des « Président » scandés. Clapping, hymne national, applaudissements enthousiastes : l’ambiance est digne d’un show à l’américaine, mais l’arrivée de d’Artagnan (son surnom chez « Face à l’info ») se fait attendre. ne paraît, finalement, sur scène qu’à 17 h 50. L’exaltation est à son comble, le polémiste est accueilli, comme d’habitude, en rock star. Présents dans la salle : des anciens de LR, du RN ou de DLF (Debout la France). Sur scène, Robert Menard plaide l’union entre Le Pen et Zemmour. Sous quelques ironies, pointes d’humour et éléments de langage pointent l’amitié et le respect entre les deux hommes. Le maire de Béziers a même un calendrier pour l’union : « Toi et Marine, retrouvez-vous en février. Prenez le temps », implore-t-il. Le maire de Béziers voudrait que « celui qui, à ce moment-là, sera derrière l’autre accepte de se retirer ».

Selon le Biterrois, ce sera le bon moment, quand la campagne se cristallisera, à quelques encablures du premier tour. Il interroge avec ironie : « Qui veut être le Bayrou de l’autre ? » Le futur candidat répondra en point presse : « Je ne suis pas candidat au poste de Premier ministre. » Mais l’arithmétique est à elle seule un argument solide. En additionnant les intentions de vote des deux candidats, on parvient à des scores de 30 % à 35 %. L’un favori au premier tour, l’autre au second. Toujours selon Zemmour, la candidate du RN ne peut pas gagner seule : son nom et le débat raté de l’entre-deux-tours de 2017 l’ont plombée. Interrogé par la presse, le prochain candidat à la présidentielle se prononce toujours contre une alliance avec Marine Le Pen pour le moment.

Il veut défendre les Français, ce que la classe politique ne fait plus, selon lui. « Tout le problème de la classe politique, c’est qu’elle méprise les Français, c’est-à-dire qu’elle pense que les Français sont incapables d’avoir une certaine idée de la France », explique-t-il aux journalistes. Les candidats et élus voient les citoyens comme des personnes « incapables d’évaluer, de juger, de craindre le destin de la France », martèle-t-il.

Préférant les valeurs de « mérite » à la parité qu’il considère comme « une insulte envers les femmes », le polémiste et futur candidat affirme : « Les femmes savent très bien qu’avec la compétence, on arrive où on veut. » Lors de la séance de questions, il ne parle pas d’immigration ou de sécurité. L’objectif, dorénavant, pour lui est de se préoccuper des Français, de leurs craintes, de leurs problématiques au quotidien.

Une mère de famille s’inquiète des frais de succession sur l’héritage qu’elle peut laisser à ses enfants. Une jeune femme travaillant dans le domaine médical se plaint de notre modèle de santé. Un jeune critique sur la légalisation du cannabis. Étonnant mais, pour le moins, émouvant : à l’initiative d’un spectateur, une minute de silence est observée en l’hommage à Samuel Paty, assassiné, il y a un an, le 16 octobre 2020, par un islamiste.

Éric Zemmour est bien décidé à prendre de la hauteur lors de ces élections : « L’élection présidentielle, ce n’est pas pour l’urgence, c’est pour voir globalement, dit-il. Son avantage, c’est qu’on peut voir de haut. » Il rappelle qu’il défend depuis les années 90 l’idée selon laquelle « le rapprochement entre le RN et LR doit s’opérer ». Et remercie Robert Ménard pour ses « sages conseils »« Nous sommes en octobre, nous ne sommes pas encore en février […]. J’ai un peu de mal à me retirer alors que je ne me suis pas encore présenté », lance-t-il. Zemmour se donne du temps.

 

17 octobre 2021

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