Le Premier ministre Johnson et le chef de l’opposition Corbyn s’affrontaient, mardi soir, lors de leur premier face-à-face télévisé sur ITV. Jeremy Corbyn, hésitant sur le Brexit, prévoit un terrible programme de nationalisation, et puis il y a ces accusations d’antisémitisme. Le numéro 2 du Labour a démissionné et deux anciens élus du parti ont appelé à voter conservateur.

Le Parti conservateur est maintenant plus populaire parmi la classe ouvrière que parmi les riches, et devrait gagner 110 sièges de majorité. Selon un commandé par le Telegraph, la classe ouvrière voterait pour les Tories à 43 %, au lieu de 35 en 2017. Les couches supérieures passant de 46 à 40 %.

Le Parti conservateur est donné en tête, avec 42 % des intentions de vote, selon l’institut YouGov ; devant les travaillistes (28 %), le Lib Dem (15 %), les Verts (5 %), le Brexit Party (4 %). Sachant que le mode de scrutin, uninominal à un tour, peut réserver des surprises. Tout se jouera en une journée et seul le candidat arrivé en tête dans chacune des 650 circonscriptions siégera à Westminster.

Dans une interview pour Vogue, le Premier ministre nous confie regretter ne pouvoir commander un curry thaï au 10 Downing Street pour des raisons de sécurité, mais adorer manger un fish & chips le soir au bord de la mer, ou encore écouter les Clash ou les Rolling Stones. On ne peut demander à Joe Strummer, en 2002, ce qu’il en pense ; mais le pourtant très francophile Mick Jagger croit en des effets positifs « à long terme » du Brexit. Il n’y a que les indécrottables bien-pensants des Inrockuptibles pour s’étouffer à l’idée que Boris puisse vibrer en écoutant les Clash. Ses adversaires directs, britanniques, plus fins, ont fait une vidéo contre BoJo reprenant « I Fought the Law » (1).

« London calling to the faraway towns/Now war is declared, and battle come down… », BoJo fan de Joe Strummer et sa bande, groupe de punk-rock anglais des années 70-80, qui revendiquaient des idéaux anarcho-bolchevique mais sur de gros riffs de guitares endiablés, et la musique primait sur les textes militants, c’est pour ça qu’ils resteront dans l’Histoire. Prémonitoire « Should I Stay or Should I Go? » fut la question que se sont posée plus de 46 millions de Britanniques en 2016, à laquelle ils ont répondu à 51,9 % « Go ».

Dans l’émission d’ITV « Good Morning Britain », Johnny Rotten, l’ancien leader des Sex Pistols, interrogé sur la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, n’a pas hésité à montrer son soutien au Brexit et à Nigel Farage (UKIP), en le qualifiant de « fantastique ». « La classe ouvrière a parlé, j’en fais partie et je suis avec eux », a confié le chanteur.

Johnny Rotten a également profité de son passage télévisé pour donner son opinion sur « The Donald », « un mec compliqué » catalogué « raciste » par la gauche. « Il a plusieurs défauts en tant qu’être humain, mais il n’est pas raciste, et il y a peut-être une chance que quelque chose de bon sorte de cette situation parce qu’il terrifie les politiques », a-t-il déclaré. « Le regarder agir me remplit de bonheur », a ajouté le chanteur. […] « il pourrait être un ami possible ».

À la question de ITV posée à Johnson et Corbyn à la fin du débat : « Quel cadeau laisseriez-vous à l’autre sous l’arbre de Noël ? » : « Les Contes de Noël de Dickens, a répondu Corbyn, qui voudrait faire de Boris un méchant Scrooge. « Une copie de mon super deal », a répondu Johnson, puis, se ravisant devant le caractère peu festif de son cadeau, a ajouté : « parce qu’il partage mon amour des plantes et des arbres, un pot de confiture de prunes ».

(1) https://www.youtube.com/watch?v=W0pTpwqkB48

21 novembre 2019

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