Audio - Entretiens - Politique - Religion - 3 juillet 2019

Benjamin Blanchard : « La gauche et l’extrême gauche ont poussé des cris d’orfraie, notre projet a été retiré ! »

La région Auvergne-Rhône-Alpes, présidée par Laurent Wauquiez, devait allouer une subvention de 22.000 euros à l’association SOS Chrétiens d’Orient. Cette délibération a finalement été retirée au dernier moment, certainement en raison du lointain passé politique d’un de ses membres.

Explications de Benjamin Blanchard au micro de Boulevard Voltaire.

On a appris, il y a quelques jours, que la région Auvergne-Rhône-Alpes, présidée par Laurent Wauquiez, aurait bloqué une subvention d’un montant de 20.000 euros qui aurait dû être allouée aux chrétiens d’Orient. Que s’est-il passé ?

La région Rhône-Alpes présidée par Laurent Wauquiez a ouvert un fonds d’aide pour les chrétiens d’Orient et les minorités, notamment en Irak et en Égypte. La Syrie n’est pas concernée par ce fonds parce qu’elle n’a pas de relations diplomatiques avec la France. C’est un fonds pluriannuel.
Cette année, un de nos projets a été retenu. Il s’agit d’un projet de développement d’une carrière de pierres en Irak avec le monastère de Mar Matta. C’est un monastère de l’Église syriaque orthodoxe d’Irak.
Par la voix de son premier vice-président, Philippe Meunier, président de la commission des relations internationales, la région Rhône-Alpes nous a donné son accord de principe lors d’une réunion. Le 21 juin dernier, il a présenté le projet en commission des relations internationales et a été accepté.
Il y a un an, nous avions déjà été auditionnés par cette commission.
Cela semblait sur de bons rails. J’ai demandé à Philippe Meunier s’il fallait qu’on l’annonce à nos partenaires sur place. Il nous a dit oui. Une délégation a été conduite par Philippe Meunier, qui s’est rendu en Irak en mai. Il a rencontré les équipes. Les retours étaient très bons.
Le 21 juin, lorsque le projet a été présenté en commission, quelques élus de gauche, voire d’extrême gauche, ont poussé des cris d’orfraie. Philippe Meunier a très bien répondu en disant qu’il s’agissait de soutenir un projet et non de faire une enquête sur le passé politique de tel ou tel et que cela n’arrivait jamais lorsqu’il s’agissait de personne de gauche, voire d’extrême gauche.
Quelques jours plus tard, le projet, qui devait être présenté en commission permanente, avait été retiré de l’ordre du jour. Voilà les faits précis.

Le dossier a-t-il une chance de repasser ?

On nous a dit par oral que le projet serait représenté en septembre. Aujourd’hui, nous avons eu une réponse plus officielle de la direction des relations internationales. Cette dernière nous dit qu’il n’est pas possible, aujourd’hui, de nous indiquer si ce dossier fera l’objet d’un nouvel examen.

Il y aurait un blocage par rapport aux liens que vous entretiendriez ou que vous avez entretenus avec certains milieux identitaires. Une photo revient régulièrement concernant l’un des cadres de votre association. Il avait été, dans sa jeunesse, photographié dans une posture qui le rattacherait à une certaine mouvance de l’extrême droite. Est-ce gênant, pour votre association, d’avoir cette étiquette ?

Ce n’est pas nous qui mettons l’étiquette. Quiconque regarde ce que nous relatons voit bien que nous sommes dans une démarche tout à fait apaisée et de dialogue. Nous faisons beaucoup d’actions inclusives. Nous avons ouvert une école avec l’Église syriaque à Bagdad pour 700 élèves. Vous imaginez bien que ce ne sont pas 700 élèves chrétiens. C’est une école catholique, mais ouverte à tous. Nous sommes vraiment dans une démarche de rassemblement. On ne va pas s’excuser d’avoir, parmi nous, François-Xavier Gicquel. Il a été un des premiers volontaires. Il avait monté la mission en Irak. Il travaille avec tout le monde. Il a même accompagné Bernard-Henri Lévy sur la ligne de front. Cela ne pose pas de problèmes… En revanche, on va ressortir une photo qui date de plusieurs années avant la création de SOS Chrétien d’Orient. Cette photo ne nous concerne pas. J’espère bien que si M. Wauquiez était dans le même cas, il continuerait à travailler avec ce monsieur qui a donné satisfaction depuis qu’il travaille avec nous. Je ne vois pas ce que l’on pourrait faire contre lui. Au-delà de l’aspect moral, d’un point de vue du droit du travail, ce serait tout à fait condamnable de reprocher quelque chose qui date de bien avant la création de l’association.

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