Editoriaux - International - Politique - Table - 1 novembre 2017

La Belgique se divise sur la question… catalane

Et il fallait donc que la Belgique s’en mêlât.

La crise espagnole s’est exportée dans le plat pays, désormais divisé entre le clan pro-catalan – en réalité, essentiellement des indépendantistes flamands, tout heureux de voir un État-nation se disloquer – et les partisans d’une Espagne unie.

Le ministre-président catalan Carles Puidgemont se trouve, depuis ce mardi, en Belgique, où il entend “mettre en évidence le problème catalan au cœur des institutions européennes”.

L’homme précise être venu à Bruxelles, capitale de l’Europe, et non en Belgique. La nuance est de taille, puisque des voix se sont élevées, du côté de la N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie), pour lui accorder l’asile politique.

Bart De Wever, président du parti autonomiste flamand, a reconnu avoir eu des contacts avec Carles Puigdemont. “Nous savons tous que nous avons beaucoup de liens avec les partis et les mouvements en Catalogne”, a-t-il déclaré pour défendre celui qu’il considère comme un ami.

Le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (également N-VA) avait, le premier, allumé la mèche en proposant l’hospitalité à Carles Puidgemont. Forcément, la sortie du ministre belge n’a pas plu en Espagne : le porte-parole du Parti populaire a qualifié les propos d’inacceptables, avant d’ajouter que “Francken, homme politique belge qui offre l’asile à Puidgemont, est condamné pour avoir refusé l’asile à une famille syrienne alors qu’un jugement l’y obligeait”.

En Belgique également, les prises de position de caciques de la N-VA dérangent. Le Premier ministre Charles Michel (Mouvement réformateur) a demandé aux membres de son gouvernement de “ne pas jeter de l’huile sur le feu”.

La mise au point n’a pas calmé l’opposition francophone de gauche : PS, CDH et Ecolo ont demandé des comptes à la majorité. L’ancien Premier ministre Elio Di Rupo (Parti socialiste) estime que la crédibilité internationale de la Belgique est ébranlée.

La Belgique, peu à l’aise avec la question de l’identité, est donc désormais empêtrée dans la crise catalane qui reflète, à un millier de kilomètres de distance, sa propre situation inconfortable.

On doute fortement que le fameux compromis à la belge (en réalité, un consensus mou) puisse régler la situation espagnole. On ne saurait donc que conseiller aux gouvernants du plat pays de ne pas envenimer une situation qui l’est déjà suffisamment.

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