« Beauvau de la sécurité » : Ségolène Royal a raison !

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L'internaute s'indigne des moqueries de Ségolène Royal à propos de l'appellation « Beauvau de la sécurité » dont elle dénonce l'ésotérisme au micro de Sud Radio : « Vous croyez qu'il y beaucoup de gens qui connaissent l'adresse du ministère ? Dans le fin fond de nos campagnes, vous pensez que les gens... Beauvau ? Ils savent ce que c'est qu'un veau... Un veau qui est beau, oui. » Caricature peut-être maladroite, mais l'accusation de mépris envers les petites gens ne tient pas.

Nombreux sont les Français de la campagne ou des grandes villes, ouvriers, cadres ou professions libérales, riches ou pauvres, à ignorer ce que recouvre le mot « Beauvau ». Divers gouvernements ont reproduit machinalement le principe du fameux et historique « Grenelle » qui prenait pour référence l'adresse où se tenait la réunion. Il y eut le « Ségur » de la Santé. Très peu explicite, lui aussi. Si le lieu devient l’emblème d'une assemblée, allons-nous assister à un « gare de Lyon de l'emploi » ? Un « Pigalle de la condition féminine » ? Un « Folies Bergère des religions » ? Que faire si l'un de ces congrès se tient rue de la Grande-Truanderie, dans le 1er arrondissement de Paris ? Bruno Le Maire pourra-t-il annoncer un « Grande Truanderie de l'Économie » ?

Ségolène Royal a raison quand elle ironise sur le double sens du mot. Le Point titre : « Emmanuel Macron annonce un Beauvau de la sécurité. » Le Français non informé de l'adresse du ministère de l'Intérieur est en droit d'imaginer que le Président se lance dans l'élevage. La nativité avant l'heure. Une crèche de Noël sécurisée ? En réalité, le technocrate, grand amateur de charabia, veut parler « d'assises de la sécurité » qui se tiendront, accessoirement, aux abords d'une place portant le nom de l'illustre inconnu Charles-Juste de Beauvau-Craon, maréchal de France (1720-1793). Paix à son âme.

Il faut ensuite parler de l'indifférence abyssale des Français concernant le lieu où se tiendront ces assises. Place Beauvau ou ailleurs... Après avoir accusé implicitement les policiers de racisme, ne s'agit-il pas d'une opération « recollage des pots cassés avec les forces de l'ordre » ? Un numéro de « en même temps » proche du tour de magie qui se déroulera place Beauvau sous chapiteau chauffé ? Après rappel de ce contexte, il est vrai que l'indication du lieu de la représentation peut intéresser les foules.

Ségolène Royal fait preuve de bon sens populaire face à cette appellation quelque peu grotesque et dépourvue de sens. Le « tout et son contraire » d'Emmanuel Macron est, quant à lui, nommé incompétence, dans le milieu ordinaire du monde du travail. « Nous leur devons soutien et protection », ose-t-il affirmer, au lendemain de ces accusations. « J 'y veillerai », précise-t-il. Un clash entre Emmanuel et Macron n'est pas exclu.

Jany Leroy
Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

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