Bac de français : le texte d’une prof d’extrême gauche proposé comme sujet

Pro-Mélenchon, pro-wokisme et, bien sûr, contre « l'extrême droite » : l'auteur idéal !
© NonOmnisMoriar — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16175974
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Ce 11 juin, les élèves de premières ont passé le bac de français. Ceux de la filière technologique aux Antilles et en Guyane ont eu à résumer un texte de Sandra Laugier, « Le Nouvel Âge de la désobéissance civile », paru dans Sciences humaines en mai 2016.

Qui est cette Sandra Laugier qui a l’honneur d’être mise sur le même plan qu’Étienne de La Boétie dans le sujet de dissertation complémentaire : « Selon vous, faut-il nécessairement désobéir pour défendre et entretenir la liberté ? » Elle est professeur de philosophie à la Sorbonne. Mais elle ne semble pas vivre dans le monde platonicien des idées. Ses idées, à elles, sont politiques. Chroniqueuse à Libération, elle est une infatigable signataire de pétitions et de tribunes.

Idées politiques

La plus récente ? « Nous, universitaires, soutenons les "1001 territoires pour la fraternité", contre l’extrême droite » (Libération, 2026). Pas besoin d’un lexique de vocabulaire philosophique pour comprendre, on passe des « sirènes d’un discours xénophobe » aux « tenants de la haine de l’autre » en passant par les « idées nauséabondes » et la « droitisation de la société ». Cette tribune est le pendant de celle qu’elle avait signée, en 2022, où 800 universitaires appelaient à voter Mélenchon en refusant comme « seules thématiques […] l’identité, la sécurité et l’immigration » (Le Nouvel Obs). L’identité ! Déjà, en 2009, elle signait un appel de Mediapart pour refuser le « grand débat sur l'identité nationale » voulu par le Président Nicolas Sarkozy.

Que n’a-t-elle pas signé ? En 2021 elle paraphe un appel à la démission de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, coupable d’avoir parlé de l’islamo-gauchisme à l’université, un « thème complotiste ». Quant au wokisme, elle est pour – et contre l’anti-wokisme, qui est un « nouveau fascisme » (Le Monde, 2023).

Combat social et sociétal à fond les ballons

Notre sorbonnarde a pétitionné contre la réforme des retraites en 2011. Contre la loi Travail en 2016. Contre la réforme des universités en 2018, au nom du « rejet de toute forme de sélection à l’entrée de l’université » (France Info, relayée par Révolution permanente). L’université, notre professeur la voit comme aux temps héroïques : en 2020, une pétition adressée au recteur de la Sorbonne demandait que celle-ci redevienne « le foyer de la "chienlit", c’est-à-dire le lieu d’une expression de liberté créative rarement vécue dans l’Histoire mondiale des contestations universitaires ». Vous en voulez encore ? Une pétition pour la Ligue des Droits de l’Homme (2023), une autre pour le Planning familial qui a toujours été « aux côtés des personnes trans » et « en faveur des personnes minorisées et discriminées » (2023).

Parmi toutes les autre pétitions et tribunes dont je fais grâce à nos lecteurs, une seule tranche, celle sur « les violences subies par les Juifs et Juives » (Libération, 2023). Le texte constatait « le déferlement d’un antisémitisme », dénonçait « une sorte de jubilation agressive utilisant le 7 octobre comme une mise en demeure adressée aux Juifs du monde entier » et « des universitaires de gauche » se revendiquant du féminisme « pour relativiser les viols ». En effet ! Mais appeler à voter Mélenchon en 2022 et se plaindre des députés et professeurs LFIstes en 2023, voilà de l’inconséquence.

La désobéissance civile

Et la désobéissance civile, dans tout ça ? Sandra Laugier en fait donc l’apologie dans le texte donné au bac. « La désobéissance civile se fonde sur un principe moral, la confiance en soi, qui encourage l’individu à refuser la loi commune et acceptée en se fondant sur sa propre conviction. » Mais attention… interrogée, en 2012, par France Culture sur les maires qui annonçaient refuser de célébrer des « mariages pour tous », elle écartait avec soin du domaine de la désobéissance civile « les actions des anti-avortement » et le refus de ces maires comme allant « à l’encontre des libertés d’action des uns et des autres ». Elle a la main sur le concept.

Avec Sandra Laugier, nous avons trouvé le mètre étalon de l’universitaire d’extrême gauche pétitionnaire et parapheuse de tribunes jusqu’à la caricature. Elle n’est pas à Sèvres, mais à la Sorbonne. Et désormais, elle donne le ton au baccalauréat.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Qu’est-ce que ce sujet vient faire dans l’épreuve de français du bac ? … Personnellement, si j’avais dû commenter ce texte, « La désobéissance civile se fonde sur un principe moral, la confiance en soi, qui encourage l’individu à refuser la loi commune et acceptée en se fondant sur sa propre conviction. », j’aurais répondu : « la désobéissance civile peut-elle légitimement reposer sur la seule confiance en soi ? » Pour moi, la réponse est non. Si je trouve juste et courageux de suivre sa conscience plutôt qu’une loi injuste, je pense qu’un acte désobéissance civile doit aussi reposer sur un appel à des valeurs universelles et des principes moraux partagés (comme la justice, le respect de la dignité humaine …) et non sur de simples convictions personnelles. De plus, il faut distinguer la désobéissance civile de l’action violente. … Mais, heureusement, je n’ai pas eu à passer le Bac de Français cette année. Quand je l’ai passé, j’avais commenté un poème de Verlaine (rien à voir !).

  2. Eh bien si je devais m’exprimer sur ce sujet, je répondrais à cette enseignante : Chiche ! Mais je ne suis pas certain qu’elle apprécie vraiment ma contestation de ces démocrates qui nous créent un État totalitaire. J’en veux pour preuve la désobéissance de ce conseiller RN , Kevin Nader, agressé verbalement pour s’être manifesté pour la laïcité dans son conseil municipal.

  3. Quand j entends parler un centro-islamo-gauchiste ou même quand je le lis, j’ai l’impression que la France est devenu un asile psychiatrique à ciel ouvert. Comment ne pas les prendre pour des fous? Ils rejettent l’ordre, les statistiques, la logique, le travail, l’amour propre, ils insultent, ils sont pour la violence…pour moi c’est à ça que l’on reconnaît les fous!

    • Tout à fait juste. Il faudrait épargner nos enfants de toute cette idéologie. C est dramatique. C est la même chose pour le directeur du théâtre la Scala à Paris qui a fait un discours très politisé pour des lycéens. Parmis ces lycéens il y en avait de confession juive et ils ont été agressés. Il a rétropédalé mais c est trop tard car le mal a été fait. Ces jeunes se sont fait insultésvet menacés d être « génocide ». Ces adultes se lâchent complètement et n ont pas conscience des conséquences de leurs paroles.

  4. Cette personne sans aucun intérêt fait hélas bcp de mal à notre jeunesse en déformant leur libre arbitre !
    Ce sont les élèves les plus flagorneurs et wokistes qui obtiendront les meilleurs notes et seront les mieux classés, bref nos futurs énarques, polytechniciens… 
    Diplômé d’une école d’ingénieurs nous connaîssons les carrières des uns et des autres. Ce qui est amusant c’est que les plus brillants pour bon nombre ont évolué dans le quasi anonymat, la fonction publique… 
    La réussite scolaire est rarement synonyme d’excellence de nos jours !

  5. Il y a environ 20 ans, il avait été proposé au bac le sujet suivant:
    Une démocratie est-elle fondée à utiliser les armes de la dictature pour se défendre? C’est un peu le même sujet. Et surtout très intéressant.

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