Ariège : faut-il rouvrir notre mine de tungstène, métal rare et stratégique ?

La pénurie provoquée par les restrictions chinoises relance un projet en France, malgré les obstructions écologistes.
Photo Pexels
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La vallée pyrénéenne de la commune de Couflens est en émoi. Salau, seule mine française de tungstène, qui a fermé en 1986, pourrait rouvrir.

L’Ariège au centre d’intérêts géostratégiques

Deux projets tentent de voir le jour. L’un émane d’une société australienne, Apollo Minerals Ltd, l’autre de Néométal, une entreprise française. Tous deux sont en proie à d’interminables obstructions juridico-administratives. Néométal, qui avait déposé, en 2024, une demande de permis exclusif de recherches de mines (PERM) sur une zone de 100 km², espère un feu vert ministériel, une décision devant être officiellement rendue, d’ici au 13 septembre 2026.

Capture d'écran Apollo Minerals.

De son côté, Variscan Mines (filiale française d’Apollo Minerals), qui avait obtenu en 2016 un PERM pour 5 ans sur 42 km², a vu celui-ci annulé plusieurs fois par la Justice administrative, à la suite de recours d’associations écologistes (dont Stop Mine Salau) et de la commune, s’appuyant notamment sur la présence d’amiante (mais aussi, dans une moindre mesure, d’arsenic, de cadmium et de plomb) sur le site.

Le tungstène, le monde entier se l’arrache

Mais au-delà des intérêts économiques qui incitent les deux concurrents à poursuivre leur projet, la réouverture d’une mine de tungstène en France revêt un tel intérêt géostratégique que l’État la soutient. En 2012, déjà, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, se prononçait pour la réouverture de mines en France.

Et il faut comprendre que le tungstène est indispensable à de nombreuses industries. Car il est extrêmement résistant, d’une exceptionnelle densité, et son point de fusion est très élevé. On en trouve dans les automobiles et les fusées spatiales, dans les téléphones mobiles et divers équipements électroniques, sur les disques à découper et les forets de perceuses, dans l'armée, sur le blindage des chars d’assaut et l’enveloppe des munitions…

Et si Salau intéresse tant aujourd’hui, c’est que le contexte géoéconomique de ce métal a radicalement changé, ces dernières années. Comme c’est souvent le cas s’agissant de matériaux critiques (terres rares et lithium, par exemple), le roi mondial du tungstène est la Chine, dont les sous-sols détiennent plus de la moitié des réserves mondiales (qui sont d’environ 5 millions de tonnes), et qui en sont aussi devenus de très loin le premier producteur, avec 67.000 t/an sur un marché mondial de près de 85.000 t/an.

Salau, lâché par l’URSS et noyé par la Chine

Concernant le minerai de Salau, dont l’exploitation avait commencé en 1971, l’année charnière a été 1983. L’URSS, alors seul client de la mine, décide de changer de fournisseur. Cela provoque, trois ans plus tard, la fermeture du site, incapable de s’aligner sur les Chinois, qui veulent conquérir le marché en cassant les prix.

Mais quatre décennies plus tard, la demande mondiale est devenue telle que les réserves chinoises commencent à s’amenuiser, et Pékin a donc décidé de réduire drastiquement ses exportations de tungstène afin d’en garantir un accès pérenne à ses propres industries. Le tout alors que la demande mondiale continue de croître de 2 % par an. Le résultat ne s’est évidemment pas fait attendre. Depuis le début de l’année 2026, une pénurie a commencé à s’installer et les cours ont flambé.

Dans un tel contexte, rouvrir la mine de Salau et explorer les environs retrouvent un sens. Avec des atouts nouveaux par rapport à la première époque : des progrès techniques permettant de sonder puis d’exploiter le site plus efficacement, mais aussi, quoi qu’en pensent les opposants écologistes, de maîtriser les risques sanitaires et environnementaux liées à la présence d’amiante.

Le tungstène, ferment de réindustrialisation

Estimées à 3.000-5.000 tonnes lors de la fermeture de 1986, les réserves de tungstène de Salau sont aujourd’hui considérées comme plus importantes. Elles seraient d’environ 15.000 t sur le site, et Néométal pense qu’elles pourraient se monter à 50.000 t, en élargissant le périmètre comme son dossier de PERM le demande.

Si le projet devait aboutir, Salau pourrait non seulement alimenter les industries françaises consommatrices de tungstène, mais aussi accompagner des projets de réindustrialisation nationale et pourquoi pas, aussi, dépanner des voisins industrieux. Mais, avant tout, faire revivre une région rurale aujourd'hui sinistrée et à l'abandon.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 20/08/2026 à 21:36.

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Nous sommes endettés jusqu’au cou, desindustrialises’ en France alors si cette manne minérale peut apporter un single d’air dans les finances publiques, Oui, réouverture et par une entreprise française. Les écolos de salon ont assez fait de mal pour stopper ou ralentir la marche du pays , tant che les agriculteurs que les industries et manufactures.

    • La souveraineté économique se joue (et surtout se perd) à plus haut niveau que celui de cette petite mine. Ce n’est évidemment pas une raison de la négliger cependant il n’y a plus de groupe minier français pour la faire revivre.

  2. Je dis O U I, ne nous laisssons plus diriger par des incompétents qui ne connaissent rien à l’écologie, et aux cultures nos paysans savent mieux que persone quand il faut semer, et quant il faut récolter..Alors le tunsgtène dont nous avons besoin, n’hésitons pas une seconde, nos ingénieurs et nos ouviers savent faire, faisons leur confiance…..

  3. Il n’y a qu’une raison de rouvrir la mine: la rentabilité pour l’entrepreneur. Les considérations stratégiques sont importantes mais ça serait à l’état d’assumer les coûts de productions si ils sont plus élevés ici qu’ailleurs.

    • Bonjour Enguerrand, Je vous rejoins, mais pour avoir travaillé dans les mines de fer de Mauritanie, les mines de bauxites de Guinée, les mines d’or du Mali, les mines d’uranium du Niger et les mines de nickel de Nouvelle-Calédonie, avec les écologistes qui sévissent en Métropole plus la CGT mentionnée par ici bleu, je nous vois mal partis.

  4. Bien sûr qu’il faut rouvrir notre mine de tungstène d’Ariège, (qui accessoirement contient aussi de l’or.)
    Par contre, Je vais juste vous dire ce qu’il ne faut pas faire : La rouvrir après l’avoir bradée à des financiers étrangers qui comme d’habitude, vont :
    – 1) Nous barbotter le tungstène ( produit stratégique) et l’or, (richesse nationale) ;
    – 2) Nous barbotter les bénéfices de l’exploitation;
    – 3) Se débrouiller d’une façon ou d’une autre à nous faire payer des royalties et autres commissions à des entremetteurs …
    4) – Nous laisser nous débrouiller en ne nous laissant sur le dos que l’amiante, la poussière, et les maladies professionnelles qu’une direction financière étrangère aura laissé se développer fautes de mesures de protection sanitaire et de comodo-incomodo qu’elle estimera trop coûteuses.
    Voilà. Je vous ai dit l’essentiel .
    Il ne reste plus qu’à trouver les dirigeants franco-français capables techniquement et moralement de procéder à une réouverture devenue ainsi non seulement acceptable mais souhaitable.

    • Merci Parrhesia, c’est bien expliqué. Connaissant l’Ariège et toutes ses Industries, anciennes et modernes, vous avez raison de signaler qu’il nous faut revenir à notre gestion des années 50 et 60, en rétablissant des règles nationales. Bon courage à Tous.

      • Intéressant, Enguerrand !
        L’exemple de la gestion de l’ensemble des gouvernements des trois dernières présidences : Sarkozy/Hollande/Macron (présidences mondialistes, donc crypto françaises et viscéralement antigaullistes ) qui ont littéralement bradé et/ou abandonné la France et les Français aux intérêts étrangers de tous horizons et dans tous les domaines, ne vous suffit donc plus ?

  5. Réouvrir la mine oui mais pas le vendre à des pays d’Europe ou étrangers, que la production se fasse uniquement en fonction des besoins de la France. Vu que l’Europe fait tout pour nous écraser et nous appauvrir, nous ne sommes plus des pays amis, nous sommes tous enemies au sein d’un même conglomérat de pays, la magie de l’Europe…

  6. La réponse est OUi. Les écolos gauchistes sont en perte de vitesse électorale et il est indispensable de passer outre leurs interdits. Il est temps de porter à la connaissance du public toute l’étendue des conséquences qu’ont entrainé les interdits les plus ubuesques imposés par la secte verte! Le démantèlement du nucléaire, la fuite en avant dans l’éolien et le solaire, les règlements innombrables étranglant l’activité industrielle et agricole etc, etc…

  7. Au nom de l’écologie il faut tout acheter à l’étranger, loi interdisant les forages du nuisible Nicolas HULOT, interdiction des retenues d’eau, de couper les haies et débroussailler les sentiers jusqu’en août pour favoriser la nidification, plus écopastoralisme, plus de loups donc moins de moutons pour entretenir les montagnes et les forêts, maintenant les oiseaux vont avoir du mal à nidifier après les feux causés par ces mesures

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