Main basse sur le grisbi ! La gauche veut rafler le capital des baby-boomers

Intellos, élus, médias... à gauche, on se bouscule sur les plateaux pour taxer les héritages.
Capture d'écran France Inter
Capture d'écran France Inter

En ces temps d’élections sur fond de dette abyssale, les forces de gauche ont trouvé, pensent-elles – c’est, du moins, ce qu’elles claironnent –, une méthode pour se renflouer : faire main basse sur le grisbi. À comprendre, récupérer « la grande transmission », c’est-à-dire le capital des baby-boomers qui, passant du statut de profiteurs à celui de cadavres exquis, renfloueraient opportunément les caisses depuis l’au-delà. « 9 000 milliards d'euros, ce n'est plus de l'intime, c'est du politique », explique la philosophe Mélanie Plouviez, sur France Inter, ciblant le montant que devraient transmettre les « boomers » d'ici 2040.

La « grande transmission » en ligne de mire

Les oracles ont parlé : la France est « à l'orée du plus grand transfert de richesse de son histoire », dit l’économiste Boris Julien-Vauzelle. Les baby-boomers vont bientôt quitter la scène. On l’attend, on l’espère. On les y pousse. Au cas, d’ailleurs, où ils tarderaient un peu trop, la loi Fin de vie tout récemment votée (et promulguée le 18 août, en pleine canicule) a mis en place de quoi les y aider : « Allez, pépé, un bon geste, dépêche-toi de mourir dans la dignité ! »

Qu’on se le dise, « la grande transmission » est en marche. Selon un rapport établi pour la fondation Jean-Jaurès, fin 2024, par le sénateur socialiste Alexandre Ouizille et deux hauts fonctionnaires, ce sont quelque 9.000 milliards d'euros de patrimoine qui vont être transmis des Français les plus âgés à leurs héritiers, au cours des quinze prochaines années. Selon les calculs, le « flux successoral » (la somme de patrimoine transmis en un an), actuellement à hauteur de 400 milliards d’euros, pourrait passer à 677 milliards en 2040. Or, disent les rapporteurs, l’héritage « présente un caractère extrêmement inégalitaire et risque de rétablir une société dans laquelle le poids des dynasties patrimoniales l’emporte sur les résultats de l’effort et du travail ».

À l’évidence, la gauche considère que ce qu’on transmet ne résulte pas de l’effort et du travail. C’est donc au nom de la justice sociale qu'elle compte bien mettre la main dessus. Voilà pour le moins un présupposé fâcheux qui, hélas, conditionne toute la politique fiscale à venir.

Il va bientôt falloir comptabiliser les cadeaux de Noël

En 2023, la Cour des comptes chiffrait à 16,6 milliards d’euros les recettes fiscales prélevées sur les successions. Une somme que, de LFI à la CFDT en passant par Place publique, les uns et les autres se promettent de doubler, voire tripler. Voyons donc leurs propositions.

Dans le rôle du gentil, façon gendre des beaux quartiers, Raphaël Glucksmann a annoncé pouvoir financer une augmentation de 1.300 euros du salaire médian en « taxant davantage les méga-héritages, les 1 % les plus gros »« Ce sont des mesures de justice sociale : nous annonçons une augmentation du salaire net des travailleurs qui en ont le plus besoin, intégralement compensée, à l’euro près, par un relèvement de la fiscalité sur les très grandes successions », dit Simon Bernard, son Monsieur Économie.

Son challenger à la primaire de gauche, le patron du PS Olivier Faure, déclare quant à lui que « les libéraux devraient comprendre que l'héritage est ce qu'il y a de moins libéral, puisque ce n'est pas sur la base de l'effort ou du travail qu'une fortune se crée mais du seul fait de sa naissance ». En somme tombé du ciel, l’héritage serait apporté dans le berceau par les fées comme la cigogne apporte bébé dans les choux…

Du côté des Verts, Marine Tondelier – qui envisage sans doute de ne rien laisser à l’enfant qu’elle va bientôt mettre au monde – estime que « la grande transmission doit financer la "grande transition" écologique ». Elle propose pour cela d'instaurer « une contribution de 10 % sur les héritages de plus de 4 millions d'euros, et de 10 % supplémentaires sur ceux dépassant les 13 millions d'euros », cela, assorti, comme chez son ami Glucksmann, d’un rabotage du pacte Dutreil, lequel permet jusqu’ici une exonération de 75 % des droits de mutation lors de la transmission d'une entreprise familiale.

Les mesures les plus radicales - ce qui n’étonnera personne - nous arrivent depuis La France insoumise. Le projet : relever les droits de succession sur les plus hauts patrimoines et instaurer un plafond d’héritage à 12 millions d’euros, cela, « en comptabilisant l’ensemble des dons et héritages perçus tout au long de la vie ». Il va falloir enregistrer les cadeaux de Noël, les étrennes et les chèques aux anniversaires… « À partir de 12 millions d’euros, nous prendrons tout », a tonitrué Mathilde Panot, ajoutant que « la plupart des riches n’ont pas mérité d'être milliardaires, ils ont juste eu le mérite d'être bien nés avec une cuillère d’argent (dans la bouche) et ce sont en immense majorité des super-héritiers ».

84 % des Français sont contre

On se dit que ceux-là sont dans leur rôle d’extrémistes délirants. Ainsi Manuel Bompard, invité du Grand Jury Pubic Sénat, qui nous explique que rafler le patrimoine, « c’est considérer que la société, elle doit pouvoir reprendre ce qu’elle a elle-même contribué à créer (sic) et pour pouvoir le mettre au service, par exemple, des générations futures ». Notre proposition, dit-il, « c’est de prendre ces montants-là pour les investir dans une garantie d’autonomie pour les jeunes, pour que tous les jeunes puissent ne pas avoir besoin de travailler pendant qu’ils font leurs études, et se consacrer à leur entrée dans la vie active ». Pas comme ces salauds de boomers qui trouvaient normal de bosser !

Reste le plus surprenant, à savoir la radicalité de la CFDT. Marylise Léon, secrétaire générale d’un syndicat autrefois considéré pour sa pondération, veut, elle, taxer l'héritage ou la donation à 1 % « dès le premier euro ».

Tout cela, dira-t-on, c’est pour la galerie ; de la tambouille électoraliste. La vérité, c’est que l’impôt sur les droits de succession est le plus impopulaire de tous. Bien au-delà de l’impôt sur le revenu (IR), l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), celui sur les sociétés (IS), la TVA ou la CSG. À 84 %, les Français estiment qu’il faudrait alléger l’impôt sur l’héritage. Comme le dit une notaire au micro de BFM TV, « la génération d'avant est souvent économe. Ils se sont sacrifiés et les enfants vivent très mal que les sacrifices de leurs parents servent à remplir les poches de l'État. » D’autant qu’il a les poches crevées…

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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

128 commentaires

  1. Nous ne vivions pas comme les générations de nos enfants et encore moins comme celles de nos petits enfants. Nous considérions qu’avoir le téléphone était un luxe et que le prix de l’abonnement était trop élevé. Nous n’avions souvent pas de voiture, nos logements étaient très souvent dépourvus de salle d’eau (la raison pour laquelle les communes avaient des bains-douches municipaux), Nous ne faisions pas de voyages lointains, n’allions pas tous les ans en vacances. Les lave-linge existaient, mais un jeune ménage n’avait pas les moyens de s’en offrir un, un poste de T.V. était lui aussi un luxe et nous préférions mettre un peu d’argent de côté. Un peu plus tard, nous empruntions pour acheter un appartement avec un peu plus de confort que dans celui que nous louions et avec une chambre de plus pour loger dans de bonnes conditions les enfants, qui étaient venus agrandir notre famille.. A ce moment là plus de restos (même occasionnellement), plus de vacances pendant quelques années. Et plus tard, nous avons fait des économies pour ne pas être à la charge de nos enfants et éventuellement leur laisser un petit héritage. Au moment de notre mariage (1964), le loyer d’un F1, son assurance l’eau et l’électricité, dans une banlieue populaire , absorbaient mon salaire complet.

  2. Cette belle dame semblerait bien gentille ,mais nos successions déjà bien taxées car en Europe nous avons le plus de prises et de confiscations par l’ETAT que voudrait elle nous prendre nos avoirs pour nous faire le coup des bolcheviques qui n’apportent en vérité que de la démoralisation des peuples aux profits d’ apparatchiks bedonnants comme en URSS ou cette caste appuyée par une centralisation du pouvoir par la dénonciation, une police totalitaire et une armée au garde a vous. Tous ces illuminés qui se laisse prendre aux pièges de cette théorie qui a mené le monde de 1914 a 1989 devraient compter le nombre de morts opposants a cette théorie du totalitarisme. Cette idée mise dans la tête des peuples n’ a jamais apporté la prospérité tous ces intellectuels du 19 siècles qui ont prôné ce système en vérité qui devait amener le peuples à la Liberté absolue n’en a fait que des clones sans avenir et sans jours meilleurs. Tous les pays réglés sur ce système sont des crèves la faim pour leur population , sauf pour leurs apparatchiks tel que Mélenchon qui depuis sa première fonction mandatée n’a jamais travaillé et a vécu que d’argent public.

  3. Tant que l’Italie attirera les grosses fortunes avec des droits de succession très légers, il y aura une porte de sortie.
    Avis au prochains gouvernements.

  4. Faire payer des taxes à la mort; voler l’argent des familles en deuil; racketter dès le premier euro reçu en héritage familial ; dépouiller les familles des biens reçus légalement…tout ça est infect. Ces  » riches » qui proposent ces mesures ont déjà tout planqué à l’étranger ; tout réglé avec leur progéniture pour qu’il ne paye pas un euro lors d’une succession. Ils savent faire. Ils ont les moyens de  » magouiller’. Si le RN prend le pouvoir en 2027 ( ce qui n’est pas fait lorsque l’on constate la haine de certains envers ce parti) il serait juste de supprimer les taxes diverses sur la mort. Le pognon. On peut le trouver ailleurs…

  5. Pour devenir plus riches, il ne faut pas confisquer les héritages qui sont de l’argent déjà gagné.
    Pour devenir plus riches, il faut produire plus de biens et de services.
    Pour cela il faut utiliser nos machines et nos cerveaux plus efficacement et plus longtemps.

  6. Les Baby-boomers ?
    Vous vous rendez compte, ces cons la, ils travaillaient tous plus de 40 heures et ils n’avaient pas cinq semaines de vacances !
    Et en plus, ça les a rendu riches, pouah !

  7. Bah les gauchistes ont raison.
    Quand ils sont au pouvoir, les riches s’enrichissent et les pauvres s’apauvrissent.
    Il faut rééquilibrer la balance.

    • Ce sont les riches qui, avec leur capital et leur imagination, créent des emplois en prenant des risques.
      Parfois ils gagnent, parfois beaucoup et parfois ils perdent.
      Mais quand ils gagnent, ils ne rêvent que de recommencer.

  8. La question qui se pose est la suivante : voulons-nous être libre ou en sécurité ? Si l’on place la liberté en premier, cela suppose de prendre nos responsabilités et donc de payer avec notre argent ce que nous désirons acheter ou obtenir. Si l’on place la sécurité en premier, cela signifie que l’on renonce à soi-même et que l’on s’en remet à l’État qui va s’occuper de tout. En ce cas, nous n’aurons jamais fini de payer d’autant plus que les besoins et les envies ne cessent de croitre, publicité aidant.
    L’État socialiste qui nous promet la sécurité sait jouer sur cette corde sensible : maintenir un certain niveau de désir et d’insatisfaction tout en maintenant des salaires bas afin de rendre dépendant le citoyen. Et donc d’accroître sans cesse le poids de l’État qui va s’occuper de tout. Est-ce cela que nous voulons ?
    Ou, au contraire, acceptons-nous une certaine insécurité et donc moins de moyen à l’État pour la combattre en prenant une part active à notre vie de famille, à notre vie professionnelle et à notre vie de retraite ?
    Ce choix découle du principe de subsidiarité qui est une règle politique et sociale qui confie la responsabilité d’une action à l’entité compétente la plus proche de ceux qui sont directement concernés.
    Le vrai enjeu pour 2027, n’est pas le voile islamique, ni l’âge de départ à la retraite, ni le taux de TVA ou de CSG, mais celui de la liberté de naître, de vivre, de travailler et de disposer de nos biens pour les mettre au service de nos familles et de ceux qui sont dans le besoin. L’État républicain ou pas doit servir ces objectifs s’il veut être légitime.

  9. A quoi reconnaît-on un militant de gauche ? A son émission incoercible de bave visqueuse à la vue de la moindre somme de l’argent des autres.

  10. Les islamo-écolo-gauchistes ne déçoivent jamais. Après le bouquin de l’implacable Sarah knafo  » le casse du siècle », les gauchos vont encore plus loin pour piquer de l’argent à tous ceux qui en ont. Et après, quand ils auront tout volé et plus ou moins tout redistribuer sans s’oublier bien sûr, ils feront quoi, quand tout aura été bouffé dans les « kebabs », « Aliexpress » et « Shein » ?

  11. La dictature socialiste ne rêve que d’une seule chose : l’extinction des riches. Tous pauvres, comme dans le tiers monde.

  12. Les retraités taxés sont ceux que la gauche depuis 1981 a enrichis et c’est grace à eux que ce système dure..alors bien fait. Et je ne suis pas de gauche. Et detoute manière le mytheux l’avait dit c’est plus facile de voler les pauvres que les riches…beh oui il a fait fuir les riches ….

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