Biodiversité : l’étude qui contredit les « No Kids »
Dans Ecology Letters de ce mois, une étude démontre qu’en Europe, la peste noire a été synonyme de chute de la biodiversité. Cela remet totalement en cause l’idée des écologistes radicaux selon laquelle la disparition de l’espèce humaine serait bonne pour la planète.
Ce que révèlent les carottes sédimentaires
Au milieu du XIVe siècle, la peste noire a provoqué une dépopulation massive de l’Europe. Entre un tiers et la moitié des Européens sont morts. S’en est suivi un abandon des terres cultivées et un ensauvagement des campagnes : « Les champs cultivés ont été abandonnés et reconquis par les forêts, les broussailles et les cerfs », écrit le directeur de l’étude, Jonathan D. Gordon, du Leverhulme Centre for Anthropocene Biodiversity (University of York).
On s’attendrait à ce que cette disparition relative de l’homme ait été synonyme d’accroissement de la biodiversité. Pour vérifier cela, les scientifiques ont étudié une centaine de carottes sédimentaires et les grains de pollen fossilisés qu’elles contiennent. Du début de notre ère au Moyen Âge, la diversité végétale croît continûment, jusqu’à son apogée au début du XIVe siècle. 1348 : la peste noire frappe. Durant des décennies, la biodiversité chute brutalement. Elle ne retrouve une certaine vigueur que cent cinquante ans plus tard, quand l’Europe repeuplée retrouve sa pleine activité agricole.
Éloge du paysage rural européen
Jonathan D. Gordon le reconnaît, c’est « un résultat potentiellement contre-intuitif ». On doit désormais admettre que « les paysages en mosaïque façonnés par l’homme », avec leur variété (cultures, jachères, haies, potagers, vergers, fleurs, etc.), sont synonymes de biodiversité. Loin des idées en cours chez les Verts... « L'idée dominante actuelle est que l'impact de l'activité humaine sur le vivant a été majoritairement négatif », l’étude prouve « le rôle fondamental de l'activité humaine dans la biodiversité des paysages européens ».
À ce sujet — [ENTRETIEN] « L’extinction de la maternité est la forme la plus aboutie de cancel culture »
Le réensauvagement préconisé par certains écologistes pour « sauver la planète » — le Muséum national d'histoire naturelle lui-même y voit « une stratégie prometteuse pour restaurer la biodiversité » — serait donc néfaste. Dans l’ensauvagement, les espèces les plus fortes écrasent les plus petites. Là où l’homme cultive, la biodiversité est confortée. Cela, tout particulièrement dans l’agriculture extensive, à l’ancienne. La culture intensive détruit une part de la biodiversité, mais les effets de l’ensauvagement seraient sans doute pires.
Le No Kids est antiscientifique
En 2017, un documentaire de National Geographic dressait l’état d’une Terre d’où l’Homme disparaîtrait. Une projection hasardeuse, reprise avec complaisance par les médias (France Info, Brut, Le Club de Mediapart…) et dont Benoît Prospero, sur France Bleu, tirait une certitude : « La seule chose dont on est quasiment sûr, disait-il, c’est qu’une fois l'Humain disparu, la planète serait capable de se passer complètement de nous et la biodiversité aurait toutes les chances d’être encore plus riche. »
En 2023, Ça m’intéresse décrivait de même « La Terre sans l’humanité », avec « une flore incontrôlable » et « grouillante de vie ». De ce lieu commun, certains écologistes extrémistes ont fait un dogme. No Kids (pas d’enfants) ! The Voluntary Human Extinction Movement affirme ainsi que « la disparition progressive de l'espèce humaine par l'arrêt volontaire de la reproduction permettra à la biosphère terrestre de retrouver sa bonne santé ». Une affirmation contestable d’un point de vue philosophique — que serait une biodiversité établie sur la disparition d’une espèce ? — et contestable, désormais, scientifiquement.
En Europe et ailleurs
L’Homme fait partie de la biodiversité et son activité est le gage de sa préservation. Cela se prouve par l'Histoire européenne, mais aussi, nous dit Jonathan D. Gordon, par des exemples analogues dans le nord-ouest du Pacifique, au Japon ou à Hawaï. En Europe, nous aurions tout intérêt à retrouver ce « réseau diversifié de terres agricoles et de pratiques agricoles » qui était le nôtre jusqu’au milieu du XXe siècle : un réseau avec « des bois, des pâturages et des parcelles non cultivées, souvent entourées de haies ou d’arbres ». Et pour entretenir cette biodiversité dans le temps, une société favorable aux enfants est nécessaire. Yes Kids devrait devenir un slogan écologiste !
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19 commentaires
Ça fait un moment que Darwin est contesté en ce qui concerne l’origine de l’homme.
Faux et incomplet! Ça ne fait pas « un moment » mais c’est durant quelques centaines de milliers d’années que les homos successifs ont contesté la formidable intuition géniale de Darwin. L’animisme expliquait tout. Puis les monothéismes fabulés ont imposé les divinités imaginaires pour expliquer la « création » de l’homme. Au XIXème siècle de notre ère -l’anglicanisme ne condamnant pas au bûcher les hérétiques- Darwin a pu prouver sa thèse de l’évolution des espèces et de la sélection naturelle, désormais INCONTESTÉE et INCONTESTABLE.
L’ignorance est excusable, pas le refus d’apprendre… pour comprendre!
Ce débat est dépassé, ami Samuel.
La paysannerie familiale entretenait la nature… dans la limite de ses champs, c’est un fait. Et elle consommait ce qu’elle produisait. L’agriculture latifundiaire et ses centaines ou milliers d’hectares d’un seul tenant de monoculture, engraissée, désherbée, pesticido-traitée… tue la nature. Et l’évolution de l’Univers détruit étoiles et planètes quelques milliards ou dizaines de milliards d’années après leur formation.
Avec bientôt 10 milliards d’humanoïdes affamés, ce sera la fin du « toujours plus » capitaliste et du « croissez et multipliez! » des religions.
Votre article suggère le principe anthropique faible, qui postule, en résumé, que l’Univers.. et son avatar la Terre, ont permis à l’homme d’apparaitre, mais cet Univers favorable n’existe que parce que l’homme est là pour l’observer…
La réalité est incontournable. La Terre pouvait accepter 1 à 2 milliards d’humanoïdes. Avec 10 milliards, la désertification inévitable de la Terre s’accentue. L’évaporation dans l’espace de la vapeur d’eau, plus lente que sur la Lune ou Mars fera , avec ou sans nous, un désert invivable. Mais l’humanité ne sera plus là pour le voir.
Comprendre! Que c’est compliqué pour un homo qu’ont disait sapiens!
Vous défendez la présence de l’Humain en valorisant la culture traditionnelle et j’abonde dans votre sens sur ce point, mais vous faîtes l’impasse sur les effets néfastes de l’agriculture industrielle et de son impact sur l’ensemble du vivant. Il est bon de rappeler que depuis les années 90, 75% de la biomasse des insectes a disparu. Alors que les études scientifiques (et non pas écologiques) s’accumulent pour dénoncer les conséquences de l’utilisation de ces neurotoxiques, les multinationales qui les produisent multiplient les efforts pour faire croire en leur innocuité et nécessité… Vous ne pourrez nier que l’on dénonce de plus en plus la présence des PFAS dans l’eau du robinet ainsi que celle du cadmium dans notre nourriture. Cadmium utilisé dans les engrais, qui ont contaminé la terre et se retrouve dans la farine, donc le pain, les pâtes, etc… Il faut savoir que le corps humain met 40 ans pour se débarrasser de ce métaux lourd ! Il est responsable de cancers, notamment du pancréas… Seule échappatoire : il est désormais reconnu que les légumes cultivés en bio sont moins dangereux pour la santé que ceux issus de la culture intensive. Les études scientifiques qui font ces révélations ne sont pas dépendantes des écologistes. Si les humains sont durement touchés par ces pesticides et autres polluants on peut légitimement en déduire qu’il en est de même pour tout le vivant, du plus petit au plus grand… Hélas.
Dieu, créateur de notre univers, a formé le premier homme « à son image », puis la première femme pour qu’il ne soit pas seul, enfin leur ordonna: « croissez et multipliez ». Bien sûr, nous sommes en pleine semaine Sainte, et les « images d’Epinal » de la Genèse peuvent faire sourire, mais nous sommes là, et quelque soient les causes de notre existence sur Terre, nous gardons la responsabilité de veiller à l’évolution humaine, avec ses manques, ses échecs et ses réussites. Alors parler de l’éradiquer est une utopie à la limite suicidaire, en tous cas suspecte!
Agriculteur en bio et biodynamie retraité, je confirme que les terres cultivées avec respect sont vivantes. L’observation du sol avec ses nombrexu vers et insectes qui s’entre-dévorrent, la beauté du vert et vivacité des plantes sont là pour nous convaincre de notre utilité. L’écologie est là et non dans les discours fallacieux d’usurpateurs escrologiques.
mais pas pour les escrolos qui préférent importer des produits ogm de l’australie
Merci.
« les paysages en mosaïque façonnés par l’homme »,… OUI. Mais pas les immenses surfaces en monoculture avec intrants, pesticides, herbicides et fongicides. C’est dévastateur pour la biodiversité et ça détruit la fertilité du sol…
C’est à considérer mais le goulot d’étranglement est que nous voulons consacrer de moins en moins de nos ressources à l’alimentation. Quant à l’humanité, il n’est pas sûr que la mouvance écologique actuelle soit un avantage pour elle.
« les immenses surfaces en monoculture » ne sont qu’un produit dérivé du bolchevisme. Il n’y a qu’à se promener dans les anciennes colonies de Moscou et Pékin pour le constater. Et la SAFER, groupuscule à l’idéologie communiste et aux pouvoirs démesurés, s’inscrit parfaitement dans ce monde en survie.
Bien sur, mais tout est une question de mesure ce qui n’est pas précisé dans l’article
Même si parfois l’homme a fait, fait ou fera des erreurs, il n’y a pas un vallon où l’homme, depuis des siècles, n’a pas agi et modelé le paysage pour lequel nous nous émerveillons aujourd’hui et qui fait de la France un pays magnifique. Même un lac de barrage qui pourtant, à sa construction, fait d’énormes dégâts, devient à terme un endroit magnifique. Laisser vos jardinières, vos jardins, nos plaines sans entretien, en quelques années il n’en restera que des ronciers impénétrables, dénués en partie de vie. Ne confondons pas protecteur de la nature et extrémiste nihiliste qui rejette tout modernisme ou grands travaux, mais en étant ravi de pouvoir compter sur les services d’urgences les plus modernes pour une simple crise d’appendicite, des marginaux qui imaginent une terre moyenâgeuse, un peu comme le préconise également une certaine religion.
Il n’y a pas que le mythe qui est mort.
Les sois disants écolos ne sont pas des protecreurs de la Nature mais des gauchistes fanatiques voulant tout détruire .
La Nature a besoin de la main de l’Homme, d’être façonnée, dirigée tout comme une plante, un enfant ont besoin d’un tuteur pour bien grandir
Article qui remet les pendules à l’heure
Tous les programmes écolos sont basés sur des mythes religieux et sur la manipulation des foules par la peur et l’ignorance.
Votre article est convaincant. Oui aux enfants, oui à la terre travaillée, c’est l’avenir même.
Par contre, si j’osais, il me semble que la décroissance du nombre d’écologistes ne serait pas une malédiction. Chance : ils ont bien diminué