Les quartiers nord de Blois ont été le théâtre de violences urbaines dans la nuit du 16 au 17 mars, à la suite d’un accident de la route après un refus de contrôle de police. Jusqu’à 300 émeutiers s’en sont pris aux forces de l’ordre, tout en saccageant du mobilier urbain et un supermarché.

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction d’Aleksandar Nikolic.

Vous êtes tête de liste Centre-Val de Loire pour le Rassemblement national. Comme vous êtes un des moins médiatiques de ces têtes de liste, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis délégué départemental d’Eure-et-Loir depuis cinq ans. Je suis élu local à Saint-Rémy-sur-Avre, au nord de la région. Cette ville a été, dernièrement, sous le feu des projecteurs puisqu’elle va produire le vaccin Pfizer. C’est l’un des premiers vaccins qui seront produits sur le territoire français.

 

À Blois, des émeutes très importantes ont éclaté suite à un refus d’obtempérer de trois jeunes en voiture. Ces émeutes sont du jamais-vu dans la région.

Hier soir, un jour après les événements à Blois, il y a eu un mort à Montargis dans des rixes entre bandes. Il y a une violence de plus en plus importante sur la région. Cela a été le cas, aussi, à Châteauroux où une voiture avait été retrouvée, il y a une dizaine de jours, avec des impacts de balles de kalachnikov. Malheureusement, on retrouve cette ultra-violence partout en France dans des villes moyennes en province. Blois est un exemple intéressant puisqu’il y a, dans notre ville, des investissements massifs en politique de la ville. Rien que sur les dernières années, 346 millions ont été investis dans les rénovations urbaines. Depuis quarante ans et avec les aides aux associations, on approche les 500 millions d’euros d’investissement. Nous n’avons eu aucun résultat. C’est aussi une ville symbolique, puisque le maire est premier vice-président de la région et c’est un maire qui a l’habitude d’être assez clientéliste dans son approche électorale. Il ferme les yeux sur la délinquance qui a pourtant pignon sur rue avec des dealers que l’on voit dans les quartiers. Les islamistes sont de plus en plus populaires dans ces quartiers. En allant à Blois, ce matin, j’ai pu constater que de nombreuses voitures avaient été brûlées. Des gens ont parfois économisé des années pour se payer un véhicule. Ils sont désemparés et ont peur quotidiennement. Lorsqu’une dizaine de jeunes très agressifs manifestent en brûlant tout sur leur passage, les gens ont peur pour eux et pour leur famille.

 

157.000 habitants se répartissent dans 52 quartiers prioritaires de la politique de la ville. Au niveau régional, comment peut-on lutter contre l’insécurité ? Comment peut-on désenclaver ces quartiers et faire en sorte que les 99 % des habitants de ce quartier puissent vivre en paix ?

Nous avons des leviers en attribuant des subventions selon des critères de sécurité. Cela peut être vu comme une récompense. Nous avons aussi des leviers dans les transports, qui sont un vrai problème au niveau de l’insécurité. On peut, par exemple, autoriser les policiers à avoir une gratuité et, en échange, ils assurent une sécurité. Il y a aussi la possibilité de supprimer les prestations sociales pour les familles de délinquants. Aujourd’hui, le vrai problème, c’est que certains jeunes ont vraiment le sentiment qu’ils pourront faire ce qu’ils veulent et que cela ne changera rien. Dans un premier temps, ils ont un rappel à la loi. Ensuite, ils sont condamnés, mais ils ne feront pas un seul jour de prison. Et, pour finir, aucune sanction financière n’est engagée. Par conséquent, ils se disent qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent, en toute impunité. Ces jeunes sont livrés à eux-mêmes, notamment sur leur éducation. À notre époque, nous n’avions pas Internet. Aujourd’hui, leur éducation est faite entre eux sur les réseaux et ils déterminent eux-mêmes ce qui est bien ou mal. Les parents et l’État ont moins d’impact. C’est pour cette raison qu’il faut une réponse très forte de l’État.

18 mars 2021

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