Agression de Robert Ménard : Laurent Joffrin peu crédible dans le rôle du ravi de la gauche

Stupeur sur le plateau de CNews. Laurent Joffrin apprend en direct que le journal Libération, qu’il dirige, n’a pas écrit une seule ligne sur l’agression dont Robert Ménard a été victime. « Ça alors ! Mais pourquoi n’ont-ils rien écrit là-dessus ? Ah, il va y avoir des licenciements ! Des sanctions ! On m’écarte ! On me placardise ! » Mais rien de tout cela. Le mis en cause ne se départit pas de son flegme habituel… Bof, bof, et quoi d’autre ?

Robert Ménard, qui vient d’annoncer cette terrible nouvelle au directeur de la rédaction de Libé, s’insurge contre ce silence. Beau joueur, Laurent Joffrin fait mollement son mea culpa. “Si on n’en a pas parlé, on a eu tort”, reconnaît-il. Il l’aurait su… Pensez donc. Gros titres de rattrapage ! La une ! Une édition spéciale ! Un supplément week-end avec plan détaillé des lieux du délit. Le nom des forces politiques en présence…

La prochaine fois, à coup sûr, Libération en parlera. Si monsieur Robert Ménard veut bien se donner la peine de recevoir à nouveau quelques coups sur la tête puis de tomber par terre… Libé est dans les starting-blocks. Stylo en main, clavier sous tension… À la moindre escarmouche, boum, un article gros comme ça et une photo en 4 par 3.

Au cours de l’échange, Laurent Joffrin déclare ne pas lire tous les articles publiés par son journal. Pourquoi pas. Un dirigeant de rédaction n’a pas forcément le temps de parcourir toutes les pages du premier au dernier mot. Concernant Libération, il ne serait pas non plus très impliqué dans le choix des sujets. Excepté la météo… les résultats sportifs. Au rayon desquels l’agression de Ménard aurait pu figurer. Histoire d’en dire quelque chose quand même. « Boxe : Robert Ménard, tenant du titre, battu à Saint-André-de-Cubzac. »

Chez Libé, les omissions se suivent et se ressemblent. Les deux licenciements de Robert Ménard, l’un de feu i>Télé et l’autre de RTL, n’avaient pas été évoqués non plus dans les pages de ce quotidien pourtant à la pointe de l’éthique journalistique. Dans le rôle de Candide, Joffrin n’aura pas un Molière. Sa tentative de faire croire que cet épisode agressif et pitoyable de la vie politique n’a pas été délibérément passé à la trappe par l’équipe de rédaction est méritante mais trop peu travaillée. Quelques passages au Cours Florent seraient nécessaires avant une intervention de ce type sur un plateau télé. La scène du ravi de la gauche demande une certaine préparation. Des « ah », des « oh », des « mais que vois-je ? », des effets de manche, un costume… Une cape de Zorro, des accessoires…

Joffrin sait-il si Libération a parlé de l’élection de Donald Trump ? Il faudra lui poser la question.

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