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Editoriaux - Politique - 20 février 2020

Agnès Buzyn en campagne à Paris : fluctuat nec mergitur, mais un peu quand même…

Il ne serait évidemment pas courtois d’accabler , fille à la vanille parachutée à Paris pour rattraper les bêtises des gars en chocolat. Il est vrai que la pauvresse débarque en terrain miné, entre un Cédric Villani remonté comme un coucou et deux nénettes prêtes à s’étriper à grands coups de sac à main : Anne Hidalgo et Rachida Dati. À côté, la gestion du coronavirus, ça devait être des vacances.

La preuve en est qu’à l’occasion d’un entretien accordé à Ruth Elkrief, ce mercredi 19 février, sur BFM TV, Agnès Buzyn concède : « Paris est une ville anxiogène qui stresse les gens. » Et la même d’en appeler à « l’apaisement » et au « sérieux ».

Pourtant, s’il « ne fait plus bon vivre à Paris », l’espoir est toujours là, preuve par le XVIIe arrondissement : « arrondissement riche, fait de diversité, qui va des quartiers les plus bourgeois jusqu’aux quartiers les plus populaires. En somme, un quartier des plus représentatifs de ce qu’est Paris. »

Agnès Buzyn, Parisienne de longue date nonobstant, ne doit pas souvent se promener dans la capitale. Car des riches du parc Monceau aux bobos plus ou moins fauchés du square des Batignolles, force est de constater que l’ensemble demeure peu ou prou dans une certaine cohérence sociologique et politique : ça vote Macron des deux mains – ou même d’une seule, aurait pu ajouter Benjamin Griveaux.

Ensuite, quel communicant, tout juste sorti d’une trépanation pratiquée à la scie sauteuse ou d’un lendemain de cuite, a-t-il pu lui fournir ces éléments de langage : « Paris est une Ville lumière, elle doit avoir un projet scientifique de progrès » ? C’est beau comme du Hidalgo et sa « ville inclusive ». Puis, à propos de sa candidature modérément spontanée : « C’est la rencontre entre une envie et une opportunité malheureuse. » Merci Tinder, le site de rencontres fugaces qu’on sait ?

À propos de rencontres, ou de retrouvailles, il y a, bien sûr, l’homme à l’araignée, à la fois accrochée au revers du veston et un peu nichée au plafond, ce Cédric Villani auquel Agnès Buzyn ne « ferme pas la porte ». Mais lequel lui répond, dans Le Parisien du 20 février, que cette proposition est « clairement refusée ». Il est vrai qu’en face du « projet scientifique de progrès » plus haut évoqué, le détenteur de la médaille Fields entend « préparer le Paris de 2020 et en même temps préparer celui de 2030 » et surtout « remettre de l’ordre dans l’espace public et réaliser la première métropole mondiale zéro carbone ». Et pour 2040, un Paris garanti zéro habitant ?

En matière de dinguerie futuriste, c’est Anne Hidalgo qui paraît un brin larguée. Encore quelques propositions de ce genre, après les cent mille euros promis pour chaque Parisien souhaitant devenir propriétaire de son logement et le déménagement de la gare de l’Est en banlieue pour laisser place à un Central Park à la parisienne, prônées par le même Griveaux et il ne restera bientôt plus à l’actuelle première édile de la capitale qu’à faire liste commune avec Marcel Campion et Jean-Marie Bigard.

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