L’été est maussade, en France, mais plus de l’autre côté de la Manche, avec cette plainte déposée, ce lundi 9 août, par Virginia Giuffre contre le prince Andrew, duc d’York, deuxième fils de la reine Élisabeth. Bref, avec l’affaire Jeffrey Epstein, proxénète de haut vol en prison le 10 août 2019, les nuages n’en finissent plus de s’accumuler sur la couronne d’Angleterre.

Motif de la plainte ? « Je tiens le prince Andrew pour responsable de ce qu’il m’a fait. Les puissants et les riches ne sont pas exempts de rendre des comptes. J’espère que d’autres victimes verront qu’il est possible de ne pas vivre dans le silence et la peur », affirme Virginia Giuffre, seize ans à l’époque des faits ; soit des fêtes à l’occasion desquelles conviait de prestigieux invités et autant de très jeunes filles pas toujours consentantes.

Déjà, en novembre 2019, le prince Andrew tente de se justifier à la BBC. Occasion de poser la question qui fait mal : « D’après Virginia Giuffre, en 2001, qui vous a rencontré en discothèque, vous transpiriez abondamment sur le dance-floor… » Réponse embarrassée du satyre putatif : « Impossible, je ne sue plus depuis 1982, à cause d’un choc traumatique pendant la des Malouines ! » Comme défense, on a déjà vu plus plausible. À l’époque et sur ce site, Georges Michel, fin connaisseur des arcanes de la maison de Windsor, précise : « Si la Couronne est, évidemment, touchée par ce scandale ignoble, on doit néanmoins relativiser les conséquences à moyen ou long terme pour la monarchie britannique. Numéro huit dans l’ordre de succession, les chances du prince Andrew de s’asseoir un jour sur le trône du roi Édouard sont bien minces. » Le scandale en question est-il susceptible de rebondir avec cette nouvelle action en justice ? Il est probable que non.

En effet, mort de aidant, ne demeure plus qu’une simple affaire d’agression sexuelle ne regardant désormais plus que plaignante et coupable présumé. En revanche, les conditions du décès de Jeffrey Epstein peuvent prêter au doute légitime. Officiellement, il s’est suicidé, pendu au drap de son lit. Pourtant, Michael Balden, ancien dirigeant de l’institut médico-légal de New York et fort de plus de vingt mille autopsies, affirme sur Fox News, le 30 octobre 2019 : « Les éléments témoignent davantage d’un homicide que d’un suicide. […] Les multiples fractures de l’os hyoïde, situé au niveau du cou, sont très inhabituelles pour un suicide. »

Quelques jours plus tard, le directeur de sa prison new-yorkaise, le Metropolitan Correctional Center, est muté alors que deux gardiens se voient suspendus. Pour avoir laissé un détenu se suicider ou n’avoir pas empêché qu’on vienne mettre fin à ses jours ? Depuis l’assassinat de Lee Harvey Oswald, principal suspect dans celui de John Fitzgerald Kennedy par Jack Ruby, lors de son transfert en prison, le 24 novembre 1963, ce ne serait pas la première fois qu’il y aurait matière à supputations…

Car cette affaire n’est pas que de mœurs, ayant tout d’une affaire d’État. En effet, à ce degré de prostitution impliquant nombre de sommités, politiques comme médiatiques, les services secrets ont toujours eu un œil sur les turpitudes des puissants.

Ironie de l’histoire, Ghislaine Maxwell, binôme pervers de Jeffrey Epstein, toujours en prison mais encore en vie, est fille de Robert Maxwell, personnalité haute en couleur, naviguant à vue entre mondes des médias, de la politique et de ces mêmes services. Retrouvé mort en plein océan Atlantique, près de son yacht naviguant près des côtes des îles Canaries, il fut là aussi conclu au suicide, thèse que sa fille refusa toujours d’admettre.

Sur le sujet, on ne peut que conseiller à nos amis lecteurs de se reporter à la 106e aventure de SAS, alias le prince Malko Linge, Le Disparu des Canaries, signée de Gérard de Villiers. À peu près tout y est.

 

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10 août 2021

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