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Editoriaux - Justice - Politique - 22 juillet 2018

Affaire Benalla : le grand déballage

De mieux en mieux, l’affaire « Benalla-Macron » ! Au sujet du petit protégé du Président, on en apprend tous les jours. Un véritable feu d’artifice de toutes les couleurs, un festival de casseroles, un vide-greniers de la racaillerie !

Ainsi, on apprend par L’Express que le jeune homme avait fait l’objet d’une plainte en 2015, de la part d’une femme “probablement membre de sa famille” qui l’accusait de “violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à huit jours”. Jugement à l’issue duquel, en 2016, il sera relaxé “sans que les motifs dudit jugement en explicitent les raisons”. , dont le mariage, ce samedi, a dû être annulé à cause d’un engagement imprévu (sa garde à vue), serait donc un garçon au sang un peu chaud ?

Une autre révélation vaut son pesant de cacahuètes. Elle vient de l’ancien ministre du Redressement productif. En 2012, sous l’ère hollandaise, le Service de protection des hautes personnalités (SPHP), raconte au Monde , lui propose donc, à titre de chauffeur, ce personnage. Qui n’a pas fait long feu à son poste, et pour cause ! Sept jours après son entrée en fonction, , choqué, ulcéré, le virait manu militari. La raison ? Celui qui, quatre ans plus tard, allait cependant être nommé, en marge du SPHP, “responsable de la sécurité du candidat Macron à la présidentielle”, alors qu’il venait, en présence de Montebourg en personne, de provoquer un accident de voiture, ne trouvait rien de mieux à faire que… de vouloir “prendre la fuite” ! “Une faute professionnelle d’une première gravité”, insiste l’ancien ministre, mais… perdue dans les limbes sans que personne n’en ait jamais eu vent depuis ?

Alors, oui, électeurs ou non de Macron, les Français se posent des questions. Beaucoup de questions. La première d’entre elles étant, disons-le tout de go : pourquoi, avec de tels précédents, Benalla n’a-t-il pas été évincé des hautes sphères de la politique de façon radicalement définitive ? Mais aussi pourquoi, doté d’un tel pedigree, l’incriminé pouvait-il se trouver dans le sillage extrêmement rapproché du couple Macron jusqu’à partir en vacances avec monsieur et madame ? Hein, pourquoi ?

Dans n’importe quelle petite entreprise, qui plus est pour un poste de confiance, le patron étudie non seulement de près le profil des candidats, mais se renseigne plus avant sur leur personnalité avant de se décider à embaucher. Et l’État, qui avait même poussé Benalla, malgré cette intention incontestable de délit de fuite pourtant facile à découvrir, à solliciter le poste de sous-préfet, à 26 ans au lieu des 35 légaux, comme le révèle Valeurs actuelles, s’en dispenserait ? À moins que, justement, Benalla n’ait été le profil recherché. En tout cas, cela sent de plus en plus mauvais, dans les couloirs de l’Élysée…

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