Audio - Editoriaux - Education - Entretiens - Société - 22 juillet 2018

Anne-Sixtine Perardel : “L’objectif est de déconstruire les stéréotypes et de transmettre la théorie du genre”

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, vient d’annoncer sa volonté de développer et faire appliquer la loi établissant trois séances par an d’éducation sexuelle et affective pour tous les élèves.

Anne-Sixtine Perardel, conseillère en vie affective et sexuelle, fait un point sur les objectifs et les limites de cette loi.

La secrétaire d’État à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé vouloir faire donner des cours d’éducation sexuelle dans les écoles publiques. N’y a-t-il pas déjà des cours de ce genre à l’école de la République ?

Il y en a déjà dans un certain nombre d’établissements. Mais l’objectif de madame Schiappa est tout simplement de faire appliquer la loi. La loi prévoit trois séances d’éducation affective et sexuelle par an et par niveau. Le dispositif est prévu au lycée, au collège, en primaire et en maternelle, même si ces deux derniers cas sont un peu à part, car les outils ne sont pas encore développés. Vouloir appliquer la loi dans ce domaine n’est pas un problème en soit, je trouve même cela positif. Cela montre que l’éducation affective et sexuelle est vraiment importante.

Qu’y a-t-il dans ces cours ?

En creusant un peu, on se rend compte qu’on retrouve les fondements de cette éducation sexuelle dans le rapport annuel 2017 du Défenseur des Droits consacré aux droits de l’enfant. Il est en lien avec ce que veut l’ONU et l’Europe. Il s’agit en fait d’appliquer les politiques voulues par l’OMS.
Ce rapport sur les droits de l’enfant précise que l’objectif est de transmettre l’idée de l’égalité des sexes et des sexualités.
Cet objectif renvoie à la stratégie nationale de santé sexuelle publiée en mars 2017 qui prévoit qu’en 2023, 100 % des jeunes aient reçu une éducation de qualité à la sexualité et aux risques associés.
Dans le rapport sur les droits de l’enfant, l’égalité des sexes, l’égalité des sexualités et des pratiques sexuelles, l’identité de genre, les principes de stéréotypes, les clichés sur les différences hommes-femmes et sur les orientations sexuelles sont des notions fortement soulignées. L’objectif de ces interventions scolaires est de déconstruire ce qu’ils appellent les stéréotypes, et de transmettre la théorie du genre.

Qui sera habilité à donner ces cours ?

La circulaire rappelle qu’il y a un vrai manque de formation des personnes qui interviennent sur ce sujet. Le chef d’établissement a la responsabilité de choisir les personnes qui interviendront.
Il peut s’agir d’intervenants intérieurs (directeur, infirmières scolaires, professeurs de SVT, éducateur) qui doivent être formés, ou des personnes extérieures à l’établissement, souvent dans le cadre d’associations.
Certaines associations vont avoir un agrément. Pour cela, le rapport sur les droits de l’enfant propose de faire signer une charte. Le rapport dénonce certaines associations qui défendraient une vision “hétéronormée” de la société. Le vocabulaire a de l’importance. La vision “hétéronormée” est décrit comme centrée sur les différences homme-femme. Ce point est particulièrement scruté, tout comme le positionnement sur la question de l’avortement, et aussi la vision qu’ils appellent “dépendante”, c’est-à-dire des éducateurs qui souhaitent transmettre quelque chose aux enfants.

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