a évoqué deux droites au Conseil national des Républicains en espérant qu’elles soient conciliables. Des sifflets et des huées l’ont accueillie.

Laurent Wauquiez (LW) a déclaré qu’il n’y avait qu’une droite et ses partisans l’ont acclamé (Le Figaro).

Je sens combien certains veulent avec volupté tirer des enseignements de ce contraste, de cette contradiction prétendument insoluble.

Cette guerre intestine serait ridicule si ceux qui la mènent de part et d’autre ne cherchaient pas à la rendre plus grave qu’elle n’est. Valérie Pécresse a créé son mouvement (Libres !) mais a choisi de demeurer au sein de LR pour se poser comme opposante à la ligne majoritaire incarnée par Laurent Wauquiez. Ce qui, évidemment, ne peut que nuire à la volonté affichée de rassemblement de ce dernier.

Cette aspiration, pourtant, devrait être d’autant plus facile à concrétiser que le centre équivoque a fui et qu’une forme d’homogénéité politique rassemble LR, ses militants, ses dirigeants. Encore faut-il qu’on ne s’acharne pas artificiellement à inventer des différences…

Quel gâchis, d’abord, exaspérant pour l’intelligence et l’unité que cet apparent affrontement entre deux personnalités dont les qualités complémentaires seraient tellement utiles dans l’espace d’une droite authentique ! Quelle déperdition que de devoir constater, au lieu d’un cumul des forces, un antagonisme de celles-ci ! Le monde de la droite n’est pas si riche actuellement qu’il puisse se permettre de favoriser des mésententes absurdes et une lutte d’êtres remarquables l’un contre l’autre !

Valérie Pécresse, au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI » il y a quelque temps, m’avait impressionné, notamment par ses réponses en matière de sécurité et de Justice, faisant preuve d’un savoir et d’une maîtrise des sujets, en particulier pour les prisons, infiniment rares dans la classe politique, gauche et droite confondues. Il est vrai qu’il s’agissait d’une émission honorable qui n’a pas pour vocation exclusive de piéger l’invité.

Laurent Wauquiez, attiré dans un guet-apens, s’est brillamment sorti d’affaire dans une émission subtilement partisane, en particulier par la licence laissée longuement à ceux dont l’hostilité avait été programmée. Il a, par ailleurs, dans deux débats, écrasé d’abord Alain Minc puis dominé Benjamin Griveaux, qui devra être meilleur s’il prétend à la charge de maire de Paris. Laurent Wauqiez est venu, a vu, écouté, répondu quand il le pouvait, et vaincu ses adversaires d’un soir plus Léa Salamé. Ce n’était plus “L’Émission politique” mais de la mission politique.

Au-delà de ce registre médiatique ayant servi l’une plutôt que l’autre, je n’ai vraiment pas eu l’impression, pour le fond, de contradictions fortes entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse et d’une impossibilité, pour eux, de cohabiter sous un même drapeau de droite, mais avec des humeurs et des tonalités différentes, naturelles, d’ailleurs, de la part d’un homme et d’une femme n’abordant pas le fond avec une forme identique.

Sans forcer le trait, il m’est apparu qu’à quelques détails près, ce qui distinguait Valérie Pécresse de Laurent Wauquiez tenait moins à la structure qu’à l’exposition, moins à la substance qu’à la présentation. Quand l’un s’abandonnait à une masculinité nette, décisive et parfois péremptoire, l’autre offrait le même plat peu ou prou mais avec douceur et urbanité.

Pourtant, il n’y aurait pas trop de ces deux personnalités pour servir une cause qui mériterait de les réunir et dont l’importance politique leur échappe, préoccupés qu’ils sont par leur joute personnelle.

Le président de la République, avec une suprême habileté, enlève le pain de la bouche de la droite en accomplissant ce que celle-ci n’aurait sans doute pas fait.

Déjà, trouver un remède plausible à cette manœuvre n’est pas une mince affaire. Pour faire pièce à cette stratégie de dépassement qui vide leur famille politique d’une part de son contenu, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse devraient plutôt s’accorder pour inventer une riposte et créer un espace conservateur alternatif à la droite tactique du Président.

Extrait de : Justice au Singulier

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