À Nantes, on plante des slips dans les jardins publics

Exhumés dans quelques semaines, ces slips finiront dans une magnifique exposition d’art biologico-contemporain.
@Unsplash
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Au député de la Somme Jean-Philippe Tanguy (RN) qui demandait au gouvernement, le 11 mars 2025, des explications sur « le coût détaillé de l'ensemble des campagnes de communication faites par l'ADEME », notre glorieuse Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, il lui a été répondu que l’agence a pour but « de sensibiliser les citoyens aux enjeux environnementaux et de leur fournir des clés pour agir concrètement ». C’est pourquoi il fallait nous expliquer comment et à quelle fréquence laver notre linge. Nous expliquer, aussi, qu’il faut boire quand il fait chaud, prendre son parapluie s’il pleut, se méfier des glissades intempestives en cas de gel. Mais l’ADEME a trouvé mieux, encore, et lancé une nouvelle campagne d’ampleur. Elle s’intitule « Plante ton slip ».

Du fond de culotte à l’art biologico-contemporain

L’initiative, on s’en doute, a reçu le meilleur accueil, et ce 22 avril, l’opération, organisée par la municipalité socialiste, se déroule dans toute la ville de Nantes. La presse spécialisée ne cache pas son enthousiasme. « À Nantes, des habitants vont enfouir leurs slips sous 20 cm de terre et cela en dira beaucoup sur la qualité des sols », se réjouit Mon Jardin & Ma Maison. Plus factuel et moins lyrique, Nantes Actu explique : « Ce mercredi 22 avril 2026, dans le cadre de Biodivers’été 2026, une opération "Plante ton slip" est organisée au parc potager de la Crapaudine à Nantes. »

Il s’agit d’une « opération pédagogique » dont on ne saurait contester le bien-fondé. « Le principe est simple : enterrer un slip en coton dans le sol, puis l’observer quelques semaines plus tard. Plus le textile est dégradé, plus la vie du sol avec les micro-organismes (bactéries et champignons) est active », dit la ville. On ne précise pas, toutefois, si le slip doit passer à la machine avant l’enterrement…

Conduits par l’ambassade de la biodiversité urbaine, les volontaires donneurs de culotte en coton vont donc planter leurs slips dans les parcs de la ville. Ces précieux fonds de culotte vont rester sous terre jusqu’au 24 juin, jour où ils seront exhumés en grande pompe puis scrutés à la loupe avant de finir dans une magnifique exposition d’art biologico-contemporain : « En septembre, l’ensemble des slips participants sera exposé au parc du Grand Blottereau, à Nantes. » On s’impatiente déjà. « Ce temps de restitution permettra de valoriser les résultats de l’expérimentation et de récompenser les participants engagés dans la démarche », précise la ville.

Pourquoi un slip ?

Qu’on se rassure, si l’on n’habite pas Nantes, on peut toujours faire l’expérience chez soi, nous dit Mon Jardin & Ma Maison. Tout d’abord, « on choisit un slip 100 % coton, de préférence blanc, parce qu’il se voit bien et se décompose vite », explique Morgane Maitrejean, chargée de mission agro-environnement à l’agence de l’eau. La suite est simple, elle consiste à repérer une zone de sol ni gelé ni détrempé, enterrer le slip à 15 ou 20 centimètres, bien à plat. Ne pas oublier de marquer précisément l’emplacement pour le retrouver, puis le laisser en place pendant deux à trois mois sans y toucher. Enfin, le déterrer délicatement, rincer grossièrement et faire sécher. Alors, il faudra observer les trous, les fils restants, et prendre une photo.

Reste une question : pourquoi un slip ? Quelle est la nécessité d’enfouir une culotte plutôt qu’un simple morceau de tissu, un bout de torchon ou de drap usagé ? Mystère non élucidé. Pourtant, des crânes éminents ont dû étudier la chose, puisque « chaque campagne est soumise à l'agrément du Service d'information du Gouvernement (SIG) et fait l'objet d'une évaluation rigoureuse et systématique afin d'en mesurer l'efficacité et d'orienter les décisions de reconduction », avait répondu le gouvernement à la question de Jean-Philippe Tanguy.

L’ADEME, une entreprise d’infantilisation des masses

Laurent Jacobelli, autre député (Moselle) du Rassemblement national, s’est offusqué, lui aussi, lors du lancement de cette campagne inepte, en pleine discussion sur l’introuvable budget de la France. Il s’indignait : « Ce serait le moment de supprimer l’ADEME pour faire des milliards d’économies. » « Il est inacceptable qu’on utilise l’impôt des Français pour de telles choses ridicules et idéologiques. L’idée est de planter son slip pour voir quelle est la faune qui s’y colle. Quand on en est arrivé à ce niveau de dinguerie, il faut dire stop ! »

Régulièrement dénoncée, l’ADEME est en effet l’archétype de ces agences au coût ruineux dont le seul but est d’infantiliser les masses. Comme le rappelait Jean-Philippe Tanguy, l'ADEME disposait d'un budget de 4,3 milliards d'euros pour l'année 2023, tout en bénéficiant d'une progression de 20 % de ses effectifs en six ans.

Le site officiel de cette agence, détenue à 100 % par l’État – donc totalement financée par nos impôts –, annonce un effectif de plus de 1.000 salariés répartis sur les trois sites d’Angers, Paris et Valbonne, auxquels sont adjointes 17 directions régionales (dont 4 en outre-mer). Quant au détail des sommes allouées, on en retient, in fine, que « le plan France 2030 alloue vers l’ADEME un budget de 8,4 Mds d’€ pour une durée de 5 ans ». Payé, là encore, intégralement par vos impôts. Plus un lot de petites culottes à planter dans votre jardin…

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

50 commentaires

  1. L’ADEME à oublié de préciser si on doit ou pas orienter les slips vers la Mecque (l’ADEME est-elle islamophobe?).

  2. Il est à souhaiter que ces slips soient propres et n’aient pas le « jaune »devant et le « marron » derrière, remarquez il y a peut-être certaines personnes qui ont besoin de ça pour les enfiler dans le bon sens. Initiative plutôt crasse.

  3. Afin d’obtenir des résultats hautement probants à cette opération scientifique, la plantation des slips de marque « Petit Bateau » est vivement recommandée. Cela d’autant plus si elle est accompagnée de la chansonnette qui lui revient. En effet, tout le monde sait que : « Maman les p’tits bateaux ont-ils des jambes ? Mais oui mon grand bêta, s’ils n’en avaient pas, ils ne marcheraient pas ! »

  4. Cela pourrait passer pour un gag de 1er avril et présenté au grand public par une agence gouvernementale est inefficace et inepte .
    Cependant en agronomie , lorsqu’on cherche à connaître la valeur biologique d’un sol c’est une méthode efficace et pédagogique dans le cadre d’une analyse de groupe local qui réserve parfois bien des surprises .
    Plutôt que de ricaner sur le slip du Père Machin prenez donc un « marcel » et tentez l’expérience…

  5. Est ce que le slip à planté doit être propre au départ ? Ce serait dommage qu’il faille le laver avant, car ça gâcherait de l’eau.

  6. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais pas pensé que l’on soit descendu aussi bas ! Si ces gens là ont fait des études, c’est dire que notre système d’éducation a périclité depuis longtemps.

  7. Déficit de l agglomération de aix-marseille (-) 120 millions. Dont 30 millions de communication. Déficit de la France 100 milliard dont combien en communication style plante ton slip?

  8. En attendant la récolte, dans quel état se promenent les nantais ? Attention aux agressions contre les culs nus.

  9. Dans le même style d’agence inutile , l’afd qui rénove des palais en éthiopie.
    La Dilcrah et la CNCDH qui pondent un rapport par an sur le racisme ou l’égalité homme femme.
    Agence qui font double emploi avec la secrétaire d’État a l’égalité homme femme.

  10. Jusqu’à présent a Nantes ce sont des  » mineurs isoles » qui plantaient dans les jardins publics..mais c’est une autre histoire!

  11. Punaise, je me suis d’abord dit : « BV a du retard, les poissons d’avril, c’était il y a trois semaines » !…

  12. Faut-il enterrer le slip à la pleine lune? Faut-il l’arroser et si oui à quelle fréquence ? Nos experts de l’ADEME ont-ils pris en compte la nature du sol ( basique, acide, et..) et l’exposition du terrain ? Une approche réellement scientifique se doit d’intégrer tous ces critères.

  13. J’aimerais bien savoir combien de têtes de piaf, et à quel coût, il a fallu à l’ADEME et au SIG pour nous sortir une telle campagne. On craque des sommes folles pour ces campagnes sensées nous apprendre à vivre et qu’absolument personne ne regarde, parce qu’on en a tout simplement marre qu’on nous prenne pour des c***.

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