Les parents d’élèves étaient ravis d’apprendre que le aurait lieu le 11 mai. Leur progéniture est sans doute adorable, mais l’école à la maison n’est guère compatible avec le télétravail. Patatras ! Le retour à l’école apparaît bien compliqué. Une véritable usine à gaz a été montée par le gouvernement, l’administration, voire les établissements eux-mêmes, qui réduit à néant l’espoir de reprendre une vie professionnelle normale.

En vertu du sacro-saint principe de précaution, la réunion des élèves dans un lieu clos doit en effet répondre à des critères très stricts : non seulement les « mesures barrières » et l’usage, ici du masque, partout du gel hydroalcoolique, sont obligatoires, mais surtout, pour respecter la surface de 4 m² par élève, les effectifs sont limités à 15 enfants par classe, et 10 en maternelle. Résultat : puisqu’il est impossible d’accueillir tout le monde, la classe n’aura lieu qu’un jour sur deux. Sans compter les « droits de retrait » inspirés par des syndicats irresponsables et l’absence de reprise des cours au collège et au lycée.

Pourtant, de nombreux parents, téléspectateurs attentifs, adorateurs de Sibeth Ndiaye, ou simplement atteints par la psychose ambiante, ont fait le choix de ne pas remettre en classe leurs chères têtes blondes. Ils pourront bénéficier du chômage partiel. Certains enfants resteront dans les jupes de leurs mères. C’est donc moins de la moitié des enfants qui sont concernés. Sur un effectif de 30 élèves par classe, cela pourrait passer, quitte à adapter la réglementation lorsque le dépassement est mineur… C’est là faire preuve d’une grande naïveté ! Les directeurs d’établissement pressentent bien qu’en cas de problème, leur responsabilité pourrait être engagée et s’en tiennent donc aux consignes données.

On peut s’étonner de leur sévérité : nos enfants se sont bien souvent largement déconfinés depuis deux mois. Nombre d’entre eux ont joué avec les petits voisins, d’abord au-dessus de la clôture, puis les uns chez les autres. Les rues se sont progressivement emplies de bambins à vélo, pas loin de la maison, qui rencontraient leurs congénères. Les adultes, qui sont sortis eux aussi, ont potentiellement contaminé leur descendance. Et, dans certains quartiers, la notion de confinement est passé inaperçue. Quant à imaginer que nos gosses vont respecter la distance d’un mètre dans la cour de récréation, cela relève de l’idée d’un obscur fonctionnaire. En rentrant de l’école, qui obligera ces enfants à tenir leurs distances d’avec les copains ?

Tout ceci serait risible si cela n’avait de sérieuses conséquences en termes d’activité économique. Ces prescriptions bureaucratiques vont empêcher de nombreux salariés de reprendre leur travail, faute de dispositif de garde. L’école un jour sur deux pour les primaires, moins encore pour les maternelles, ce sont autant de pères et mères de famille qui ne travailleront pas. Autant d’entreprises incapables de reprendre un rythme normal. Et donc de remettre en marche une activité paralysée. C’est littéralement catastrophique.

Mais ce n’est pas terminé. En juillet, que se passera-t-il ? Si les camps, colonies, centres aérés et autres stages sportifs et activités diverses restent interdits, qui gardera les enfants et dans quelles conditions ? Tout le monde n’habite pas dans une ferme aux couleurs des albums de Pierre Probst. En ville, et sans le secours des grands-parents terrés chez eux, c’est ingérable.
Le retour au réel n’est pas pour demain. Et pour les directeurs, le casse-tête imposé mérite un grand coup de chapeau !

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