Editoriaux - Politique - 24 mai 2019

Macron est clairement le pire adversaire de la droite !

Le discours ambigu du « en même temps », la présence de quelques carriéristes issus des Républicains, ambitieux mais dénués de conviction, ont pu tromper certains d’entre eux : les faits sont là. Macron se situe dans une position politique qu’il est facile d’identifier, même si elle ne correspond pas au paysage français habituel, pour une raison simple : Macron se situe dans une perspective mondialiste, celle de la caste à laquelle il appartient, pour laquelle l’enracinement, le local, sont des figures du passé.

Les trois priorités de la droite sont la nation, l’efficacité économique et la conservation des valeurs traditionnelles telles que la famille. Macron n’appartient à aucune de ces trois familles parce qu’il est plus proche de la gauche américaine que d’aucune des droites françaises.

Son aversion pour la famille et plus généralement pour la transmission des valeurs l’éloigne évidemment du conservatisme, même s’il s’est évertué à brouiller les pistes en allant à Orléans pour les Fêtes johanniques ou au Puy du Fou pour rencontrer Philippe de Villiers. Son inclination personnelle est à l’opposé : elle se perçoit dans sa vie, comme dans ses discours ou ses actes. Derrière le symbole de l’alliance, son couple est sans doute le plus étonnant des couples présidentiels, pour ne pas dire le plus transgressif. Sa passivité complice dans la tentative d’euthanasie de Vincent Lambert a résonné comme un aveu. Le Président a prétendu qu’il ne lui appartenait pas de suspendre une décision médicale conforme à la loi et a noyé sa réponse dans le brouillard « en même temps » du combat pour la vie et du respect de la mort. Pourtant, le 3 mai, le CDPH avait demandé à la France qui en est membre de suspendre la fin des soins. Le chef de l’État pouvait, et devait, imposer que cette demande soit respectée.

Macron n’est pas, non plus, bonapartiste, en dehors de son goût pour la proximité du tombeau de l’Empereur. Ce dernier voulait donner l’Europe à la France. Macron veut dissoudre la France dans l’Europe. Sa désinvolture à l’égard de l’armée et de ses chefs, son mépris constant du peuple des « Gaulois réfractaires », jugés inférieurs aux luthériens dont Max Weber nous a appris qu’ils avaient davantage l’esprit du capitalisme, ses propos scandaleux à l’encontre de la France en Algérie, sa réhabilitation du traître Maurice Audin et sa commémoration narcissique et peu militaire de la Grande Guerre, lors de son centenaire, sont autant de faits qui démentent un prétendu patriotisme. Les titres de séjour accordés en 2018 sont en hausse de 3,3 % sur l’année précédente, qui avait établi un record depuis 43 ans, à 260.000 ! Curieux patriote qui efface la France dans l’Histoire, dans le monde et dans l’Europe !

Reste donc le « libéral » ? Il ne l’est nullement dans la tradition française, de Montesquieu à Aron en passant par Tocqueville. Il l’est à la manière américaine, acceptant évidemment le capitalisme, mais développant en même temps le progressisme sociétal, et notamment la promotion des minorités et le renversement des valeurs traditionnelles. La gauche américaine n’est pas la droite française, même si le mot « libéral » est associé aux deux. Le « politiquement correct » de la première tue la liberté d’expression chère à la seconde. La seule touche française réside dans la tendance social-démocrate du Président français qui ne baisse pas la dépense publique, ni le nombre des fonctionnaires, et massacre les classes moyennes. Hyperlibéralisme en haut, et social-démocratie en bas, telle est la recette du macronisme qui supprime l’ISF mais ne baisse pas les prélèvements obligatoires, qui favorise la vente des entreprises stratégiques françaises et l’immigration destinée à freiner la hausse des salaires mais complexifie la redistribution des revenus.

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