Philippine : deux ans après, qu’est-ce qui a changé ?
Deux ans après le drame, son prénom reste dans toutes les mémoires. Le 21 septembre 2024, le corps de Philippine Le Noir de Carlan était découvert dans le bois de Boulogne, à proximité de l’université Paris-Dauphine où elle étudiait. La veille, la jeune fille y avait croisé la route de Taha Oualidat, un Marocain de 22 ans condamné auparavant à sept ans de prison pour viol et visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Placé en centre de rétention administrative à sa sortie de détention, il avait finalement été remis en liberté par un juge, quelques semaines avant le meurtre…
Où en est l’affaire ?
Un an après la mort de Philippine, sa mère Blandine était apparue dans l’émission Face à l’info sur CNews. Elle s’était alors montrée admirablement digne et sincère, mais non moins combative. Car si le suspect est toujours en détention, en vue d’un procès envisagé au second semestre 2027, les proches de Philippine continuent de demander des comptes sur le parcours administratif et judiciaire de Taha Oualidat. L’avocate de la famille dénonce « une succession de négligences, de fautes, de dysfonctionnements » et affirme que « la gestion de la mise en œuvre de l’obligation de quitter le territoire français n’est qu’amateurisme ». En effet, l’OQTF n’avait été notifiée que le 18 juin 2024, soit deux jours après la sortie de prison du suspect. La demande de laissez-passer consulaire avait ensuite été adressée à une autorité marocaine incompétente, retardant la procédure d’environ un mois.
EXCLUSIF - «Sans cette succession de fautes, Philippine ne serait pas morte» : deux ans après le crime, sa famille dénonce un fiasco administratif et judiciaire
Horrifiée par le meurtre de Lyhanna, la famille de l’étudiante veut obtenir des réponses.https://t.co/zo1Wgoo7ui
— Le Figaro (@Le_Figaro) July 1, 2026
Par ailleurs, on a aussi appris que la quatrième prolongation de la rétention administrative du clandestin avait été refusée le 3 septembre 2024. Deux jours plus tard, les autorités marocaines reconnaissaient la nationalité du suspect. Pour Me Le Roy, « il était possible de prolonger la rétention administrative de 15 jours et cela aurait suffi à sauver Philippine »…
La « loi Philippine » et la réalité du terrain
Dès septembre 2024, Bruno Retailleau, tout juste nommé ministre de l’Intérieur, déclarait au JDD vouloir « renverser la table en mémoire de Philippine ». Son action s’est traduite par une hausse des expulsions : entre octobre 2024 et juillet 2025, les éloignements forcés ont progressé de 19 % et les éloignements aidés de 8 %. 167 vols groupés ont été organisés sur la période.
Surtout, la loi dite « Philippine » a finalement été adoptée en juin 2026, après avoir été censurée dans un premier temps par le Conseil constitutionnel. Elle permet notamment, dans certains cas concernant des étrangers sous OQTF déjà condamnés, de prolonger la rétention administrative jusqu’à 210 jours, au lieu de 90.
Loi "Philippine" définitivement adoptée : la politique des petits pas- Par @SevilliaYves
Toute mesure d'éloignement consiste en une "déportation" ne cesse de dénoncer LFI, favorable à la régularisation des OQTF.
https://t.co/pGWDW3xcHn pic.twitter.com/q3QfjTcmd9— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) June 17, 2026
En attendant les effets de cette loi, les drames se succèdent et continuent de rappeler les difficultés d’exécution des mesures d’éloignement. Récemment, à Puteaux, un Soudanais sous OQTF a été mis en examen après la mort d’un Français de 31 ans, retrouvé grièvement blessé. À Marseille, en août, un homme visé par une OQTF a été accusé d’avoir attaqué son ex-compagne au cutter devant leurs cinq enfants. À Mulhouse, en février 2025, un Algérien sous OQTF a tué un homme de 69 ans et blessé cinq autre personnes lors d'une attaque au couteau. L’ensauvagement du pays n’a donc rien perdu de sa virulence, en dépit des « Je condamne fermement » et autres « Je me rends immédiatement sur place » du nouveau ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. De leur côté, les Français demandent au gouvernement d’enfin passer des paroles aux actes : un sondage CSA de septembre 2025 indiquait que 86 % d’entre eux sont favorables à l’emprisonnement systématique, dans l’attente de leur expulsion, des étrangers sous OQTF auteurs de crimes et délits. Une mesure de bon sens qui aurait permis d’éviter le meurtre de Philippine.
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21 commentaires
A prendre en compte aussi l’incompétence et la mauvaise volonté du côté marocain dans l’Affaire de Philippine…. En réalité c’est à chaque fois pareil avec ces pays alors qu’il existe des moyens de pression pour les faire plier. Si notre gouvernement voulait…