Grande-Bretagne : un village vote la « sécession » pour dire non aux migrants

Le gouvernement britannique souhaite installer plus de 1 000 demandeurs d'asile à proximité d’un village de 350 âmes.
Capture d'écran BBC.
Capture d'écran BBC.

Piddington. À une lettre près, cette commune d’Angleterre située dans l'Oxfordshire avait le nom de l’ours naïf et d’une confiance aveugle en l’autre qui a fait la gloire de l’écrivain Michael Bond. Une lettre qui fait toute la différence.

Le mardi 15 septembre, les habitants de cette petite bourgade de 358 habitants ont montré qu’ils n’étaient pas comme Paddington. En réponse au projet du ministère de l'Intérieur visant à héberger jusqu'à 1.256 demandeurs d'asile de sexe masculin au centre de défense de Bicester, situé à 8 kilomètres de Piddington, le conseil paroissial du village a appelé les résidents aux urnes. Un référendum a été organisé afin de demander aux habitants de la commune s’ils souhaitent, compte tenu de cette proposition, continuer à être des citoyens de la Couronne ou faire sécession.

Un plébiscite symbolique

312 votants ont participé au scrutin, offrant à cette consultation un taux de participation exceptionnel de 86,87 %. Preuve, s’il en fallait une, que l’installation de migrants ne laisse pas indifférent et, même, qu’elle dérange. Le résultat du vote en témoigne, puisque 285 voix se sont exprimées en faveur d'une « sécession » et 26 contre. Un bulletin a été déclaré nul. Plus de 90 % des votants préfèrent ne plus être les sujets du roi Charles III que de voir débarquer des hordes de migrants à côté de chez eux.

Évidemment, ce référendum n’a pas de valeur juridique, mais comme l’a dit Tim Bearder, le président du conseil du comté d'Oxfordshire, dans l’émission Today de BBC Radio 4, « ce référendum montre à quel point [les habitants de Piddington] sont opposés à cette proposition ».

Un autre message est envoyé. Celui du ras-le-bol d’une population qui ne se sent pas écoutée par ses dirigeants et qui demande à être consultée. Le président du conseil paroissial, Tim McNally, l’a exprimé en ces termes : « Voilà un exemple de démocratie en action. » Il a ensuite ajouté : « Nous avons adressé un message au monde entier. »

Une contestation bien réelle

Le gouvernement britannique ne l’entend pas de cette oreille et a d’ores et déjà annoncé, par la voix de son ministre de la Culture, qu’il ne ferait pas machine arrière. Le rapport de force entre un petit village et l'exécutif est déséquilibré et laisse toute latitude à Downing Street pour imposer son choix. Il n’en reste pas moins que la protestation des citoyens de Piddington, aussi symbolique soit-elle, est une voix de plus qui s’élève contre l’immigration en Grande-Bretagne.

Rien qu’au cours de la première quinzaine de septembre, trois manifestations notables ont eu lieu dans les ports de Douvres et de Portsmouth pour empêcher les demandeurs d’asile de descendre des ferries. Le mouvement anti-immigration prend de l’ampleur, outre-Manche.

Il en prend aussi ailleurs en Europe, notamment en Espagne depuis l’épisode de Ceuta, autre exemple d’une mobilisation qui part de la rue pour contester des décisions nationales d’accueil de migrants prises sans consultation de la population. Le peuple sort les griffes.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/09/2026 à 23:20.

Vos commentaires

9 commentaires

  1. Il y a une trentaine d’années, dans un pays voisin, il n’était possible d’obtenir un visa d’entrée pour ses propres parents que sur présentation d’une attestation signée et certifiée par la commune concernée. Cette attestation stipulait essentiellement que les demandeurs devaient prendre en charge à 100 % l’ensemble des frais de séjour de leurs invités pendant toute la durée de leur séjour (nourriture, hébergement, frais médicaux éventuels, etc.) et surtout s’assurer que ceux-ci quittaient le pays à l’expiration de leur visa (30 jours maximum).

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Le pays s’est fragmenté dans une cohésion négative contre ce qui est Français
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois