Macron en Jet Ski™, Glucksmann dans les bras de Salamé : le bal des vanités

La Une de "Paris Match" met en scène des dirigeants en plein feuilleton estival, loin des préoccupations des Français.
Capture d'écran CNews.
Capture d'écran CNews.

Rien ne nous sera épargné. Jusqu'au bout, Emmanuel Macron poursuivra la mise en scène de sa piètre présidence. Alors que son second quinquennat touche à sa fin et que le pays traverse une période de tensions économiques, sociales et sécuritaires sans précédent, le chef de l'État s'offre une nouvelle couverture de Paris Match qui fait déjà grincer des dents. Il apparaît photographié de profil sur un scooter des mers, lunettes de soleil vissées sur le nez, cheveux impeccablement coiffés, sous un titre qui se veut viril et conquérant : « Dernier été aux commandes ». À l'intérieur, l'hebdomadaire people déroule le récit de vacances présidentielles soigneusement scénarisées. Emmanuel Macron y travaille depuis une terrasse dominant les eaux turquoise de Brégançon, entre deux séances de boxe, de course à pied et de surf foil. Un portrait qui cherche manifestement à présenter un Président sportif, énergique et pleinement maître de la situation.

Cette mise en scène ahurissante n’a pas tardé à faire réagir. Olivier Faure a dénoncé un Président qui « s'amuse en Jet Ski™ » alors que « la France brûle » et qu'une partie des Français n'a même pas pu partir en vacances. Alexis Corbière fustige la « mégalomanie absolue du personnage », pointant les muscles mis en valeur, les lunettes noires et un scooter des mers jugé « hyperpolluant ». Quant au sénateur communiste Pierre Ouzoulias, il juge l'ensemble « indécent », estimant qu'après les incendies de l'été, le chef de l'État aurait davantage eu sa place « dans un camion de pompiers ». Comme quoi il arrive aussi aux hommes politiques de gauche de tenir des propos sensés.

Léa Salamé et Raphaël Glucksmann, le roman-photo de trop

Ces différents représentants de gauche se sont montrés, en revanche, beaucoup moins critiques envers l’autre photo occupant la même une de Paris Match. En bas, à gauche, de la couverture, on découvre en effet un cliché de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann embrassant Léa Salamé dans les eaux transparentes d'une plage corse. Le titre annonce la couleur : « Plus amoureux que jamais... l'heure des grandes décisions ». À l'intérieur, huit pages d'un roman-photo à la gloire du couple préféré du « marais » de centre gauche. Les légendes rivalisent de mièvrerie : « Le temps d'un baiser, le débatteur et l'intervieweuse se réduisent tendrement au silence », « Il la retient dans le courant mais pour se préparer au gros temps politique, il peut compter sur elle, son meilleur coach » ou encore « Fou rire après une glissade sur les galets ».

Le magazine a bien tenté de donner une dimension dramatique au récit en revenant sur le récent deepfake visant le couple - immédiatement attribué à une ingérence russe -, mais les internautes ne s’y sont pas trompés : la publication d’un tel publireportage mettant en scène l'une des principales figures de l'audiovisuel public demeure profondément problématique. « Notre future Première dame reprendra la présentation du 20 Heures du service public le 24 août ! », a ainsi ironisé un utilisateur du réseau social X. « Ça fonctionne encore, ce genre de combine pour devenir Président ? », s'interroge un autre. « Combien ça nous a coûté, cette piteuse mise en scène socialiste ? », demande un troisième.

Une vieille tradition de la politique spectacle

Ce genre de « paparazzades » s’inscrit, hélas, dans une longue tradition. Ces dernières années, Emmanuel Macron avait déjà accepté plusieurs reportages photographiques à Brégançon, soigneusement orchestrés pour mettre en valeur son image. Avant lui, Nicolas Sarkozy avait largement cultivé cette proximité avec les magazines people, transformant parfois sa vie privée en feuilleton médiatique. Jordan Bardella lui-même est apparu en une de Paris Match, en avril dernier, avec sa nouvelle compagne, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Une couverture qui lui avait valu les sarcasmes de la gauche, laquelle y voyait une opération de communication destinée à « glamouriser » le président du RN… Le fond de la question n'est donc pas qu'un responsable politique accepte de poser pour les photographes. C'est plutôt le degré de complaisance de certains reportages et le niveau de déconnexion entre le papier glacé et le vécu des Français. Pendant que le peuple s'inquiète du pouvoir d'achat, de l'insécurité ou de l'avenir du pays, les unes de Paris Match dévoilent le monde parallèle de nos élus, entre baisers au coucher du soleil, séances de Jet Ski™ et fous rires sur les galets. Peut-être ceux qui participent à ces opérations de communication devraient-ils s'interroger sur la distance qui s'est progressivement creusée entre eux et une grande partie des Français.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

129 commentaires

  1. Il y a du remous dans la vagues mais pas que… quand au scootériste des mers , a t-il son permis bateau pour utiliser cet engin , et navigue t-il dans des zones autorisées , respecte t-il les limitations de vitesse , certes la police maritime verbalise les contrevenants et avec raison mais ce « goëland » (plutôt Labbe parasite n’en a cure.

    • Le rédacteur en chef et journaliste Jacques Schuster DÉTRUIT Macron dans WELT : « L’Histoire ne se souviendra de Macron que comme du parfum d’un mouchoir de poche » « Par d’innombrables maladresses et erreurs empreintes d’arrogance, le président français s’est placé dans une situation que même le faste baroque habituel de l’Élysée ne peut plus masquer. La France est presque insolvable et Emmanuel Macron est à peine encore capable de conclure des accords politiques durables. Macron, ce Narcisse à la bouche d’or, peut parcourir le monde et incarner la grandeur française. Mais il ne joue même plus, aujourd’hui, en Europe, le rôle qui sied à la Cinquième République. » « Pour l’Allemagne, dans la situation actuelle, c’est une tragédie. Paris n’est ni en mesure de se réarmer, ni un partenaire sur lequel on peut compter. Aujourd’hui, on paie le fait qu’Angela Merkel et Olaf Scholz ont refusé depuis 2017 la poignée de main que leur tendait alors un président encore fort. Aujourd’hui, il ne mise plus que sur les eurobonds, c’est-à-dire un endettement européen commun, pour trouver des ressources financières, et sur un protectionnisme strict. Son offre de placer les Allemands sous le parapluie nucléaire français est honorable, mais elle aussi a été lancée en vain. Son mandat s’achève en 2027. L’Histoire ne se souviendra de Macron que comme du parfum d’une pochette de costume/mouchoir de poche

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