À Soissons, une nécropole antique livre le secret de ses tombes

De nouvelles sépultures ont été découvertes sur ce site ancien qui compte déjà près de 300 tombes.
Capture d'écran RMC Découverte
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À Soissons, l’archéologie révèle chaque jour un peu plus les contours d’une cité antique dont l’importance dépasse largement les vestiges encore visibles. Fondée à l’époque augustéenne, la ville, alors appelée Augusta Suessionum, s’étendait, à son apogée, sur environ 120 hectares. À l’écart de l’agglomération, sur la butte Saint-Jean, les habitants avaient alors installé un vaste espace consacré aux morts. De nouvelles fouilles archéologiques, menées en février 2026 par l’INRAP, ont permis d’en explorer la bordure occidentale et, surtout, de continuer à mieux comprendre les pratiques funéraires des premiers habitants de Soissons.

Une nécropole connue depuis le XIXe siècle

La nécropole de la butte Saint-Jean n’est pas une découverte récente. Son existence est attestée par des découvertes réalisées dès le début du XIXe siècle. Les recherches successives ont ensuite permis de comprendre que ces découvertes isolées appartenaient à un vaste ensemble funéraire installé au sud-ouest de la ville romaine. En 2006, un diagnostic archéologique a confirmé la présence de sépultures et de bûchers funéraires. Les archéologues observaient alors une concentration importante des tombes, certaines étant regroupées sur seulement 80 m². Ces découvertes confirmaient définitivement l’existence d’une vaste nécropole antique, dont une grande partie avait malheureusement été détruite par les importants terrassements militaires réalisés aux XVIe, XIXe et XXe siècles. Une fouille menée en 2008 sur environ 1.200 m² avait ensuite permis d’étudier plus précisément une partie de cette nécropole. Elle avait ainsi livré près de 300 structures funéraires, comprenant notamment 148 tombes d’enfants décédés en bas âge. Ces découvertes avaient déjà révélé la diversité des pratiques funéraires employées à Soissons durant l’Antiquité.

Ce que les fouilles de 2026 apportent

L’opération conduite par l’INRAP en février 2026 présentait un intérêt particulier, puisqu’elle avait pour but d’étudier la bordure occidentale de la nécropole et d’en connaître les limites. Six sépultures ont été alors mises au jour : trois appartenaient à des adultes, dont deux femmes, tandis que le sexe du troisième individu n’a pu être déterminé, et trois autres concernaient de très jeunes individus. Parmi eux se trouvaient un nourrisson âgé de moins de six mois, un fœtus âgé de 36 à 40 semaines et un autre individu périnatal.

La présence de très jeunes défunts n’est pas anodine, dans cette nécropole. Elle rappelle la place particulière accordée aux nouveau-nés dans la société antique, mais aussi la diversité des manières dont leurs corps pouvaient être déposés. Les deux premiers enfants ont été inhumés dans des fosses proches l’une de l’autre. Le premier avait été recouvert de fragments d’amphores et accompagné d’une pierre en grès, matériau notamment utilisé pour la fabrication de certains sarcophages. Le second avait été installé entre deux tuiles formant un cercueil, avant d’être lui aussi recouvert de fragments d’amphores brisées.

Ce type d’inhumation, associant des tuiles et des fragments d’amphores pour protéger la dépouille, constitue une découverte particulièrement intéressante. Il n’avait encore jamais été observé dans le nord de la Gaule, même si des pratiques comparables sont connues sur plusieurs sites du centre et du sud de la Gaule. Des datations au carbone 14 ont par ailleurs permis d’attribuer ces différentes sépultures au courant du Ier siècle après Jésus-Christ.

Des traces de crémations

Les inhumations ne constituent toutefois qu’une partie des vestiges découverts lors de cette opération. Un ensemble de quatre fosses contenant des rejets issus de crémations et probablement du curage de bûchers funéraires a également été documenté. Ces structures témoignent d’une autre pratique funéraire largement répandue dans le monde romain : le corps du défunt était brûlé sur un bûcher avant que les restes osseux et les éléments associés à la cérémonie ne soient déplacés ou déposés dans une sépulture. Certaines de ces fosses ont aussi livré des fragments d’amphores ainsi que plusieurs objets métalliques, notamment des fibules et des clous de chaussures. Tout ou une partie de ces objets portent les traces du passage dans le feu.

Ces nouvelles fouilles ne bouleversent alors pas nos connaissances sur ce cimetière ; elles viennent en préciser les usages et la chronologie. L’opération de 2026 apporte ainsi une nouvelle pièce au puzzle funéraire de la nécropole de l’antique Augusta Suessionum.

Picture of Eric de Mascureau
Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

16 commentaires

      • Intelligent, car d’essence socialiste. Car il est connu que ces gens-là ne pensent qu’au fric.

    • Quel mépris pour ceux qui ont vécu avant nous , si vous n’aimez pas l’histoire , n’en dégoutez pas les autres
      En tous cas plus utile que l’ADEME qui nous dit qu’on doit prendre une douche et pas tous les jours , en 5 minutes et changer de slip une fois par semaine, franchement entre les deux mon choix est fait

      • Serges, ah on tient un grand comique là
        Sachez que je ne suis pas mais alors pas du tout les préconisations infantiles de l’ADEME et que pour moi l’hygiène est importante, une douche c’est au moins 20 minutes (non pas taper) et je me change tous les jours , ça répond à votre question

      • Par contre les choses vraiment inutiles qui n’apportent vraiment rien, on entend pas grand monde
        Et c

      • Suite, et changer les vitraux de ND en très bon état et ça couter une blinde pour des machins monstrueux, j’aimerais avoir votre avis sur la question ?

    • Quand on vous lit, je confirme ….apparemment rien ne vous intéresse , vous crachez sur la religion surtout la nôtre, les cloches vous agacent et ce qui ne rien ne change chez vous c’est que vous êtes toujours opposé à tout, si l’histoire ne vous concerne pas, et bien lisez pif gadget

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