L’ONG Sea-Watch soupçonnée de collusion entre passeurs et migrants
Une vidéo inédite, filmée par un drone de l’agence européenne Frontex et révélée par nos confrères du Figaro, relance un débat sur les politiques migratoires européennes. En effet, certaines opérations dites de « sauvetage » ne favoriseraient-elles pas les réseaux de passeurs ? La question se pose, au vu des vidéos fournies par l’agence Frontex. « Ce que l'on voit sur ces vidéos, c'est un comportement suspect étayé par tout un faisceau d'indices qui laisse penser qu'il s'agit non pas d'une opération de sauvetage réalisée par cette ONG, mais d'un rendez-vous qui a été arrangé avec les passeurs pour que l'ONG aille chercher des migrants à un "point de livraison" », analyse Fabrice Leggeri, eurodéputé RN et ancien directeur de Frontex, contacté par BV.
Les images dévoilées montrent un navire de l’ONG allemande Sea-Watch qui récupère des migrants en Méditerranée. On le voit rejoindre une embarcation de migrants au large des côtes libyennes. Réalisée en mai dernier, l’opération en question fait aujourd’hui l’objet d’investigations de la part des autorités italiennes. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si cette intervention relève d’un sauvetage conforme au droit maritime ou bien si certains éléments pourraient laisser penser à une coordination préalable entre l’ONG et les filières de trafic de migrants. Pour l’heure, aucune conclusion judiciaire n’a encore été rendue, mais la sphère politique s’agite. « Là, il ne s'agissait pas d'un cas qui nécessitait un secours en mer. Il s'agit au contraire, d'après ce qu'on voit sur les vidéos, de bateaux grands et en bon état de fonctionnement », argue Fabrice Leggeri.
Pendant des années et aujourd’hui encore, on m’a accusé parce que je dénonçais ce que @Frontex observait sur le terrain.
Pourtant, nos drones et nos avions constataient déjà des comportements troublants. Contacts de certaines ONG avec les passeurs, coordonnées GPS diffusées,… https://t.co/VfftrMAhQo
— Fabrice Leggeri (@FabriceLeggeri) July 16, 2026
À ce sujet — [Tribune] L’Union européenne passoire : comment Frontex devient une agence d’assistance aux migrants
Une polémique qui ne date pas d’hier
Cette affaire ravive une polémique ancienne. En effet, depuis la crise migratoire de 2015, de nombreux responsables politiques européens dénoncent ce qu’ils qualifient d’« appel d’air » provoqué par les navires humanitaires opérant à proximité des eaux territoriales libyennes. De fait, les passeurs intégreraient la présence des ONG dans leur modèle économique. De leur côté, les ONG réfutent catégoriquement toute complicité avec ces réseaux. Elles expliquent intervenir uniquement pour porter assistance à des migrants en détresse, conformément au droit maritime international. Elles ont également coutume d’insister sur l’absence de moyens européens de secours qui rendrait, selon elles, leur présence indispensable pour éviter des milliers de morts noyés.
A contrario, Fabrice Leggeri estime que certaines associations ont progressivement cherché à faire évoluer le cadre juridique européen. « Il y a eu, en France et au niveau européen, une campagne de la part des ONG qui disaient qu'il fallait "décriminaliser la solidarité". » Et de poursuivre : « Leur mot d'ordre, c'est "décriminaliser la solidarité", parce qu'ils vous disent qu’il existe un délit de solidarité et qu’ils aident des gens à franchir la mer. Ils considèrent que c'est juste de la solidarité avec des gens humains. » Il insiste, également, sur l’idéologie des ONG pro-migrantes qui a gangrené les institutions nationales et européennes. « Cette idéologie des ONG pro-migrantes a contaminé non seulement le droit européen mais, je le crains, aussi le droit national en France. Et donc, ce qu'il faut, c'est rétablir la notion qu'aider activement quelqu'un à franchir illégalement les frontières extérieures de l'Union européenne est un délit. »
Une enquête qui pourrait faire date
Selon l'ancien directeur de Frontex, certaines ONG surveilleraient de façon étroite les mouvements des autorités maritimes. « Ils savent qu'il y a des ONG qui espionnent des garde-côtes italiens dans cette zone et qui espionnent Frontex pour savoir où ils sont. Donc ils ont des modus operandi pour ne pas se faire voir. » Avant de poursuivre : « Ils les espionnent soit pour ne pas se faire prendre la main dans le sac, comme apparemment ça semble avoir été le cas ici, soit pour savoir s'ils peuvent ou non déclencher des SOS avec une chance de voir des bateaux de garde-côtes italiens [...] Moi, je vois ça comme unmodus operandi dans lequel certaines ONG ont des rendez-vous arrangés pour aller réceptionner une livraison. Voilà, c'est de la complicité. Et ensuite, l'ONG observe la mer et les airs [...] afin de se rapprocher de la limite et d’aller en chercher d'autres. » Les images révélées par Le Figaro pourraient ainsi apporter de nouveaux éléments à ce dossier brûlant.
Enfin, Fabrice Leggeri insiste sur les conséquences politiques qui devraient être immédiates : « Il faut arrêter de financer ces ONG. Il faut les mettre sur une liste noire. » Avant de conclure, de façon caustique : « Il faut arrêter de leur dérouler le tapis rouge dans les institutions européennes ou dans les forums consultatifs divers et variés qui existent autant au niveau européen qu'au niveau national. »
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































49 commentaires
Leggeri a raison. Celà fait 20ans qu’on le sait…. On oublie même que l’armée française a facilité la tache des passeurs en allant tuer Khadafi à la demande de Sarkozy et Levy
J’ éprouve une pitié infinie pour ces réfugiés qui, venant de pays tels le Cameroun -pays où j’ai vécu longtemps et où bien des gens gagnent 1,5 euros par jour, survivent à un odyssée en le finançant avec à peine de 5000 à 8000 euros sortis de leurs maigres économies :-) .
Abominable foutage de tronche !
Je ne trouve pas cette comparaison particulièrement convaincante. Dans le pays en question, le logement et les différentes assurances – pour ne citer que celles-là – ne coûtent pas la même chose qu’en France. De plus, je suis désolé, mais il y a suffisamment de Français dont les « maigres économies » sont inférieures aux 8 000 euros mentionnés. On a d’ailleurs du mal à comprendre comment ils peuvent réunir de telles sommes pour un simple « voyage ». Au vu du nombre d’immigrés (si l’on considère l’Europe dans son ensemble), je ne crois pas qu’ils vivent mieux à la longue, surtout dans nos sociétés qui regorgent de tentations « faciles » et qui leur témoignent si peu de bienveillance. En bref : une comparaison difficile.
Des gens qui rentrent tranquillement de leurs vacances au soleil.