Le chanteur Dominique A invente « le quart d’heure bolloréen »
Il ne faut plus parler de « quart d’heure warholien », pour ces quinze minutes de célébrité qui peuvent vous sortir de l’anonymat, mais bien de « quart d’heure bolloréen ». C’est ce qu’a compris le dénommé Dominique A en déclarant : « Je ne jouerai plus à l’Olympia ni au Casino de Paris, tant que cela appartiendra à Bolloré. »
Avouons-le : nous ignorions, jusqu’ici, totalement l’existence de Dominique A. Renseignement pris, c’est un chanteur français qui, à 57 ans, aimerait sans doute connaître enfin la gloire. Hélas pour lui, il n’a pas les atouts d’une Aya Nakamura ni d’un Booba ou d’un Jul. Alors, il lui est venu une idée : boycotter l’Olympia, le Casino de Paris, à quoi il vient d’ajouter les Folies Bergère et les boutiques Relay qui, tous, appartiennent à Vincent Bolloré via les groupes Canal+ et Lagardère. Un acte d’héroïsme salué comme il convient par les médias qui comptent.
« No more Bollorelay »
À la recherche de Dominique A - il faut toujours se cultiver -, on apprend, sur sa page Instagram, qu’il a mis en musique le spectacle « Libé s’la raconte » au festival « Les 24h de Libé ». On s’en veut d’avoir raté ça. En revanche, on ne peut rater ce qui trône au milieu de sa page en lettres capitales : « No more Bollorelay ».
C’est apparu le mardi 28 avril et, depuis, la France retient son souffle. « No more Bollorelay », plus jamais ça. Les fans sont en larmes, sur le boulevard des Capucines. Les caissières des Points Relay sont en grève dans les aéroports et dans les gares. France Inter passe l’info en continu, Le Monde et Libé bousculent la une… Jusqu’à Télérama, phare prescripteur de la vie culturelle, qui est allé à sa rencontre.
Avec sagacité, le journaliste lui demande : « Qu’est-ce qui a motivé cette prise de position publique ? » La maladie couvait depuis longtemps, mais c’est l’affaire Grasset qui a crevé l’abcès. Surtout les propos de Vincent Bolloré dans Le Journal du dimanche où le milliardaire « véhicule ce cliché des artistes, privilégiés, coupés des réalités du pays et des souffrances des Français ».
Vincent Bolloré et ses semblables sont « des rentiers de la désespérance », nous dit-il, « ils entretiennent les divisions et une vision de la société sans joie, sans poésie ». Lui aussi désespéré sans doute, Dominique A y décèle « quelque chose de tentaculaire, face auquel (sic) subsistent un sentiment d’impuissance et un silence artistiques ». Le monsieur ne va pas bien : « Aujourd’hui, dès que l’on s’exprime, on se retrouve face à une tornade numérique complètement déstabilisante, agressive et nauséabonde. Une armada de trolls d’extrême droite. Nous sommes corsetés dans notre voix. »
L'aveu : « Reprendre à la gauche son hégémonie culturelle »
Il est sûrement bien gentil, Dominique A, et manifestement dépassé par l’ampleur de son quart d’heure bolloréen. Il voulait juste communiquer sur une démarche personnelle. « Je ne jouerai plus à l’Olympia ni au Casino de Paris, tant que cela appartiendra à M. Bolloré. Ni même aux Folies Bergère, car j’ai appris entre-temps qu’elles lui appartenaient également. Cela ne me réjouit pas forcément, mais je souhaitais donner un signe. » Et puis il faut bien dire que ça ne changera pas grand-chose à sa vie, car comme il l’avait confié à CNews : « Je ne remplis pas les Zenith, il faut être honnête ! Je joue dans des salles de 800 à 1.400 places. » Et celle de l’Olympia en compte 2.800…
Résumons : c’est grave, docteur ? Pas vraiment. Le chanteur le dit lui-même : « Je ne pense pas que cette mainmise de Bolloré sur quelques salles parisiennes ait une incidence sur le reste du pays. » Le problème, le vrai, « vient davantage de certaines politiques culturelles menées en région et qui font écho à l’idéologie bolloréenne ». Aïe aïe aïe ! C’est contagieux. C’est même sournois. La preuve : les régions qui cherchent à faire des économies rognent sur les budgets de la culture. « Le problème se situe surtout dans cette volonté de présenter les artistes comme des parasites et de ne plus miser sur la culture pour faire vivre des territoires », dit l’artiste, sans songer que c’est plutôt parce qu’elle les tue. L’idéologie épouvantable qui sous-tend tout cela, c’est de « reprendre à la gauche son hégémonie culturelle et de lui substituer une culture de droite, plus patrimoniale ».
Ce ne serait pas une mauvaise idée, en effet. Et puisque Dominique A et Télérama s’insurgent contre les coupes sombres envisagées par la région Pays de la Loire, on leur fera remarquer qu’existe, dans cette région, un lieu culturel florissant, célèbre dans le monde entier : le Puy du Fou. C’est la preuve que l’on peut sortir de cette « hégémonie culturelle », réservée sans raison à la gauche depuis plus d’un demi-siècle. Oui, il faut en finir avec ce système où la subvention compense trop fréquemment le manque d’intérêt et de talent, quand ce n’est pas tout simplement l’absence de public.
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82 commentaires
Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?
Appréciant la chanson française (Alain leprest, Yves jamet…) j’ai eu envie de découvrir ce chanteur ; je l’ai vu en concert à macon 71 : ennuyeux répétitif, peu d’expression, aussitôt vu, aussitôt oublié, qu’il se concentre sur sa prestation, plutôt que suivre la meute des conformistes et pseudo – resistants . N’est pas jean ferrat ou marc ogeret qui peut !
Je me demande si une âme charitable de son entourage ne pourrait pas lui dire de redescendre un peu sur terre, histoire de faire un arrêt au stand de l’humilité. C’est dingue, ce besoin de donner leur avis, chez les artistes, connus de la terre entière ou seulement de leur concierge ! Ils ont une fâcheuse tendance à nous gonfler pas mal, ces temps ci !
il joue dans des salles de 800 a 1400 places cela ne veut pas dire que les salles soient pleines
il doit jouer avec le balai , il est agent d entretien il nettoie la salle apres le concert
Qui c’est?
Ce n’est pas bien grave, il était totalement inconnu jusqu’à maintenant et certainement, pour notre bonheur, il le restera.
Quelle perte !!
On en a un peu marre de ces »célébrités »connues uniquement par leur famille ou leurs proches et qui osent penser que leur seule présence dans une salle de spectacle peut faire basculer convictions,certitudes ou suffrages.
PAUVRE GARÇON!
Ouf, l’olympia et le casino de Paris ont eu chaud…..
Quand l’insignifiance décide de s’afficher au grand jour. Cette envie d’exister coûte que coûte aux yeux du monde est tout simplement pathétique.