Narcotrafic, grèves, rentabilité faible : le port de Nantes Saint-Nazaire à la dérive

La Cour des comptes livre un rapport de cent pages au vitriol.
Capture écran Nantes Saint-Nazaire Port
Capture écran Nantes Saint-Nazaire Port

Infiltré par les narcotrafiquants, paralysé par des grèves quasi permanentes, miné par des politiques économiques et sociales ruineuses, le port de Nantes Saint-Nazaire vient de se faire étriller par la Cour des comptes. Son rapport d’une centaine de pages est sévère comme rarement sur la gestion globale du lieu, de 2017 à 2023. À tel point que le très sérieux site économique L’Essentiel de l’éco n’a pas hésité à titrer « Un port au bord du naufrage », feuilletant ensuite un catalogue des dysfonctionnements épais comme un Bottin™ téléphonique. De nombreux points font froid dans le dos. Situé au cœur d’une métropole nantaise fief du Parti socialiste, le port est administré par un conseil de surveillance présidé par la présidente de région, en l’occurrence Christelle Morançais, transfuge LR ayant rejoint Édouard Philippe et Horizons après avoir remplacé Bruno Retailleau à la tête des Pays de la Loire.

Bienvenue à CGT-sur-Mer

La présentation que cet établissement public fait sur son site est des plus flatteuses. On y apprend que le quatrième port français (le premier sur la façade atlantique) assure un trafic annuel de 30 millions de tonnes et génère, actuellement, quelque 28.700 emplois. L'entreprise est belle. En apparence, du moins, car la Cour des comptes n’a pas eu à gratter longtemps pour mettre à nu quelques furoncles peu ragoûtants.

Côté social, le rapport, sans citer une seule fois le nom d’une CGT pourtant toute-puissante, fait état de « blocages récurrents liés à des préavis de grèves qui couvrent la quasi-totalité de l’année et des grèves qui s’accompagnent de violences verbales et physiques ». Il note, par ailleurs, que le comité social et économique de l’entreprise, dominé lui aussi par la CGT (avec 12 sièges sur 15), « ne joue pas son rôle d’instance de dialogue social, notamment du fait du dialogue difficile entre les représentants des différentes organisations syndicales ». Un fonctionnement à la soviétique, donc, qui plombe évidemment autant l’ambiance que l’activité du port. Et abîme, aussi, les ressources humaines, puisque le rapport constate une « multiplication des mesures de création ou de revalorisation de primes » ainsi qu’un « dérapage des effectifs » : +16 % en six ans, dont les deux tiers « correspondent à des créations de poste à l’issue de négociations avec les organisations syndicales, dans le cadre de préavis de grèves ». Or, « les postes créés ne répondent souvent pas à un besoin identifié par le port et doublonnent parfois des activités existantes (surveillance) ou augmentent des effectifs dont la productivité est déjà faible (ateliers) ». Résultat : +50 % de charges de personnel en six ans.

Y a-t-il un capitaine sur le navire ?

La dictature cégétiste n’explique pourtant pas tout. La Cour des comptes n’est pas plus tendre envers la gouvernance, et pour cause. Elle dresse une liste de dysfonctionnements trop longue pour être citée ici, mais là encore, l’arbre se juge à ses fruits : le résultat d’exploitation est passé de 14,7 % du chiffre d’affaires, en 2017, à 3,4 %, en 2024, « après deux années consécutives de pertes en 2020 et 2021 ». En cause, « une augmentation excessive des charges d’exploitation », de 55,5 % en six ans, alors que celle des produits d’exploitation se limitait à 42,3 %. En résumé, si le port est sorti du déficit, sa rentabilité est aujourd’hui faible et fragile. Par ailleurs, la Cour des comptes note que la stratégie mise en place pour libérer le port de sa dépendance à des activités fluctuantes (activités pétrolières, trafic conteneurisé notamment) n’est pas pleinement convaincante. Ainsi, « le projet de quai Éole », plate-forme d'assemblage pour les éoliennes offshore, constituerait « un pari non dénué de risques sur sa capacité à devenir un acteur majeur de la future filière de l’éolien en mer ». Et le rapport s’inquiète autant des conditions de déploiement de ce projet que de sa rentabilité par la suite, constatant une faible « implication de la tutelle » (les pouvoirs publics, donc) dans la gouvernance. Décidément, l’éolien, a fortiori marin, est toujours sujet à polémiques…

Le meilleur ami des dealers

Enfin, dans sa recommandation n° 5, la Cour des comptes préconise de « mettre en œuvre un dispositif de prévention de la corruption s’inspirant des mesures et procédures prévues au II de l’article 17 de la loi du 9 décembre 2016 ». En clair, le port est de plus en plus infiltré par le narcotrafic. Les saisies importantes de cocaïne se multiplient et la corruption s'étend. Une greffière auprès d’un juge d’instruction nazairien vient d’être condamnée pour avoir renseigné un trafiquant sur un dossier le concernant. Neuf dockers auraient déjà été condamnés pour trafic de cocaïne depuis 2017. Le phénomène se développe au point que le quotidien breton Le Télégramme en a fait une série-enquête en cinq épisodes.

Entre exploits cégétistes, boulettes stratégiques et poudre nasale à la tonne, les aimables recommandations de la Cour des comptes pourraient ne pas suffire à sauver le port.

Vos commentaires

41 commentaires

  1. En raison de sa position géographique la France devrait avoir les ports les plus importants d’Europe. Pourtant, le premier port européen est Rotterdam, le deuxième Anvers et le troisième Hambourg. Dans le cadre de mon travail j’ai eu l’occasion d’aller dans ces trois ports, mais aussi ceux de Gênes, Bergen op Zoom et Marseille. La première fois que j’ai été au port de Marseille, j’ai cru que je m’étais trompé d’endroit. Si on peut comparer les autres ports à des fourmilières, le Port de Marseille fait penser à un port fantôme. C’est mort. Quand j’ai vu la manière dont les dockers « travaillaient » et avec quelle mauvaise volonté, j’ai compris pourquoi les armateurs préfèrent aller dans les autres ports européens. C’est la CGT qui fait la pluie et le beau temps dans les ports français et qui responsable de cette situation.Ils font du sabotage permanent.

  2. La France industrielle et commerciale est depuis toujours , gangrenée par l’hydre socialo communiste dont l’une des têtes la plus connue , la plus puissante est la CGT. Le milieu social et ses milliards est victime de la même gangrène .

  3. Tant que nos gouvernants noyés dans le déni total pour conserver leurs privilèges ne feront rien pour désarmer les islamo-écolo-gauchistes qui font ce qu’ils veulent partout où ils s’infiltrent.

  4. La CGT a eu la peau du port de Marseille lequel n’est plus que l’ombre de lui-même. La CGT a eu la peau du monde industriel, trop de grèves, avec les taxes exagérées et les 35 heures ce qui a poussé les décideurs à délocaliser. Et vous annoncez que la CGT aura la peau du port Nazaire/Nantes. Au constat de ces dérives, nous sommes en capacités de juger sévèrement notre système politique décadent lequel reste bras croisés, laisse faire en toutes circonstances. Macron est aux anges. La déconstruction de la France avance à grands pas.

    Nos politiques laissent faire pour se réfugier derrière leurs peurs. Peur de la rue, peur des Juges, peur que leur soit reproché une politique autoritaire, peur d’interdire. Nous retrouvons bien là le tempérament des « enfants » qui ont fait 68, ce sont bien ceux qui ont conduit la France dans les trente piteuses que nous vivons.

  5.  » Un fonctionnement à la soviétique, donc, qui plombe évidemment autant l’ambiance que l’activité du port. » S’il n’y avait que le port de Nantes. C’est toute la France qui est dans cet état, après un demi-siècle de gestion bolchevique.

    • C’est pire que le Bolchevisme où, au moins, l’état possédait le capital. La dictature du parti était semblable, sauf que le droit de grève n’existait pas. C’etait les décisions du « plan » qui étaient mauvaises ainsi que la corruption. En France, n’y a plus qu’un plan de destruction généralisée, la corruption, et l’absence de travail. Si cela ne suffit pas, Bruxelles fera quelques normes et qulques traités internationaux pour plomber le reste.

  6. les syndicats eu plus particulièrement la CGT, ont été les rois pendant les années mitterrand
    ils sont responsables de la ruine de nos grandes entreprises avec leur communisme
    ils sont plus que minoritaires depuis des années, les salriés ayant pour beaucoup ouvert les yeux sur leur nocivité
    ils n’existent que dans leurs bastions SNCF et RATP qu’ils sont, aussi, en train de complètement détruire, subventionné encore et toujours par les politiciens de gauche depuis 1981
    les syndicats doivent vivre de leurs adhérents donc plus aucune subvention à quelque syndicat que ce soit

  7. La capture d’écran est édifiante, dans le port il y a 1 bateau en vue ! Et bien évidemment, c’est un gros, un paquebot, pas de navires marchands…Quand je suis spectateur d’un film qui se passe à Marseille, je constate souvent cela, des docks vides….tout le long de la côte vers l’Estaque. Mais il y a bon nombre de ferries pour la Corse, par contre et sans doute heureusement !

  8. La CGT a tué la construction navale, j’y étais je travaillais au CNIM (Chantier Naval et Industriel de la Méditerranée) il y a eu la Ciotat, St Nazaire aujourd’hui privé, ils ont tué nos ports, Marseille, Bordeaux, Nantes, Dunkerque, Nantes en s’associant avec St Nazaire croyait s’en sortir de toute façon la ou il y a la CGT nos entreprises meurent avec il faut bien le dire l’appui de nos gouvernants, nous n’avons plus d’industrie, métallurgie out, meubles out, habillement out, l’automobile c’est pas fameux, nucléaire nous avions dix ans d’avance aujourd’hui on ne sait plus faire, bref une catastrophe, et on continue.

  9. La CGT devrait être dissoute elle compte moins de 700 000 adhérents qui lui versent Environ 84 millions d’€ pour un budget de 200 millions, le reste vient de l’état et les collectivités locales (nos impôts)
    La gestion du port de Nantes St Nazaire est faite par « un établissement public de l’Etat » (lequel?) sous la tutelle de la Direction Générale des Infrastructures des Transport et de la Mer, du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie. J’imagine le nombre de salariés et son coût pour de tel résultats, ils sont peut être aidés dans la gestion par l’excellente maire PS de Nantes Johanna Rolland dont on sait les résultats

    • Il y a plus de 50 ans, un chef d’entreprise d’importation ne passait jamais par Marseille (vols +++), mais par le Havre (c »était un peu plus sûr), mais ensuite ce fut Anvers. Et encore il \\\
      Il y a plus de 50 ans, le port de Marseille était déjà déserté pour les importations au profit du Havre. Puis ce fut rapidement la désertion du Havre pour Anvers. A cette époque, on ne parlait pas de drogue. mais de vols, entre autres.

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