Les commémorations nationales sont des événements médiatisés qui, sous couverture du cérémonial républicain, révèlent de petites gesticulations, options, présences et aussi absences symboliques et, sans aucun doute, voulues, voire subies.

Les cérémonies du 8 mai 2018 offrent un florilège particulièrement riche au curieux fouineur…

D’abord (dés)honneur à l’absent le plus remarqué, si j’ose l’oxymore : François Hollande. Le précédent président de la République est « retenu » par les contraintes de son agenda, nous dit-on. Sans doute occupé par une séance de signature de son livre en Corrèze à moins que ce ne soit en Chine. Il faut dire que l’énorme succès de ses mémoires l’oblige !

En revanche, Nicolas Sarkozy, présent très tôt, discute apparemment très réjoui avec diverses personnalités et délégués. Petite revanche en creux contre le précédent ?

Côté matériel, la limousine du Président fait une belle publicité à la Peugeot 3008, élue voiture de l’année (dernière) et, indirectement, rend hommage au président du groupe, Carlos Tavares, qui a redressé la marque et aussi racheté une marque allemande, Opel. En ce jour de victoire contre le pays d’origine, beau et opportun symbole…

De cette voiture remontant les Champs-Élysées, la foule située à droite a pu observer une main droite s’agitant en signes amicaux sinon augustes. La foule de gauche n’aura pu prendre que des photos des motos de la garde républicaine. Exigence protocolaire ou choix macronien ?

Observation des képis et casquettes : présence altière et nombreuse des diverses armes de la Défense, ce qui n’est que normal. Cependant, je n’ai pas vu beaucoup de femmes aux premiers rangs des différentes unités alignées pour la revue présidentielle. Question de taille qui reléguerait les militaires féminins à l’arrière des compagnies ? Il serait temps que la tradition soit enfin bousculée et que les plus petits soient positionnés devant (j’ai, moi-même, subi naguère cette discrimination !). De plus, cette disposition permettrait d´inspecter l’ensemble du groupe lors de la revue, et pas seulement les têtes du premier rang !

En revanche, entourant le Président, son état-major particulier est illustré uniquement par des vestes à double rangée de boutons, avec un amiral et un capitaine de vaisseau. La Marine nationale navigue toujours “au près”…

Heureusement, on a pu voir un officier étoilé de l’armée de l’Air avec son chef d’état-major, le général Lanata, probablement sa dernière apparition officielle car il devrait rejoindre, cet été, le commandement de l’OTAN chargé de la transformation à Norfolk (États-Unis). Poste lointain et invisible des citoyens, très souvent occupé par un aviateur…

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