17 novembre 1755 : Louis XVIII, le prince qui attendit 60 ans pour devenir roi
Né le 17 novembre 1755 au château de Versailles, Louis Stanislas Xavier, futur Louis XVIII, porte un destin peu commun. Quatrième fils du dauphin Louis et petit-fils de Louis XV, son accession au trône de France est loin d’être une chose certaine. Cependant, les bouleversements de l’Histoire vont faire de ce prince, qui n'était pas initialement destiné à régner, un monarque qui aura attendu sa soixantième année, après avoir tissé tant d’alliances, vécu de longs exils et traversé de profonds drames familiaux, pour enfin accéder à l’honneur le plus haut qui soit en France : celui de présider au destin de la patrie.
Jeunesse dorée mais éclairée
Dès sa naissance, Louis profite d’un cadre de vie exceptionnel, digne de son rang. Non seulement fils de France, il bénéficie également de la protection et de l’affection de personnages illustres, comme son parrain, son arrière-grand-père Stanislas Leszczynski, et de sa marraine, sa tante, Madame Cinquième, Victoire de France. Louis Stanislas Xavier reçoit également une éducation conforme aux exigences imposées aux princes du temps, tout en étant marquée par l’esprit des Lumières, faisant de lui un véritable gentilhomme éclairé.
En 1771, il épouse la princesse Marie-Joséphine de Savoie, fille du roi de Sardaigne Victor-Amédée III. Ce dernier donnera également à la France une autre de ses filles, Marie-Thérèse de Savoie, qui épousera en 1773 le comte d’Artois, futur Charles X. Jusqu’en 1781 et la naissance de son neveu, l’éphémère Louis-Joseph de France, dont la venue redistribue l’ordre successoral, le comte de Provence est désigné comme successeur de son frère Louis XVI, faisant de lui l’une des personnalités les plus influentes du royaume.
Révolution et évasion
Lorsque la Révolution française éclate, le futur Louis XVIII, voltairien, n’est pas totalement hostile au désir de liberté des Français. En effet, lors de la préparation des États généraux, il avait déjà plaidé pour que le nombre de députés du tiers état soit doublé. Cependant, son départ forcé de Versailles après les journées des 5 et 6 octobre, puis son enfermement au palais du Luxembourg, l’obligent à revoir son attitude. Il décide ainsi de préparer un plan d’évasion le 21 juin 1791 afin de gagner la Belgique. Le projet réussit, à la différence de celui de son frère, arrêté à Varennes, et le comte de Provence rejoint les aristocrates émigrés à Coblence. Fort de son statut de frère du roi, il prend la tête de cette résistance avec le comte d’Artois et œuvre à entraîner les monarchies européennes dans une guerre visant à restaurer pleinement la royauté en France.
Un exil sans fin
Lorsque survient la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793, le comte de Provence se désigne comme régent de France, en attendant que l’on puisse libérer le nouveau et très jeune roi, Louis XVII. Lorsque ce dernier décède en 1795, Louis XVIII affirme ses droits au trône depuis Vérone, où il réside. Cependant, la France révolutionnaire, victorieuse sur les champs de bataille, l’oblige à fuir toujours plus loin à l’est. Ainsi, en avril 1796, la République de Venise, menacée par la France, le chasse ; il se réfugie alors dans le duché de Bade, dont l’Autriche l’expulse, puis dans le duché de Brunswick, d’où la Prusse le fait également partir. En 1797, il finit par s’installer à Mitau, en Courlande, aujourd’hui en Lettonie, sous la protection du tsar de Russie, Paul Ier.
En 1799, après le coup d’État du 18 brumaire, Louis XVIII tente de négocier son retour et celui de la monarchie en France auprès du Premier consul Bonaparte. Celui-ci lui répond : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France. Il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres. […] Sacrifiez votre intérêt au repos et au bonheur de la France. L’Histoire vous en tiendra compte. »
Loin de s’estimer vaincu, Louis XVIII poursuit ses revendications, mais doit affronter de nouveaux problèmes d’hébergement. En effet, le tsar de Russie, se rapprochant de Napoléon, le chasse de son territoire. Louis XVIII séjourne alors à Varsovie, sous domination prussienne, avant de retourner en 1804 en Courlande, invité par le nouveau tsar Alexandre Ier. Cependant, en 1807, les accords de Tilsit, qui scellent une paix relative entre la Russie et la France napoléonienne, le contraignent une fois encore à partir. Cette fois, il choisit de se rendre en Angleterre, le pire ennemi de l’Empire, où notre roi en exil attend désormais son heure.
1814 : l'avènement tant attendu
L’abdication de Napoléon en avril 1814 lui offre enfin cette occasion tant attendue. Les monarchies coalisées, réunies à Vienne, entérinent son retour sur le trône de France. Le 24 avril 1814, Louis XVIII débarque ainsi à Calais, sur la terre de son royaume qu’il n’a pas foulée depuis près de vingt-trois ans. Le 4 juin, il promulgue une Charte constitutionnelle reconnaissant certains acquis de la Révolution, comme les principes de liberté, d’égalité et de propriété, y compris pour les biens nationaux. La liberté religieuse est également assurée, mais le catholicisme demeure la religion d’État.
Malheureusement, cette première Restauration est de courte durée. En effet, le 1er mars 1815, Napoléon pose le pied à Golfe-Juan et, en une vingtaine de jours, « l’Aigle, avec les couleurs nationales », volant « de clocher en clocher », parvient « jusqu’aux tours de Notre-Dame ». Louis XVIII et sa cour entament alors un nouvel exil - le dernier - qui les conduit à Beauvais puis à Gand, en Belgique. La défaite de Waterloo, le 18 juin, replace Louis XVIII sur le trône de France, sur lequel il ne régnera que neuf années, après avoir attendu près de soixante ans pour que le destin lui accorde enfin une couronne. Il ne se fera pas sacrer roi de France, à la différence de son frère qui lui succédera sous le nom de Charles X en 1824.
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9 commentaires
Vous êtes sympa avec un des meneurs de la révolution par pire jalousie pour son frère…
Un prétendant au trône « baladeur »… personne n’en voulait et il s’est fait virer de partout ! Drôle de vie.
Le Comte de Provence jalousait son frère aîné, le considérait comme un imbécile et tenta de le tuer au cours d’une chasse. Le Comte de Provence avait une haute idée de lui-même. Sans doute plus habile politique. Il a réussi sa fuite en Belgique quand l’équipée de Louis XVI et Marie-Antoinette fut gérée de façon absurde.
Cet ambitieux vit avec satisfaction tous les obstacles disparaître grâce a cette révolution. Il n’avait pas tort de considérer son frère aîné comme un indécis peu eclairé.
Il a bien savonné la planche de son frère Louis XVI en attendant son tour…
Un homme trop pragmatique et trop peu guerrier pour enthousiasmer les Français.
pour les vrai historien ce comte de provence et bel et bien ;le créateur de la revolution de 1789 pour prendre la place de louis 16
‘Notre père de Gand’ n’a jamais su conquérir l’affection des Français – pas même celle des habitants du Faubourg Saint-Germain. Intelligent, oui, mais de cœur froid, n’ayant « rien oublié et ayant fort peu appris », et incapable de procréer (tout comme le Duc d’Angoulême), il fut l’avant-dernier rameau des Bourbons aînés. Triste.
Pas pire que le roi Charles d’Angleterre
Un peu plus compliqué et agité, quand même …