Editoriaux - Santé - Société - 17 mai 2017

17 mai : Journée mondiale contre le bon sens

Ce mercredi 17 mai était la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Soit. Mais pour lutter contre un mal sociétal, encore faut-il lui attribuer un nom qui fasse sens. Or, le nom « homophobie », créé dans les années 1970 après Jésus-Christ, puis repris en 2005 par Louis-Georges Tin (plus connu pour être le président du CRAN, Conseil représentatif des associations noires de France) afin de créer ce qu’il appelle la “Journée contre l’homophobie et la transphobie”, ne s’applique pas du tout à la réalité que l’on désigne sous ce vocable. Littéralement, il signifierait « la peur panique du semblable » : cela impliquerait donc, premièrement, que ce comportement relève d’une maladie et, secondement, qu’il désigne, pour un homme, par exemple, la peur de tous les autres hommes ou, plus largement, la peur de tous les êtres humains. On reconnaît bien là la provocation coutumière de Louis-Georges Tin, qui choisit la date du 17 mai 1990, jour où l’Organisation mondiale de la santé supprime officiellement l’homosexualité de la liste des maladies mentales, pour désigner d’un terme relevant du médical (comme tous les noms en -phobe) tous ceux qui pratiqueraient une discrimination quelconque envers les personnes homosexuelles.

Mais on cherche, en réalité, à nommer soit une idéologie qui considère que l’homosexualité ne doit pas avoir sa place dans la société, soit un comportement qui discrimine, humilie ou ignore une personne homosexuelle. Il conviendrait plutôt, alors, d’employer le nom d’« anti-homosexualité » ou, si l’on tient absolument à créer un néologisme, de « mishomosexualité » (sur la racine du verbe grec misein, « détester, haïr ») ou encore de « mishomophylophilie » (formé à partir du nom grec moderne homophylophilia signifiant « homosexualité »).

Cependant, est-il vraiment nécessaire de créer un mot pour ce phénomène ? Et ainsi, sur le modèle de l’« homophobie », sous prétexte que certaines personnes voudraient vivre dans un monde sans automobile, que l’on appelle plus familièrement « auto », faudrait-il pour autant créer le nom d’« autophobes » (parfaitement inadéquat, car il signifierait « la peur panique de soi-même ») ? Ou encore, devrait-on désigner les hommes qui frappent leurs enfants du vocable tristement ridicule de « pédophobes » ? Non, le mal identifié doit se combattre avec des mots pertinents afin d’atteindre l’efficience maximale et il vaut encore mieux s’exprimer avec les moyens préexistants que d’être taxé d’exagération ou de parti pris. Il en va de la crédibilité de la cause défendue.

Combattons donc l’anti-homosexualité avec les armes éprouvées d’une langue française pure et non avec la boîte à outils idéologique d’associations partisanes.

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