Trump a des nerfs d’acier (et d’aluminium)

Selon la journaliste Laura Ingraham (« LifeZette », sur Fox News, 5 mars 2018), l’Amérique comptait dix des quinze plus grandes aciéries au monde. Aujourd’hui, elle n’en compte que deux… et la Chine dix ! Ce déclin industriel – qui explique en grande partie que les revenus des classes moyennes et ouvrières ont stagné, voire régressé depuis le règne de Bill Clinton – comporte, de surcroît, un élément qualitatif d’importance : certains types d’acier (et d’aluminium) entrant dans la fabrication des armements ne sont plus fabriqués sur le sol américain. Et l’argument de la sécurité nationale d’entrer en jeu.

Donc Trump, en vertu de ses prérogatives constitutionnelles (sécurité nationale), et conformément à ses promesses électorales, a décidé de rehausser les droits de douane sur l’acier et l’aluminium. Et provoque un outrage au sein de la coalition élus républicains/banques/groupes internationaux. Bref, les « donateurs » qui financent les politiciens du marécage. En tête, le conseiller économique en chef de la Maison-Blanche Gary Cohn – qui organise une visite à la Maison-Blanche des chefs d’entreprise pénalisés afin de rééduquer Trump –, suivi du « Juppé américain », le Speaker de la Chambre Paul Ryan.

Trump, devant son ami Netanyahou de passage à Washington, a confirmé lundi : « Nous n’allons pas faire machine arrière. » Décodage : il avancera de dix pas en lançant la polémique, puis reculera de trois, afin de progresser tout en « cédant ».

Son premier objectif, de circonstance, lui a permis de dévier du thème dévorant de la diabolisation de la National Rifle Association (NRA).

Son deuxième consiste à faire pression sur le Canada – son principal fournisseur en aluminium – au milieu des actuelles renégociations de l’ALENA (NAFTA). Il tord ainsi le bras à Justin Trudeau.

Son troisième vise la Chine, petit fournisseur en acier de qualité vendu à perte aux États-Unis. D’une part, il révèle ainsi à tous les clients mondiaux de Pékin que « les Chinois sont des fraudeurs », quand bien même « Monsieur Xi est un gentleman », d’autre part, il veut du « résultat » sur la Corée du Nord, ne serait-ce que symbolique.

Car son quatrième et principal objectif est de faire des législatives de cette année son référendum personnel. Pourquoi ? Parce que la puissante galaxie Soros ne fera qu’une bouchée d’idiots utiles républicains livrés à eux-mêmes, ouvrant la voie à son impeachment.

Dans un pays où seulement quatre États sur cinquante exigent une preuve de nationalité pour s’inscrire sur les listes électorales (ce qui explique le refus de coopérer de ces derniers avec la Commission Pence sur le vote illégal des illégaux… laquelle a dû fermer boutique), la seule chance pour les républicains est de répliquer la présidentielle trumpienne : chiper aux démocrates les électeurs ouvriers victimes de la mondialisation, lesquels s’ajouteront aux « indépendants » amoureux de la réforme fiscale Trump, soutenus par les ruraux anti-immigration, les chrétiens de conviction, les vétérans, militaires et autres néocons impérialistes.

Trump compte bien prendre les élections de 2018 à bras-le-corps et tuer dans l’œuf l’efficace machine à culpabilisation démocrate qui va faire feu de tout bois. Tout va donc se jouer dans ces États de l’Amérique profonde, oubliés par les démocrates, et incompris des républicains vendus à l’air du large.

Il lui restera, ensuite, à gérer le procureur Mueller qui semble viser ses enfants. Ceci est une autre histoire.

PS : Gary Cohn a démissionné depuis la rédaction du texte… confirmation de la ligne Trump.

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