Editoriaux - Politique - 9 septembre 2018

Pourquoi Nicolas Sarkozy est redevenu le leader le plus populaire à droite

Xavier Bertrand peut bien pousser des cris d’effroi à la perspective d’union des droites lancée chez les jeunes LR par Erik Tegnér, il pourra même brandir toutes les lignes rouges qu’il voudra depuis son confortable fauteuil des Hauts-de-France conquis, à la Macron, contre – et grâce à – Marine Le Pen, il ne l’arrêtera pas, et il ne fera que s’« ancienmondialiser » davantage. Après tout, ce fut le destin de bien des agents d’assurance.

A droite, l’état des lieux est pourtant simple. Il y a un courant conservateur-identitaire-populaire qui pèse au moins 35 % des voix. Mais les structures – les partis – le divisent. Il y a, ensuite, des minorités actives, transpartisanes : Nicolas Dupont-Aignan, Sens commun, les Ménard, etc., qui, à elles seules ne pourront rien, mais sans qui un parti ou un leader de droite ne pourra pas gagner car ils ont les convictions, la structure idéologique et une expérience de terrain réussie. Précisément sur le thème de l’union des droites, des convictions et de la défense des intérêts populaires. Et puis, il y a le vent de l’Histoire, partout en Europe, qui souffle dans ce sens.

Au niveau des structures et du leadership, LR comme le Rassemblement national sont lestés par de lourds handicaps. Laurent Wauquiez semble assumer cette nouvelle ligne porteuse, mais il a contre lui deux opposants internes : les juppéo-centristes Bertrand et Pécresse d’une part, les doutes sur sa sincérité et sa capacité à réaliser cette union concrètement, dès les prochains scrutins, d’autre part.

Au Rassemblement national, il y a, certes, unité de convictions dans l’électorat mais, depuis la campagne et le débat raté du second tour, les électeurs du premier et, a fortiori, ceux du second ne voudront plus de Marine Le Pen comme candidate. Question de sérieux et de compétences. Quand l’enjeu est devenu aussi important, les questions aussi brûlantes, les électeurs ont des exigences légitimes. Tous les doutes et toutes les turbulences que traverse actuellement le Rassemblement national n’ont pas d’autre source.

Dans cette situation où les structures et les leadership à droite ne répondent pas aux attentes des Français il n’est donc pas étonnant qu’un sondage IFOP pour le JDD indique que le meilleur représentant de la droite, à la fois pour l’ensemble des Français (58 %) et pour les électeurs LR (93 %), est Nicolas Sarkozy. L’ancien Président parvient même à se hisser au niveau d’Alain Juppé sur l’ensemble des Français, un Juppé qu’il distance nettement au niveau de l’électorat LR (93 % contre 69 %). Pour information, Laurent Wauquiez est loin derrière, au niveau de Nicolas Dupont-Aignan et de Marine Le Pen – autour de 42 %. Rien d’infamant dans ce score, car il faudra compter avec ces trois-là, mais ils jouent quand même en seconde division.

Pourquoi un tel come-back de Nicolas Sarkozy ? Par défaut, dira-t-on rapidement. Plus profondément, il est crédité de toutes les qualités qui manquent à ses concurrents d’hier et d’aujourd’hui. Il a l’expérience d’un ancien président de la République, qui fut populaire (rappelons qu’il était, à ce stade de son mandat, bien plus populaire que Macron et Hollande) et qui dut affronter la crise de 2008. Il fut aussi le premier leader à droite à assumer, dès 2007, cette ligne conservatrice-identitaire qui est l’aspiration de la droite. Qu’il l’ait trahie au pouvoir n’enlève rien à cette réalité. Il fut aussi un candidat autrement doué et pugnace qu’un François Fillon ou une Marine Le Pen. Et puis, il fut le seul à être capable de réaliser le « siphonnage » de l’électorat FN, lassé par la posture d’un Jean-Marie Le Pen usé.

Enfin, son retrait depuis sa défaite aux primaires, et son jugement sur l’aventure Macron (« Tout cela finira en farce ») lui confère un statut de commandeur d’une droite qui, depuis son effacement, de Juppé à Fillon et de Wauquiez à Marine Le Pen, n’a pas su répondre de façon sérieuse et crédible aux aspirations du peuple de droite.

Son âge ? Il pourrait devenir un atout quand la farce macronienne construite sur la jeunesse de son protagoniste pliera ses tréteaux et quand les retraités, majoritaires dans l’électorat, et dindons de ladite farce, jugeront positivement l’expérience et la sagesse de l’ancien Président.

Alors, Sarkozy, le Salvini que la droite se cherche ? C’est peut-être plus qu’une simple correspondance de syllabes et de sonorités.

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