Lagarde ne meurt pas et ne se rend pas !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Que feraient les hommes politiques sans leurs femmes ? Voilà une question qui résume bien les pérégrinations médiatiques de ces dernières semaines. Cela a commencé par l’assistante Penelope et son ancien Premier ministre de mari, puis ce fut au tour de Sandrine, la femme du grand Ferré, pardon, du grand Ferrand, celle qui, dans le Monopoly brestois, a déjà loué (à son mari) avant d’acheter son bien immobilier. Le rêve de tout propriétaire, en quelque sorte. Enfin, il y a la dernière du clan : Aude Lagarde.

Mais qui est Aude Lagarde ? C’est la femme du patron de l’UDI, ce parti qui donne l’impression d’avoir plus de députés que de militants, ce Canada Dry des Républicains, avec un goût de droite mais sans être de la droite.

Drancy, c’est le fief de Lagarde depuis 2001. On peut même dire, aujourd’hui, que c’est le fief des Lagarde. Mais voyons cela de plus près. Jean-Christophe a décidé de lâcher la mairie pour se consacrer entièrement à la députation. Une décision qui lui est dictée non par son sens civique mais par le non-cumul des mandats :

« C’est la décision la plus compliquée que j’aie eu à prendre, je suis viscéralement attaché à la fonction de maire, confie-t-il avec gravité. Et j’aime autant ma ville que mon pays. »

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Vu qu’il aime son pays bien ficelé et menotté à l’Europe, on peut douter de sa passion véritable pour la cité de Seine-Saint-Denis.

Par contre, il y a une autre passion qui lui tient à cœur : celle de mettre à la tête de la ville la personne qu’il a choisie, celle qui est la plus proche de lui. Avec l’aide de son conseil municipal (45 élus sur 49), il a coopté celle qui figurait comme 6e adjointe sur sa liste.

Pourquoi avoir choisi la sixième et pas ceux d’avant ? Pour le dirigeant de l’UDI, rien de plus facile à nous expliquer :

« Le 1er adjoint ne souhaitait pas me succéder et les autres adjoints n’avaient pas le temps.

Mais la véritable raison est que la 6e adjointe n’est autre qu’Aude Lagarde.

Voilà un conseil municipal qui n’aurait pas détonné dans l’ex-Politburo soviétique.

Monsieur le centriste, pensez-vous véritablement être crédible quand vous nous expliquez, le cœur sur la main, que c’est la compétence de Madame qui a guidé votre choix ? Ayez le courage de dire : « Oui, j’ai choisi ma femme avant tout parce qu’elle est ma femme. » Mais cela est difficile, pour un homme politique, de l’avouer. À la place, nous avons un élu caché derrière un écran de fumée teinté de féminisme et argumentant sur des questions que personne ne lui pose :

« Est-ce que, parce que nous sommes tombés amoureux, [avons] eu quatre enfants, parce que nous nous sommes passés une alliance au doigt, elle n’a plus le droit d’être ni femme ni militante ? Ni élue ? Est-ce qu’il fallait qu’on fasse semblant ? […] Moi, j’aime la transparence et je préfère expliquer les choses plutôt que de prendre les gens par surprise ou par traîtrise. »

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« Moi, j’aime la transparence… » Comme quoi, plus c’est opaque et plus il faut parler de fluidité. On s’explique mieux pourquoi 87 % des Français se méfient de leurs politiques (baromètre de la confiance politique du CEVIPOF). À Drancy, on sait maintenant qu’un Lagarde peut en cacher une autre. Car, dans le couple Lagarde, si on ne meurt pas, on ne se rend pas aux arguments de népotisme.

Comme m’expliquait mon ami ADG : « En politique, on change souvent le bocal mais on garde toujours les mêmes cornichons. »

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Diplômé de criminologie et de criminalistique

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