Audio - Editoriaux - Entretiens - 18 septembre 2018

Serge Federbusch : « La démission du premier adjoint d’Anne Hidalgo est le signe que la guerre fratricide pour la mairie de Paris ne fait que commencer ! »

Lundi 17 septembre, Bruno Julliard, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, a claqué la porte de la mairie de Paris sous prétexte de « grandes divergences politiques ».
Pour Serge Federbusch candidat aux prochaines élections à Paris, tout ceci n’est qu’une forme de théâtralisation destinée à sauver les meubles du socialisme parisien
et à faciliter la montée en puissance de Benjamin Griveaux, le candidat d’Emmanuel Macron.


Le premier adjoint d’Anne Hidalgo, Bruno Julliard a claqué la porte de la mairie de Paris. Il explique son geste par de grandes divergences politiques.
Que pensez-vous de cette démission ?

Je pense que c’est une forme de théâtralisation d’un affrontement personnel. Il a dû être marginalisé par Hidalgo. On conçoit tout à fait, étant donné son tempérament sectaire, qu’elle ait réduit son premier adjoint à un rôle de figurant, ce qui à la longue n’a pas dû lui plaire.
Mais sur le fond, leur politique sont très peu différentes. Il le dit lui-même. Il essaie de sauver les meubles du socialisme parisien. Il essaye de faire croire à son électorat que tout est de la faute d’Hidalgo et que tout provient d’un problème personnel alors que cette affaire est le révélateur du naufrage complet du socialisme municipal.
Les prix de l’immobilier augmentent de manière délirante. Les services publics parisiens dysfonctionnent, en particulier ceux de la propreté. La ville est de plus en plus endettée. La pollution diminue moins vite que partout ailleurs et la congestion de la circulation augmente. Tout cela n’est pas remis en cause.
Il essaie donc de charger la barque de Hidalgo, en sauvant l’idéologie qui les anime tous les deux.
Mais en fait, c’est un arbre qui cache la forêt. Derrière cela, il y a également l’offensive des marconistes et de la Répubique En Marche contre Hidalgo.


Il semblerait que le challenger qui est en train de se dégager pour affronter Hidalgo en 2020 serait Benjamin Griveaux. C’est un poids lourd de la macronie.
Y a-t-il de la part de Julliard une sorte d’opportunisme de quitter la barque à ce moment précis ?

On peut s’attendre à une guerre fratricide et un mort. Je ne me fais aucune illusion sur leur incapacité à s’entendre. Macron veut à tout prix récupérer la mairie de Paris pour brandir un succès en 2020.
Le timing, et en particulier celui de la démission de Julliard, est probablement pensé pour essayer d’aider la montée en puissance de Griveaux. Il est très probable que Julliard ait négocié cela. Non pas pour des emplois à Paris, car il ne pourrait pas avoir mieux que d’être premier adjoint, même s’il risquait de le perdre à cause de ses mauvaises relations avec Hidalgo. Mais Julliard a d’autres ambitions, européennes ou autres. Il espère utiliser le réseau de la République En Marche et le service de Macron pour les obtenir et les satisfaire. Il y a un échange de bons procédés. Je ne me fais aucune illusion sur la sincérité de ces gens-là. C’est un ralliement feutré en échange de services qui seront rendus ailleurs et qui ont pour objectifs de démolir un peu plus l’image d’Hidalgo. Et elle va probablement réagir en se raidissant comme elle le fait d’habitude. La guerre fratricide ne fait que commencer.
L’association que je préside et que j’ai créée « aimer Paris » sera là pour offrir une alternative en 2020. Elle ne sera ni celle de Hidalgo ni celle de Macron ni celle des collabos de droite qui hésitent encore à rallier Macron dans le combat contre Hidalgo.

Il y a un 3e « laron » qui se greffe dans le débat public.
Il s’agit de Gaspard Gantzer, l’ancien conseiller de François Hollande. Il a salué la démission de Bruno Julliard.
Selon vous, Gantzer a-t-il des cartes à abattre dans ce duel à mort ?

Gantzer doit être entouré de 5 ou 10 personnes. Son atout est d’avoir de bonnes relations avec des journalistes depuis qu’il a été porte-parole à l’Élysée. C’est à peu près tout. Il ne représente rien. Il a essayé de convaincre Macron de le soutenir. À partir du moment où Griveaux se met en place pour incarner la République En Marche à Paris, il va être de plus en plus marginalisé. C’est une créature qui n’a aucune force militante derrière lui et qui est une pure création du tout petit microcosme de communicants parisiens. Il ne pèse rien et n’est d’ aucun intérêt.

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