Editoriaux - Politique - 8 septembre 2018

Jean-Luc Mélenchon : un populiste en peau de lapin qui se dégonfle devant Emmanuel Macron

Et Emmanuel Macron qui désigne son vrai ennemi...

On connaît ce mot cruel de Marie-France Garaud : « Je croyais que Chirac était du marbre dont on fait les statues. En réalité, il est de la faïence dont on fait les bidets. » Après ce qui s’est passé à Marseille, vendredi soir, sur le Vieux-Port, on se dit que cette terrible sentence pourrait parfaitement s’appliquer à Jean-Luc Mélenchon.

Profitant de son statut de député des Bouches-du-Rhône, le patron de La France insoumise, désireux de se positionner en premier opposant à Emmanuel Macron, qui rencontrait dans la cité phocéenne Angela Merkel, est évidemment venu plastronner sur place. L’après-midi, dans un discours dont il a le secret, il a déclaré qu’Emmanuel Macron était « le plus grand xénophobe qu’on ait ».

On peut sans doute prêter au président de la République beaucoup de défauts, mais ce n’est pas celui auquel on penserait spontanément. On pourrait, par exemple, évoquer la loi Asile Immigration, voulue par Emmanuel Macron, votée cet été, qui, sous couvert d’accélérer les procédures d’asile, risque fort bien d’être un accélérateur d’immigration – en clair, un appel d’air. Ainsi, avant même le vote de cette loi, entre janvier et fin juillet, les demandes d’asile ont augmenté de 16 % par rapport à la même période en 2017. On a donc vu de plus terribles xénophobes ! L’ambiance de Marseille et son sens légendaire du grossissement épique, le soleil qui tape dur sur le bitume, le pastis par-dessus, peut-être, l’envie irrépressible de faire le malin au milieu des copains, une fatigue ponctuelle ? L’éventail des possibilités est ouvert, comme on dit joliment.

Et puis, à l’heure du dîner, rencontre fortuite bien organisée des deux protagonistes dans la rue. Une rencontre historique car elle révèle toute l’imposture de l’opposition en peau de lapin de Jean-Luc Mélenchon. En effet, interrogé devant le Président par un journaliste sur ses propos de l’après-midi, le matamore de La France insoumise relativise en répliquant d’une onomatopée : « Po, po, po ! » Le Président intervient alors : « Non, ça m’étonnerait. » Et le journaliste d’insister : « Ah, il l’a dit ! » Mélenchon : « Vous ne pouvez pas le croire ? » « Non, non, non ! », plaisante Emmanuel Macron, sur le ton convenu qui signifie tout le contraire. « Peut-être une légère exagération marseillaise ! », se justifie le député. La vidéo circule sur Internet. Chacun jugera. Finalement, cette scène ramène Mélenchon à ce qu’il est : un clown triste. Une scène, du reste, qui n’est pas sans rappeler le sketch de Coluche, « Le CRS arabe ». En moins drôle. « Non, je dis qu’on a tort de s’énerver, si tu veux, parce qu’on arrive à dire dans la conversation des choses qu’après on regrette, je veux dire. Je regrette. Si tu veux. Je me dégonfle ? Oui, je me dégonfle ! »

En moins drôle parce que, dans cette conversation « improvisée », il faut bien écouter ce qu’Emmanuel Macron dit. À cette question d’un journaliste « Votre adversaire, c’est plus le Front national que lui-même [Mélenchon], finalement ? », le soi-disant Président de tous les Français répond alors : « Ah, j’ai aucun doute. » Et le plus grave, peut-être : « On a des confrontations politiques, mais ce [Mélenchon] n’est pas mon ennemi. » Le sous-entendu est clair, sans ambiguïté : en creux, Emmanuel Macron qualifie le Rassemblement national d’ennemi.

Au final, cette petite rencontre anecdotique est riche d’enseignements que nous laissons à nos lecteurs le soin de tirer eux-mêmes.

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