Editoriaux - Politique - 17 novembre 2018

François Hollande n’est plus à l’Élysée. L’information a dû échapper à nos amis grecs

Au fait, François Hollande n’est plus à l’Élysée. L’information a dû échapper à nos amis grecs, si l’on en juge par l’accueil réservé ces jours-ci à l’ancien président de la République. Motards tous gyrophares allumés, cortège de berlines, salon d’honneur… À l’exception du tapis rouge et des gardes à pompon, la visite de François Hollande à Athènes, ces jours-ci, ressemblait à s’y méprendre à celle d’un chef d’État en exercice. Il est vrai que les Grecs ont gardé une bonne image de François Hollande, l’un des rares chefs d’État européens à les avoir (mollement) défendus au plus fort de la crise.

Mais notre ex s’y croyait : accueilli à son arrivée par pas moins de quatre ministres, vice-ministres et secrétaires d’État, ainsi que le maire d’Athènes, François Hollande a aussi eu les honneurs d’un dîner avec le président de la République hellénique, avant d’être reçu par le Premier ministre. Au cœur de leur discussion, relate l’envoyé spécial du Parisien, il n’aurait été question que des élections européennes du 29 mai prochain et de l’état de la gauche au sein de l’Union européenne. « C’est pourquoi il faut réarmer la gauche intellectuellement, politiquement, démocratiquement », a affirmé le soldat Flanby devant la presse, et « j’y prendrai ma part comme citoyen », avant de conclure : « À bientôt pour mon retour […] Il y a des gens qui m’attendent ! »

La chaleur de l’hospitalité grecque lui est apparemment montée à la tête. L’ancien Président, qui a passé deux jours plus sobres en Belgique, la semaine dernière, se rendra dans quelques jours en Allemagne. Pas sûr que l’austère Tatie Merkel, sur le départ, ne sorte à son tour le grand jeu. Quant à son hôte, le dernier sondage de l’IFOP, réalisé les 16 et 17 octobre derniers, pour Ouest-France sur les Français et le pouvoir devrait ramener notre « revenant » à plus de modestie…

À la question « Quel est, sous la Ve République, le chef de l’État qui, pour vous, incarne le mieux le pouvoir ? », François Hollande arrive bon dernier (4 % des citations). « Il ne suffit pas de vendre des livres pour être populaire », commente Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP. « Certains se posent la question du retour de François Hollande. On fait la queue à ses séances de dédicace, il multiplie les plateaux… Mais plus d’un an et demi après son départ, tout ce qui avait été pointé concernant son déficit patent de présidentialité est toujours là. Les Français considèrent qu’il n’est jamais vraiment entré dans le poste. »

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