Editoriaux - Société - 9 septembre 2018

C’est fou ce que les marches, ça marche !

Pour un oui pour un non, et si le soleil est de la partie, avec sa petite banderole, on est parti ! Il y a les grandes et les petites, les tristes et les « gay », les blanches, les rouges et les vertes. Il y a celles qui ont un but précis, et il y en a d’autres… Ainsi, des centaines de milliers de personnes ont marché à plusieurs reprises en 2013 pour manifester contre la loi Taubira instaurant le « mariage » unisexe. Peine perdue : ils étaient dans le mauvais camp, celui des conservateurs, et non celui du progrès.

Samedi 8 septembre 2018, ce sont au contraire les gentils qui ont marché, ceux qui se mobilisent pour la planète, le climat et la biodiversité. Ils n’étaient pas 20.000 à Paris, mais ce fut, pour les médias, un grand succès. La parole fut, d’ailleurs, donnée généreusement à ces ravis de la crèche : ils veulent faire bouger les choses, demander à leurs gouvernements d’agir et sont fiers de se battre pour cette grande cause. Ces foules narcissiques où chacun exhibe à peu de frais ses bons sentiments, dont les causes comme les buts sont bien vagues, sont une marque de notre époque. Certes, ça ne fait pas de mal, de marcher un peu, mais pourquoi ? Parce que l’été 2018 a été chaud ? Parce que Hulot a démissionné ? Pour produire moins de gaz carbonique ? Pour consommer moins d’énergie ?

Le Président élu par les Français a, hélas, montré qu’on pouvait les faire marcher sans qu’ils sachent au juste où on les emmène. Car, enfin, ce grand mouvement qui avait hier une dimension internationale repose sur une peur confuse et n’apporte aucune réponse réaliste.

Les Français qui marchaient hier auraient dû se poser plusieurs questions.

La France sur laquelle, en tant que citoyens, ils ont quelque influence a-t-elle un rôle déterminant dans l’éventuel dérèglement climatique ? En gardant l’hypothèse selon laquelle celui-ci serait engendré par la production de gaz carbonique (CO2), la réponse est évidemment négative, d’abord en raison de la taille du pays, mais surtout parce que son électricité est majoritairement produite par les centrales nucléaires, qui ne dégagent pas de CO2. Ce constat posé, on se rend compte que l’idée d’une diminution de la consommation de charbon nous est étrangère dans ses applications. Les Français n’ont aucune raison de fermer leurs centrales atomiques, qui ont le mérite de fonctionner jour et nuit, quand les énergies renouvelables fournies par le vent et le soleil ne sont que des intermittents du spectacle, pour ne pas dire de simples figurants.

Mais les marcheurs pouvaient aussi se poser d’autres questions qui demandent un peu plus de réflexion que le souvenir d’un été chaud, excellent pour le vin, d’ailleurs. La principale a été posée par Claude Allègre, voici huit ans, dans son ouvrage L’Imposture climatique, ou la fausse écologie : est-on si sûr que le réchauffement climatique soit un fait ? D’autres interrogations s’ensuivent : si ce phénomène est réel, est-on certain qu’il provienne de l’action humaine ? Que le rejet de gaz carbonique dans l’atmosphère soit plus important en raison de l’activité des hommes, est-il si évident que ce soit une si mauvaise chose ? Il faisait plus chaud au haut Moyen Âge qu’aujourd’hui. C’est ce qui a permis aux Vikings d’atteindre le Groenland, la « terre verte », devenue blanche par la suite. Il y a des cycles d’augmentation et de baisse des températures moyennes qui s’expliquent par de nombreux autres facteurs, et notamment par l’action du soleil, des océans ou des éruptions volcaniques. Vouloir réduire un phénomène à une seule cause n’est guère scientifique pour des phénomènes aussi complexes. Le propre de la science est de ne pas dépendre de la majorité, ni du consensus, mais de la démonstration.

En débusquant le truquage du parallélisme des courbes des températures moyennes et du rejet des gaz à effet de serre, Claude Allègre avait rappelé que le doute cartésien est indispensable à la découverte de la vérité. Il est plus important de savoir comment ça marche que de marcher.

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