Barbara Pompilou

Journaliste

Ancien chef d’édition à RTL (1967-2001)

 

Mme Barbara Pompili (EELV) aime les loups et n’aime pas ceux qui n’aiment pas les loups : les éleveurs d’ovins. Jusqu’à traiter un déplacement de M. Xavier Beulin, président de la FNSEA, de « coup médiatique ». Mais, Madame, faites à votre tour un « coup » : cet été, allez voir le loup dans une alpe pour l’empêcher d’y sévir !
 
Mardi 21 juillet, lors d’une réunion à Gap (Hautes-Alpes), M. Beulin a osé, aux yeux – effarouchés – de Mme Pompili, soutenir les éleveurs exaspérés par les trop fréquentes et si meurtrières incursions de loups. Réunion avec conseillers de ministres, préfet et, par liaison audio, Mme Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, qui y annonça l’abattage « le plus rapidement possible » de 36 loups ! Pour elle aussi, « coup médiatique » ?

La coprésidente 1 des députés EELV, alors sur i>Télé, ironisa : « M. Beulin ferait mieux d’être avec les éleveurs qui sont en Normandie. La question de la coexistence entre les loups et, d’une manière générale, les grands prédateurs et les éleveurs, ce n’est pas nouveau. Il y a des pays d’Europe où cela se passe bien. Regardons où cela se passe bien car on ne va pas tuer tous les prédateurs pour aider nos éleveurs ! Même si j’entends que les éleveurs ont besoin d’aide. Donc soyons raisonnables sur cette question-là. Sortons des clichés et des caricatures et, M. Beulin, qu’il défende les éleveurs d’une manière générale et pas sur des coups médiatiques. »

Jean-Paul Comte, président de la FRSEA/PACA, « cria au loup » sur l’e-media05 : « Pour éradiquer les attaques, si les 36 loups ne suffisent pas, on passera à 50… Si les 36 bêtes ne sont pas tuées d’ici un mois, on va s’en occuper nous-mêmes. » Avec appui du président des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard (UMP) : « Les éleveurs et les moutons passent avant les loups. Les loups, on n’en veut plus ! »

Suggérons à Mme Pompili de faire, à son tour, un « coup médiatique » en allant dans une alpe sacrifier ses vacances pour aider les bergers à défendre leurs ovins tout en vivant à deux pa…ttes de ses fascinants protégés. Et toute la « grande » presse l’encensera ! Peut-être même en la surnommant complaisamment Pompiloup. Quoique… Cela rappellerait trop Pompidou et ses « Jeunes loups », nom de l’opération lancée par le Premier ministre du général de Gaulle pour les législatives de 1967. Ses « Jeunes loups » avaient pour nom Jacques Chirac, Bernard Pons, Robert Poujade ! Des pointures ! Où sont les « louveteaux » de Mme Pompili ? Elle, au contraire, voit la moitié de sa meute se rebeller : sur 18 EELV, la louve Duflot (anti-PS) et 8 de ses petits « hurlent avec les loups » du Front de gauche ! Résultat : les co-chefs Pompili/de Rugy (pro-PS) ne sont plus suivis chacun – évidemment « à la queue leu leu » ! – que par 4 coreligionnaires et demi !

Pour se régénérer, plutôt que d’affronter les éleveurs, écolos par profession, et mettre bas un… loupé (le verbe « louper » vient de… « loup »), les EELV devraient ressusciter le dieu-loup romain et ses lupercales, fêtes de la… fécondité !

Notes:

  1. avec M. François de Rugy qui, en fait, est, pour l’Assemblée nationale, le seul président du groupe EELV.

Ancien chef d’édition à RTL (1967-2001)

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