Agriculture - Culture - Editoriaux - Histoire - Santé - 25 juin 2018

Vous avez aimé le glyphosate ? Vous adorerez le cuivre…

Chrirac l’Inutile avait déjà plombé la Constitution en y faisant inscrire le boulet anti-recherche du principe de précaution. Voici qu’il est maintenant question d’y graver – et dans son premier article, s’il vous plaît ! – la protection « de l’environnement, du climat et de la biodiversité ». Pourquoi pas celle de la galaxie contre l’invasion des aliens ? Mieux encore, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) exige même que cette protection planétaire ne soit pas seulement « soutenue » ou « favorisée » mais bien « garantie » ou « assurée ». En clair, une camisole de force anti-progrès comme on n’en a jamais vu dans l’Histoire, sauf peut-être dans l’islam… « Arrêtez le monde, je veux descendre ! »

Mais il faudra bien ça pour apaiser le vague à l’âme du grigri écolo Nicolas Hulot, élevé à la dignité de ministre d’État et expert du « Retenez-moi ou je fais un malheur ». Son dada actuel, c’est l’interdiction du glyphosate, molécule qui, au sens propre, n’a jamais fait de mal à une mouche pour la simple raison qu’elle n’est toxique que pour les espèces dépendantes de la photosynthèse. Mais l’active campagne contre cet herbicide, que ses détracteurs préfèrent appeler pesticide parce que ça fait plus peur, n’est pas pour rien dans le développement du bio, sur lequel se jettent des gogos de plus en plus nombreux, persuadés d’apporter (avec un mieux pour leur santé) leur petite pierre à la protection de la planète…

Mais le bio n’est nullement une agriculture sans pesticides, c’est seulement une agriculture avec les « autorisés ». Au premier rang desquels le cuivre, largement utilisé par ces cultivateurs si « vertueux ». Or, ses risques viennent d’être réévalués par deux agences sanitaires européennes, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) pour la France et l’UBA (Umweltbundesamt) en Allemagne. Pour les exploitants, d’abord : « Le niveau d’exposition estimé des travailleurs qui retournent dans les vignobles traités avec des formulations à base de cuivre [c’est la fameuse « bouillie bordelaise »] dépasse le seuil maximal d’exposition toléré. » Et il n’y a pas que les hommes : « Un risque élevé a été conclu pour tous les usages en ce qui concerne les oiseaux et les mammifères, les organismes aquatiques et les macro-organismes du sol. » C’est étrange, aucun de ces dangers n’existe pour le glyphosate, mais c’est lui qui se retrouve sur la sellette…

« Les concentrations excédentaires en cuivre ont des effets phytotoxiques reconnus sur la croissance et le développement de la plupart des plantes », ainsi que des effets « délétères sur les communautés microbiennes des sols » et sur les espèces fongiques (champignons). En résumé, le cuivre – qui ne se dégrade pas – est toxique pour tout le monde, à tous les étages, mais le lobby du bio a une meilleure image que Bayer-Monsanto, alors pourquoi se gêner ?

Si le Danemark et les Pays-Bas ont déjà suspendu son utilisation, on peut penser que ce ne sera pas de sitôt le cas de la France, parce que « si demain on interdit le cuivre, il n’y a plus de viticulture bio », assène le responsable du label bio de l’agriculture biodynamique. Il faudra donc attendre de graver son interdiction dans la Constitution…

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