vient de limoger de ses fonctions de vice-présidente des LR. Réaction au micro de Boulevard Voltaire d’Érik Tegnér.

Quelques semaines après votre départ des jeunes avec Calmels, Virginie Calmels est licenciée des Républicains par Laurent Wauquiez.
Cela ne joindrait-il pas ce que vous disiez il y a quelques jours ?

J’avais alerté il y a un mois et demi de la volonté de Virginie Calmels de se modérer, de modérer la ligne des Républicains et d’aller à l’affrontement avec Laurent Wauquiez.
En effet, quand Laurent Wauquiez est tombé à 8 % dans les sondages il y a trois mois, toute une partie de cette aile modérée des Républicains comptait se différencier.
Je crois que par le limogeage de Virginie Calmels, Laurent Wauquiez montre une réelle envie de clarifier sa ligne directrice. Il souhaite affirmer que nous sommes de droite et que ceux qui veulent véhiculer une idée différente sont invités à quitter son équipe.

Est-ce un signal pour « virer » les derniers modérés qui resteraient encore aux Républicains ?

C’est surtout un signal pour limoger ceux qui voudraient faire tourner une petite musique dissonante. La polémique de Virginie Calmels a commencé avec un tract qui disait simplement : « pour que la France reste la France ». La réalité voudrait pourtant que l’on veuille que la France redevienne la France.
La polémique autour de la contestation de ce tract incarne cette droite modérée qui n’a de droite que le nom, une droite qui est souvent complaisante avec les questions identitaires et le communautarise. Il s’agit d’une supercherie et nous l’avons vu avec Virginie Calmels et c’est la raison pour laquelle j’avais décidé de quitter son équipe. Ils prétendent être fermes sur le régalien, mais lorsqu’il s’agit réellement d’être fermes, ils choisissent plutôt cette forme d’humanisme et non la défense des intérêts français.
Nous l’avons encore vu cette semaine avec l’affaire de l’Aquarius. Cela n’a pas été relevé, mais Virginie Calmels s’est réjouie que l’Espagne accueille 600 migrants en faisant comprendre à demi-mot que la France devrait faire de même et que c’est son devoir.
À ce moment-là, j’ai envie de dire à toute ces parties de la droite modérée qu’il vaut mieux qu’ils rejoignent Emmanuel Macron.
Laurent Wauquiez fait le choix et a le courage de se détacher d’une partie de cette droite qui avait déjà rejoint Emmanuel Macron dans les urnes au deuxième tour de la Présidentielle.

Est-ce que cette « nouvelle formule » ne va pas affaiblir encore plus la famille de la droite ?

Je pense qu’il y a une bonne partie de la droite qui dit : « bon débarras !».
L’enjeu actuel pour Laurent Wauquiez est celui de la crédibilité et de la sincérité. Ce n’est pas simplement le score qu’il fera aux élections européennes. Il veut faire comprendre qu’il ne faut pas s’étonner d’une telle décision. Laurent Wauquiez a bien compris qu’il devait convaincre les électeurs de droite et la droite plus radicale. Il est prêt à aller jusqu’au bout et même prêt à perdre une grande partie de ses élus pour que la droite redevienne ce qu’elle était il y a plusieurs années.
La question n’est pas de copier le Front national. C’est plutôt le Rassemblement national qui est revenu sur les thématiques ancestrales du RPR. C’est pour cela qu’il y a une convergence. Pour imager ce qui se passe, Laurent Wauquiez pourrait incarner cette formule de Victor Hugo :« s’il en demeure dix, je serai le dixième ; et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ».

Virginie Calmels a été remplacée par Jean Leonetti. Il est connu pour ses lois sur la fin de vie.
Est-ce que ce choix augure quelque chose de particulier en vue des Européennes ?

Je ne crois pas que Jean Leonetti puisse être tête de liste aux Européennes. Je pense que Laurent Wauquiez a choisi de le mettre numéro 2, car Jean Léonetti, depuis son discours au Conseil national fin janvier a choisi d’assumer une ligne ferme.
Il vient en effet de la famille centriste. Mais il a visiblement compris que la question identitaire avait supplanté la question économique et sociale.
Je pense que sur la tête de liste aux élections européennes, Laurent Wauquiez devra aller au bout de la logique et devrait essayer de récupérer Thierry Mariani et lui proposer la tête de liste. Ce serait un signal, un coup de tonnerre et un message qui serait délivré à toutes les familles de la droite.

18 juin 2018

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