Editoriaux - Santé - Société - 23 août 2019

XX ou XY, c’est pas pareil !

Alors que certains s’interrogent sur les bienfaits de la PMA étendue aux couples de femmes homosexuelles et que d’autres considèrent (avant même le vote de la loi) ce fait comme acquis, car répondant à une demande vertueuse d’amour maternel, on peut se poser la question de la remise en cause des identités sexuelles et de la différenciation homme/femme (mâle/femelle), que l’on tend à minimiser pour mieux justifier ces pratiques conceptionnelles.

Certes, on peut penser, comme l’ont exprimé certains auteurs, que l’étiquette homme ou femme n’est qu’une décision sociale et que l’appartenance sexuelle est surtout déterminée par l’environnement, l’éducation, la relation parent-enfant, etc.

Si on suit cette théorie qui affirme que l’identité sexuelle n’est qu’une construction culturelle, et dont l’objectif est de rejeter le déterminisme biologique afin de pouvoir remettre en question les rôles assignés aux hommes et aux femmes dans la société, on définit alors un nouveau cadre de réflexion, mais on occulte totalement et volontairement toute réalité scientifique.

Pourtant, les faits sont là ! Le corps d’une femme est bien sûr différent de celui d’un homme, tout le monde l’aura remarqué. Ceci n’est pas le fait d’une construction sociale mais l’expression de la différenciation chromosomique qui, dès le stade embryonnaire, vers la 6e ou 7e semaine, va entraîner une construction différente chez le porteur des gènes XX ou XY, afin de modeler des organes et un mode de fonctionnement différents.

Les sécrétions d’hormones sont communes aux deux sexe, mais la proportion entre elles varie en fonction du déterminisme génétique afin d’obtenir, dès la naissance, puis à la puberté, des phénotypes très différents (pilosité, développement mammaire, voix, musculature etc.).

Ces hormones sexuelles sécrétées par les gonades (ovaires ou testicules) inondent le corps entier, y compris le cerveau, où elles vont influencer la formation de circuits de neurones, et on peut dire qu’un cerveau est sexué, sans que ce terme soit péjoratif pour l’un ou pour l’autre des deux sexes.

Il existe des différences induites par les imprégnations hormonales au niveau du cerveau, comme chez la femme pour déclencher l’ovulation, même si, par la suite, l’environnement peut avoir un impact important sur le fonctionnement de cet organe.

Ces différences biochimiques dans le fonctionnement cérébral pourraient expliquer pourquoi les femmes ont deux fois plus de risques que les hommes de souffrir de dépression ou de troubles anxieux, comme on peut l’observer lors des situations de bouleversements hormonaux telles que la grossesse ou la ménopause ou à la suite de certains traitements. Certains considèrent qu’il ne s’agit là que de troubles liés aux traumatismes psychologiques résultants de ces situations particulières, mais il leur sera plus difficile d’évoquer l’étiologie psychologique pour expliquer que plus de 70 % des personnes souffrant de migraine sont des femmes, ainsi que 65 % des malades d’Alzheimer, et 75 % des sujets atteints de sclérose en plaques.

Ces différences sont bien reconnues et on se préoccupe de plus en plus, maintenant, de la réaction aux médicaments qui est parfois différente selon le sexe. On a pu prouver que le dosage de certaines substances médicamenteuses doit être modifié en fonction du sexe. C’est ainsi qu’en 2013, la Food and Drug Administration a dû faire modifier la notice d’emploi d’un somnifère (le zolpidem) pour l’adapter au sexe des receveurs.

Il existe des différences de fonctionnement scientifiquement prouvées entre le cerveau masculin et le cerveau féminin, tout comme il en existe pour le développement musculaire ou celui des masses graisseuses.

Il ne s’agit nullement de rattacher ces différences à une échelle de valeurs, mais simplement d’affirmer qu’on ne peut pas facilement gommer ces différences biologiques pour faire accepter plus facilement des théories qui n’arrangent qu’une petite minorité de la population.

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